En février 2023, le détachement de l’Office central de lutte contre les atteintes à l’environnement et à la santé publique (D-Oclaesp) de Lyon et la Brigade nationale d’enquêtes vétérinaires et phytosanitaires (BNEVP) du ministère de l’Agriculture se voient informés d’un possible trafic de chiens Doberman et Rottweiler entre la Serbie et la région Auvergne-Rhône-Alpes. Le procureur de la République de Villefranche-sur-Saône (Rhône) co saisit alors de l’enquête le D-Oclaesp et le BNEVP. .
Chiennes importées de Serbie pour mettre bas en France
Des chiennes gestantes sont importées depuis la Serbie afin de mettre bas en France, en dépit de toutes règles sanitaires. À leur naissance, les chiots subissent alors des ablations partielles de l’oreille et des amputations de la queue, pratiques illégales dans l’Union européenne. Les chiots sont ensuite revendus sur des sites internet avec de faux carnets de vaccination et de faux passeports, faisant croire à une provenance depuis l’UE.
L’enquête implique tout d’abord un couple d’éleveurs installé dans la Drôme. Il se déplace régulièrement en Serbie, entretenant des relations avec des personnes spécialisées dans le transport de chiens. Cette activité d’élevage permet de multiplier les portées dans des conditions et des lieux totalement inadaptés.
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Trafics sur plusieurs départements
L’enquête fait apparaître ensuite un lien entre ce couple et une éleveuse implantée dans le Rhône. Celle-ci adopte des pratiques similaires avec des chiens provenant d’élevages serbes. Les enquêteurs parviennent aussi à démontrer que ces faits s’étendent sur plusieurs départements. Le 18 décembre 2025, un juge d’instruction du Tribunal judiciaire de Villefranche-sur-Saône ouvre une information judiciaire.
Le 27 janvier 2026, une opération judiciaire aboutit à l’interpellation des trois principaux mis en cause. Les enquêteurs saisissent 18 chiens adultes, 19 chiots et de faux passeports de différents pays de l’Est. Ainsi que des médicaments et des outils permettant de pratiquer ablations et mutilations.
Présentés à un juge d’instruction le jeudi 29 janvier 2026, les trois éleveurs sont mis en examen et placés sous contrôle judiciaire. Ils ont notamment l’interdiction de quitter la France et d’exercer toute activité professionnelle ou bénévole impliquant le soin, le transport la présence ou la détention d’un animal.
Le trafic d’animaux, troisième trafic après la drogue et les armes
Selon la Société protectrice des animaux (SPA), le trafic d’animaux se situe au troisième rang après la drogue et les armes. Ce trafic, source de maltraitance animale, alimente l’économie souterraine. Les animaux sont transportés et stockés dans des conditions déplorables qui leur causent des « sévices physiques et troubles psychologiques importants ». En 2025, une opération menée sous l’égide d‘Interpol avait permis de saisir quelque 30.000 bêtes dans 134 pays.









