Du 19 au 21 janvier 2026, les gendarmes de Bourg-Saint-Maurice (Savoie), avec l’appui de ceux de la brigade avancée (nouvelle appellation des postes provisoires) des Arcs, a démantelé un trafic de protoxyde d’azote. Les militaires ont saisi plus 6.300 bouteilles de ce gaz hilarant, détourné à des fins récréatives, et arrêté trois ressortissants maltais. Une marchandise estimée à 340.000 euros, que les trafiquants écoulaient dans les stations de ski, dont celle des d’Arc 1800.
L’usage détourné du protoxyde d’azote est devenu populaire ces dernières années, surtout auprès des jeunes. Normalement utilisé en cuisine ou dans le milieu médical comme anesthésiant léger, ce gaz provoque des effets euphorisants. Mais il comporte aussi de graves risques pour la santé.
« 13 palettes de protoxyde d’azote »
L’enquête a connu une avancée rapide fin janvier. Le 19 janvier 2026, les douaniers de Chambéry informent tout d’abord la Brigade territoriale autonome (BTA) de Bourg-Saint-Maurice que treize palettes de protoxyde d’azote se trouveraient dans des box loués sur la commune. Sous l’autorité du Parquet, les militaires ouvrent alors une enquête préliminaire. La Brigade de recherches d’Albertville se voit confier les investigations, en appui de la BTA.
Les gendarmes observent alors le déchargement d’un poids-lourd non loin des box de stockage d’une société. D’après leurs investigations, trois véhicules de location servaient ensuite à transférer la marchandise depuis la vallée, lieu de stockage, jusqu’à la station de ski, lieu de revente.
Dans le même temps, les gendarmes en poste pour l’hiver dans la station alpine –dans le cadre des Dispositifs hivernaux de protection des populations (DHPP)– avaient constaté l’utilisation de ce gaz psychoactif sur place. Lors d’une intervention récente pour tapage au sein de la station, ils avaient été informés de la « présence de bouteilles de protoxyde d’azote et d’individus consommateurs ». Les informations ainsi récoltées, transmises à la BTA de Bourg-Saint-Maurice et croisées avec l’enquête en cours, permettent d’établir un lien avec le stockage de protoxyde constaté sur leur commune.
Trois personnes mis en cause
Dans l’après-midi du 21 janvier 2026, les gendarmes de Bourg-Saint-Maurice passent à l’action. Ils interpellent et placent en garde à vue trois ressortissants maltais. Puis ils perquisitionnent leurs box, appartements et véhicules. Les militaires découvrent alors 6.325 bouteilles de gaz hilarant « parfaitement identiques à celles consommées aux Arcs ». Au total, la valeur de la marchandise retrouvée a été estimée à « 340 000 euros ». Les enquêteurs ont également retrouvé 5.000 euros et 1.000 livres sterling en argent liquide.
Les trois suspects ont été présentés devant le tribunal correctionnel d’Albertville ce 26 janvier 2026, pour un jugement en comparution immédiate. Les prévenus ont toutefois « sollicité un délai pour préparer leur défense ». Le tribunal renvoie donc l’affaire au 23 février. Ils restent en attendant en détention provisoire.
Le trafic de protoxyde d’azote n’est pas un phénomène nouveau. En 2025, près de Limoges, la Police avait ainsi retrouvé 900 bouteilles. Cependant, le coup de filet réalisé par les gendarmes en ce début d’année fait partie des plus grosses saisies de cette substance qui préoccupe de plus en plus les autorités. En Savoie, comme dans d’autres départements, un arrêté préfectoral datant du 4 décembre 2025, s’appuyant sur la loi du 1er juin 2021 sur l’interdiction de vente aux mineurs, est en vigueur. Il proscrit l’usage du protoxyde d’azote à des fins récréatives.
AN









