Laurent Nuñez a affirmé jeudi 8 janvier 2026 qu’il n’y avait « pas eu de défaillance » des forces de l’ordre alors que les agriculteurs et leurs tracteurs sont entrés dans Paris dans la nuit pour prendre position place de l’Etoile, puis devant l’Assemblée nationale.
Dans une déclaration à la presse, le ministre de l’Intérieur a fait valoir que les autorités avaient mis en place un dispositif en grande couronne de Paris, en petite couronne et en périphérie, « qui a empêché un certain nombre de tracteurs de venir dans la capitale ». « En revanche », a-t-il admis, « une centaine d’entre eux ont pu atteindre la capitale, et une quarantaine y est entrée (…) en s’y rendant de manière perlée ». « Une soixantaine », a-t-il dit, « sont toujours bloqués aux portes de Paris ».
67 actions et 2.200 manifestants en région
Pour Laurent Nuñez, « il n’y a pas eu de défaillance » de la part des forces de sécurité car, a-t-il souligné, la Coordination rurale (CR) avait « appelé à bloquer la capitale », ce qui n’a pas été le cas. Au total, en France, il y a eu « 67 actions qui ont réuni 2.200 manifestants » dans « 39 départements » auxquels « il convient d’ajouter ce qui s’est passé sur la plaque parisienne ».
Le ministre a assumé le fait de ne pas avoir dispersé la manifestation parisienne, alors même qu’elle était « illégale » car non déclarée, ce qu’il a « regretté ». Il a en outre « condamné fermement » les injures dont a fait l’objet la présidente de l’Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet.
Le ministre « relaye » les demandes de levée des interpellations et sanctions
Comme on lui demandait s’il allait demander la levée des interpellations (11 hors de Paris, selon le ministère) et les verbalisations (65 au total selon le ministère) comme réclamé par la Coordination rurale, Laurent Nuñez a répondu qu’il avait « relayé » cette demande, en soulignant que ce n’était pas de sa compétence. Néanmoins, il a laissé entendre que ces sanctions étaient déjà levées.
Il a ajouté que le préfet de police de Paris et le président de la CR discutaient « de la sortie de la manifestation », c’est-à-dire des modalités de fin des rassemblements et de sortie des tracteurs de la capitale.
Dans la soirée, le président du syndicat, l’éleveur Bertrand Venteau, a appelé ses troupes au repos. L’ensemble des agriculteurs et leurs engins avaient quitté Paris vers 22h00, selon la Police.
Les actions se poursuivent ce vendredi
Avant l’aube, plusieurs dizaines d’agriculteurs de la Confédération paysanne ont pris le relais. Ils sont en effet entrés sur le périphérique parisien, porte de Montreuil, avec six tracteurs, bloquant la circulation, un peu avant 7h30.
Ce vendredi, les autorités attendent des actions de blocages routiers et manifestations dans certaines régions. La Belgique ou encore la Pologne, devraient également connaître des mouvements d’agriculteurs. Il s’agirait alors du troisième hiver d’affilée marqué par de telles tensions. Dans le Nord, la préfecture a annoncé la fermeture des autoroutes A27 et A2, qui mènent aux autoroutes belges E42 et E19, depuis jeudi soir dans le sens France-Belgique.
La Gendarmerie a fait état de plusieurs blocages routiers à 7h30, à Beaune (Bourgogne) mais aussi en Lozère, dans le Tarn et dans le Pays Basque. L’accès au dépôt de carburant de Bassens, sur le port de Bordeaux, par des agriculteurs de la CR se poursuit, ont par ailleurs constaté des journalistes de l’AFP.
(AFP)
Lire aussi: Agriculteurs : la Coordination rurale tente de manifester à Paris









