jeudi 29 octobre 2020
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Un nouveau suicide de gendarme est venu s’ajouter à la liste, déjà longue, des personnels des forces de l’ordre qui ont mis fin à leurs jours depuis un mois. Lundi 6 juillet, un maréchal des logis-chef de 34 ans se suicide avec son arme de service dans son logement de fonction d’une caserne de Limoges.

Un quatrième suicide de gendarme en un mois

Un nouveau suicide de gendarme est venu s’ajouter à la liste, déjà longue, des personnels des forces de l’ordre qui ont mis fin à leurs jours depuis un mois.

“Des camarades(…) avaient fait remonter à leur hiérarchie le fait qu’il n’était pas trop en forme”

Lundi 6 juillet, un maréchal des logis-chef de 34 ans se suicide avec son arme de service dans son logement de fonction d’une caserne de Limoges. Deux collègues gendarmes qui devaient partir en mission avec lui ont découvert son corps inanimé. L’homme, originaire de Brive-La-Gaillarde, avait été affecté depuis le 1er juillet au Peloton de surveillance et d’intervention de la Gendarmerie (PSIG) de Limoges (Haute-Vienne). Son geste ne serait pourtant pas lié à sa vie professionnelle. Et selon Jérémy Langlade, responsable du site Internet de l’association Gendarme et Citoyens (AG&C), il était très apprécié de ses collègues. « Son passage à l’acte n’est pas spécialement lié au professionnel, précise M. Langlade, il venait de Guéret mais côtoyait des gendarmes de Limoges depuis un moment. Il y avait entre eux une bonne entente (…) des camarades de Guéret avaient fait remonter à leur hiérarchie le fait qu’il n’était pas trop en forme mais l’information n’a pas du tout été prise en compte ». Ce gendarme décrit comme un sportif assidu était le père d’un petit garçon.

Deux jours auparavant, un maréchal des logis-chef de 31 ans s’était suicidé. Il occupait un poste de technicien à l’Institut de recherches criminelles de la Gendarmerie (IRCGN) de Pontoise. Ce jeune gendarme était pacsé et père d’un enfant.

Le 29 juin, deux drames surviennent. Un adjudant de Gendarmerie de Châteauneuf-du-Pape se suicide chez lui, avec son arme de service. Il laisse une femme et des enfants.

Le même jour, un maréchal des logis chef de la brigade de Ghyvelde (Nord) est retrouvé mort. Lui aussi a utilisé son arme de service. Âgé d’une quarantaine d’années, il est le père de deux enfants.

Un suicide pour raisons professionnelles 

La série noire des suicides affecte également la Police. En un mois, trois policiers ont passés à l’acte. L’un d’eux a clairement mis en exergue des raisons professionnelles.

Dans la nuit du dimanche 5 au lundi 6 juillet, ce policier de la brigade anti-criminalité (BAC) de nuit se suicide avec son arme de service dans les locaux de la Direction départementale de la sécurité publique (DDSP) du Val-de-Marne. Il venait de passer un message à la radio évoquant son « métier difficile ». Pour l’un de ses collègues interrogé par l’AFP, « il n’y avait aucun signe précurseur » chez cet homme décrit comme « introverti ». Cet homme de 40 ans était le père de deux enfants de 6 et 9 ans.

Fin juin, deux autres suicides surviennent dans la Police. Le dimanche 28, un CRS de 43 ans se donne la mort avec son arme de service à Ollioules (Var), dans l’enceinte de l’unité. Après plusieurs mois en arrêt maladie, il devait prochainement reprendre le travail.

Trois jours auparavant, un policier âgé de 40 ans avait mis fin à ses jours au centre de rétention de Nîmes (Gard). On a retrouvé son corps dans les vestiaires. Il était le père de deux enfants âgés de 5 et 9 ans, et séparé de leur mère depuis un an.

Projet de cellule d’écoute 

L’an dernier 55 policiers et une trentaine de gendarme se sont donné la mort. Le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve a annoncé le 25 janvier des mesures pour tenter d’enrayer ces suicides. Il préconise notamment le recrutement, dans la Police, de sept psychologues cliniciens supplémentaires. Le gouvernement s’est aussi engagé à créer plusieurs milliers de postes sur cinq ans afin de « diminuer la pression qui s’exerce sur les policiers et les gendarmes ».

Des initiatives de prévention des risques psycho-sociaux (RPS) sont également menées à l’échelle associative. L’association AG&C, par exemple, a pour projet d’ouvrir une cellule d’écoute destinée à tous les gendarmes en activité.

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3 Commentaires

  1. Jean-Francois BOUCHET

    On ne peut que constater que ces drames continuent encore et encore.
    Le suivi des RPS, des postes de psychologues c’est une bonne chose, mais on a malheureusement perdu l’âme de la gendarmerie. Dans une caserne où tout le monde se connaissait, se disait simplement bonjour, nous ne pouvons que constater que la société actuelle a individualisé les personnels de la gendarmerie.
    Vous inquiétez de la santé de votre voisin et vous passez pour quelqu’un qui se mêle de ce qui ne le regarde pas. On en est là et c’est malheureusement du vécu.
    De plus, les niveaux de hiérarchie compétents dans ce genre de situation sont trop importants, trop haut “perchés” pour les déclencher, pour qu’ils entendent. Bref, il nous faudrait revenir aux fondamentaux : fraternité, camaraderie, et ce ne sont pas des gros mots, n’est déplaise aux langues … de bois.
    Que nos camarades reposent en paix.

  2. Bonjour,
    Je suis le papa de Guilaume qui a mis fin à ses jours le 6 juillet 2015 à la caserne de Jourdan de Limoges. Pourquoi le militaire doit rentrer dans son logement qui est un lieu privé avec son arme de service? Pour l’instant cette question est sans réponse?Je conteste que son geste ne serai pas lié à sa vie professionnelle.Pour nous ses parents nous sommes persuadé que cela est certainement le cas.En effet depuis l’automne 2014 notre fils se plaignait des dégradations dans son métier de Gendarme. Beaucoup de fatigue due à à des enchaînements successifs de missions et avec peu d’heures de récupération.Suite à son stage du M I P il a était déçu par le peu de reconnaissance au niveau de sa solde.
    Il avait même envisagé de quitter la gendarmerie et de se reconvertir dans le privé .Dans un premier temps il avait choisi l’option de se rapprocher de son fils âgé de 5 ans en se faisant muter à Limoges.Je déplore que ses supérieurs de la caserne de Guéret n’aient pas entendu les alarmes de ses collègues.
    Dans ce cas , notre fils serait certainement encore de ce monde?.

  3. Psg

    Encore un suicide ce jour en gadeloupe…

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