dimanche 18 avril 2021
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Romain, alias RossEnCube, garde toujours une trace de son passage en Gendarmerie à portée de main dans son studio de streamer, comme ici, sa casquette de gendarme adjoint. (Photo: Coll. privée - DR)
Romain, alias RossEnCube, garde toujours une trace de son passage en Gendarmerie à portée de main dans son studio de streamer, comme ici, sa casquette de gendarme adjoint. (Photo: Coll. privée - DR)

Un ancien gendarme adjoint devenu streamer professionnel

Leurs audiences font parfois pâlir les grands médias ou chaînes audiovisuelles nationales… On les appelle “streamer“, “youtubeur“, “twitcher“, ou même “vloggeur“. Les producteurs de contenus vidéos en ligne et blogueurs vidéos sont de plus en plus nombreux sur la toile. Parmi eux, un ancien gendarme adjoint volontaire (GAV), Romain, plus connu sous le pseudo de RossEnCube. Portrait.

Aujourd’hui âgé de 35 ans, Romain est un ancien gendarme adjoint volontaire plein de ressources. Fils de gendarme, il a grandi en casernes, au fil des affectations de son père. Formaté à la vie en milieux militaires, intégrer l’armée sonnait donc pour lui comme une évidence. La majorité atteinte, il remplit donc plusieurs dossiers de recrutement: Armée de Terre, Marine… Mais c’est finalement presque naturellement qu’il se tourne vers la Gendarmerie.

En mars 2005, il intègre l’école de Gendarmerie de Tulle. Il en ressort quelques mois plus tard et obtient une affectation en Charente-Maritime où, après Tahiti ou encore Nogent-sur-Marne, sa famille avait finalement posé ses valises. Une expérience en brigade territoriale qui le marquera. Malgré quelques temps morts et des moments difficiles, il y restera cinq années. “J’aurai pu continuer, mais j’étais en couple et je ne voulais pas que ma relation subisse le même sort que celle de mes parents, divorcés à cause du travail de mon père.”

De gendarme adjoint à streamer pro

De retour à la vie civile, il tente une reconversion en tant que moniteur auto-école. Mais cet essai n’est pas concluant. Il décide alors, fort de son expérience de GAV, de travailler comme agent de sécurité. Une activité qu’il occupera pendant cinq années à nouveau. Mais parallèlement, le jeune homme s’intéresse de plus en plus à l’univers des jeux en ligne et au streaming. N’entendez pas par là la diffusion de films ou de séries TV sur internet, mais la réalisation d’émissions enregistrées en direct, souvent sur le thème des jeux vidéos. Une passion qu’il débute en parallèle de son travail d’agent de sécurité et qui prend de plus en plus de place dans sa vie. Au point qu’en 2017, il décide d’en faire son activité à temps plein en devenant streamer professionnel. “Mon activité sur internet me rapportait plus d’argent que mon boulot d’agent de sécurité”, se souvient-il.

Il y a quelque temps, lors de directs vidéos sur sa chaîne Twitch, en parallèle de parties de jeux vidéos, il aborde son passé dans la Gendarmerie. Et très vite, ses abonnés et les followers s’y intéressent. “Je me souviens avoir passé une soirée entière à parler de ça.” Un rendez-vous organisé en amont pour les plus intéressés. Objectif: partager son expérience et “montrer que le gendarme est quelqu’un d’humain, parfaitement ordinaire, qui gère des situations qui ne le sont pas”. Et renseigner aussi sur l’intégration en Gendarmerie, décrire une journée type et raconter quelques moments forts.

Lire aussi: Olivier Mas, le youtubeur venu de la DGSE

Partage d’expériences

De cette soirée, il ressortira d’ailleurs “Histoires de gendarme“, une série de vidéos, séquencée en sept épisodes. Elle a reçu un accueil très favorable. “J’ai d’ailleurs depuis des gens qui se connectent pour me poser des questions spécifiquement sur ce thème!”

Son plus? “Peut-être ma façon de m’exprimer, estime-t-il. Le but premier de ma chaîne est de divertir. Et puis je parle avec mes mots”; un langage donc plus adapté à son audience que les contenus institutionnels classiques. Même s’il reconnaît que la communication des groupements sur les réseaux sociaux est bonne, à l’image de celui de Charente-Maritime qu’il suit régulièrement. Ce vecteur, qu’il pratique au quotidien, est selon lui “la meilleure manière de s’adresser aux jeunes”. Et ça marche! De son côté, une deuxième série sur la thématique de la Gendarmerie serait d’ailleurs en préparation.

Des collabs avec la Gendarmerie ?

Clin d’œil à un passé qu’il n’oublie pas, son képi de gendarme adjoint est toujours visible quelque part en arrière plan lors de ses streams. Interrogé sur d’éventuelles “collabs” (des collaborations ou partenariats avec des marques ou des organisations dans le milieu des streamers), Romain nous confie qu’il adorerait travailler avec la Gendarmerie ou des centres d’information et de recrutement pour promouvoir cette belle institution. Le message est passé!

Loïc Picard

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