mercredi 30 septembre 2020
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Paris, le 14 novembre. Policiers et journalistes devant la salle du Bataclan ou des hommes armés ont commis un véritable carnage la veille au soir. Photo: M. GUYOT/ESSOR
Paris, le 14 novembre. Policiers et journalistes devant la salle du Bataclan où des hommes armés ont commis un véritable carnage la veille au soir. Photo: M. GUYOT/ESSOR

Terrorisme : des fusils d’assaut dans les unités de police et de gendarmerie à partir de mars

Renforcement de l’armement, réaction des premiers policiers sur les lieux, évolution du cadre de la légitime défense… Un an après Charlie et devant la multiplication des attentats, les forces de l’ordre doivent revoir leur mode d’action pour accélérer leur riposte face à des jihadistes déterminés.

“Toute une génération de policiers ayant connu les attentats de 2015 a désormais conscience qu’une intervention pour des coups de feu tirés peut être un attentat”, dit le directeur général de la police nationale Jean-Marc Falcone. “Leurs premiers réflexes sont déterminants.” Le 7 janvier 2015, les frères Kouachi, armés de kalachnikovs tuent 12 personnes en attaquant Charlie Hebdo. Une dizaine de policiers arrivent sur place, rue Nicolas Appert à Paris, sans savoir que le journal satirique a été ciblé. Six d’entre eux, parfois postés à quelques mètres, vont tirer avec leur arme de service sans atteindre les deux jihadistes qui, dans leur fuite, tuent le policier Ahmed Merabet venu tenter de les intercepter.

“La réflexion sur la conduite à tenir en cas de tuerie de masse était déjà engagée, mais après le 7 janvier il était devenu crucial de changer le logiciel et de contrer l’effet de sidération”, explique une source policière. Les policiers et gendarmes qui patrouillent dans les rues prennent alors conscience qu’ils peuvent être appelés à intervenir dans un domaine jusque-là réservé aux unités d’élite d’intervention comme le Raid ou le GIGN, car ils seront les premiers sur les lieux.

“Il y aura toujours un délai de retard des forces d’intervention spécialisées donc il faut organiser la réaction immédiate au niveau du terrain”, reconnaît le commandant du groupe d’intervention de la gendarmerie nationale (GIGN), le colonel Hubert Bonneau. “Ceux qui font cesser les tueries, ce sont les primo-intervenants.”

Nouveaux fusils d’assaut 

Mais face à des assaillants porteurs d’armes de guerre, les forces de l’ordre se sentent démunies. Après la fusillade au cours de laquelle un policier avait été grièvement blessé début octobre par un braqueur, le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve avait annoncé une enveloppe de 16,6 millions d’euros pour renforcer l’armement et l’équipement des forces anticriminalité de la police et de la gendarmerie (BAC et Psig).

“Ce plan vise notamment à doter les 5.200 policiers de la BAC d’équipements de protection balistique plus importants et chaque équipage sera doté d’une arme longue plus efficace”, détaille Jean-Marc Falcone. Des fusils d’assaut de type HK calibre 5.56, capables de rivaliser avec les kalachnikovs, ont été commandés et arriveront dans les unités de police et de gendarmerie à partir de mars. Jean-Marc Falcone annonce également “des stages de formation à la manipulation de ces armes et aux nouvelles modalités d’intervention”.

Au Bataclan, où 90 personnes ont été tuées le 13 novembre, c’est un commissaire de la BAC de Paris qui arrive le premier sur les lieux. Il tue un jihadiste, interrompant ainsi le carnage. L’unité d’intervention de la préfecture de police de Paris, la BRI, n’arrive sur place qu’un quart d’heure plus tard, soit une demi-heure après le début du massacre.

Quelques jours après, policiers et gendarmes obtiennent d’être armés en permanence durant l’état d’urgence, y compris hors service, une revendication exprimée par les syndicats depuis plusieurs mois. Un mois plus tard, des fiches de conduite à tenir dans le cas d’une tuerie de masse sont diffusées.

Le mot d’ordre est clair: “limiter le nombre de victimes civiles en déstabilisant le schéma d’action des auteurs pour mettre fin à l’acte criminel le plus rapidement possible”, selon la fiche tactique aux primo-intervenants envoyée aux policiers.  En cas d’échec, “neutraliser l’individu”.

Des directives appliquées à la lettre jeudi lors de l’attaque d’un commissariat parisien par un homme armé d’un hachoir, tué par des tirs de riposte des policiers. Un projet de loi, qui doit être présenté en Conseil des ministres en février, prévoit notamment d’assouplir les règles d’engagement armé des forces de l’ordre “lorsqu’ils font face à des individus qui ont tué ou s’apprêtent encore à le faire”, a annoncé François Hollande lors de ses voeux aux forces de sécurité jeudi.

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3 Commentaires

  1. Hubert Crosnier

    Enfin une bonne décision de nos gouvernants. Il aura fallu du temps pour qu’ils réagissent. C’est vrai le danger s’approche de leur porte et les élections approchent!

  2. Uniat René

    Il ne faudrait surtout pas oublier, que ces jeunes de nos banlieues devenus des caïds puis pour certains des terroristes islamiques ; depuis 15 ans possèdent déjà ce genre d’armes. Il serait temps que mes camarades socialistes de Moselle revenus au pouvoir pensent enfin à protéger ceux qui sont en charge de représenter et de défendre notre notre République ; plutôt que de les livrer ainsi que leurs enfants scolarisés dans nos LP à leurs caïds, déjà à l’époque impliqués dans le terrorisme islamique ; maintenant c’est à notre justice de s’impliquer afin de mettre ces jeunes hors d’état de se nuire , de nuire à toute la communauté musulmane pour finalement s’attaquer à nos forces de l’ordre, aux communauté qui composent notre pays et à la France. René Uniat par le 06 03 00 68 71 — 59 av. de Lattre de Tassigny– 57280 Maizières les Metz–

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