jeudi 4 mars 2021
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Plusieurs années de suite, L’Essor et l’Ifop ont mené des études d’opinion sur l’image respective des policiers et des gendarmes (Photo: M.G./L'Essor).
Plusieurs années de suite, L’Essor et l’Ifop ont mené des études d’opinion sur l’image respective des policiers et des gendarmes (Photo: M.G./L'Essor).

Sur le dualisme des forces de l’ordre

Régulièrement, le Syndicat des commissaires de police remet en cause le dualisme des forces de l’ordre, pierre angulaire traditionnelle de l’organisation sécuritaire de la France. L’Essor – la voix des gendarmes depuis 1936 – tient pour sa part ce principe d’organisation comme intangible.

Il est vrai que le “dualisme policier” tel qu’il est pratiqué en France s’explique davantage par la tradition et l’histoire que par une rationalité administrative.

La vieille marotte de l’union des forces de l’ordre

Le Syndicat des commissaires de la police nationale (SCPN) en tire argument. Il relance sa vieille marotte de l’union des forces de l’ordre.

Nous pensons au contraire que ce que l’histoire a patiemment édifié, et qui marche, doit être tenu pour sage. Tandis que les idées de réforme de type constructiviste, ou cartésien, doivent être regardées avec beaucoup de circonspection.

Attention: le dualisme n’est pas la transposition d’un concept libéral de concurrence à cette partie de la sphère publique ! Il s’agit de pragmatisme et du bon fonctionnement de ce service public, en charge de la sécurité générale. Ce droit imprescriptible inscrit à l’article 2 de la Déclaration de 1789 !

Certes, les délimitations de compétences entre la Police et la Gendarmerie – d’ailleurs en évolution – ont quelque chose d’artificiel… Mais l’intérêt du dualisme pratique, hors toute considération corporatiste, doit s’apprécier aussi bien du point de vue du citoyen que de celui des pouvoirs publics et des gouvernants.

Les Français peuvent facilement comparer la qualité des relations qu’ils ont soit avec des policiers soit avec des gendarmes. Plusieurs années de suite L’Essor a mené, avec l’IFOP, des études d’opinion sur l’image respective de ces deux catégories de fonctionnaires. Les gendarmes sont plébiscités…

L’ultime rempart

C’est pourquoi il est très important, par exemple, que tout administré puisse à tout moment déposer une plainte ou un signalement, aussi bien chez les uns ou chez les autres…

Il serait cruel d’invoquer ici l’opinion des manifestants interpellés, ou même de ceux qui se sont trouvés face à des CRS ou des gendarmes mobiles…

Pour ce qui est des pouvoirs publics, qui disposent de ce dualisme (et qui, jusqu’à présent, ont souhaité qu’il soit confirmé), ils le défendent en le pratiquant, quotidiennement. La justice, pour ses enquêtes, peut s’adresser à l’une ou à l’autre. Et même, parfois, dessaisir l’une au profit de l’autre…

Pour maintenir l’ordre public, les préfets peuvent disposer au choix des compagnies de CRS ou des escadrons de gendarmerie. Bien sûr, quand il s’agit de laisser des forces sur place pendant quatre mois outre-mer, les responsables n’hésitent pas…

Lire aussi: Maintien de l’ordre: les moblots sont les meilleurs!

Tout gouvernement démocratique doit être prêt à affronter des situations extrêmes, comportant des risques de guerre civile ou de coup d’Etat. Pour rétablir l’ordre coûte que coûte, le groupement blindé de gendarmerie mobile, basé à Satory, se tient prêt. En mai 1968 le général de Gaulle l’avait prépositionné autour de la capitale.

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