vendredi 4 décembre 2020
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Justice (Photo Matthieu GUYOT/Essor)
(Photo/MG/Essor).

Sivens : le gendarme lanceur de la grenade convoqué vendredi par la justice

Le gendarme auteur du tir de grenade qui avait tué l’écologiste Rémi Fraisse, le 26 octobre 2014 sur le site du barrage de Sivens (Tarn), est convoqué vendredi par les juges d’instruction à Toulouse, a-t-on appris jeudi de sources proches du dossier.

Le maréchal des logis chef J. doit être entendu dans le cadre de l’information judiciaire ouverte par le parquet de Toulouse pour “violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner”. L’enquête, ouverte contre X, vise des “faits commis par une personne dépositaire de l’autorité publique dans l’exercice de ses fonctions”. Le militaire avait déjà été entendu mi-janvier 2015 sous le régime de la garde à vue dans la région parisienne par les enquêteurs de l’Inspection générale de la gendarmerie nationale (IGGN).

Le gendarme n’avait cependant pas été déféré. L’IGGN l’avait blanchi, estimant dans son rapport que les avertissements préalables au lancer de grenade avaient été effectués. Selon l’Inspection, le lanceur de la grenade offensive avait “démontré sa volonté d’éviter de blesser un manifestant en prenant la précaution d’utiliser une paire de jumelles pour vérifier si personne ne se trouvait dans la zone”.

La mort de Rémi Fraisse, tué lors d’affrontements à Sivens entre forces de l’ordre et opposants, avait provoqué une onde de choc dans tout le pays, entraînant la suspension du chantier de la retenue d’eau contesté et l’interdiction des grenades offensives. Le site avait été occupé pendant plus d’un an par de nombreux zadistes opposés à la construction, avant d’être évacué par les forces de l’ordre en mars 2015. Le chantier a depuis été abandonné au profit d’un autre projet, similaire mais plus modeste, auquel les ex-zadistes restent opposés.

Claire Dujardin, avocate de la famille de Rémi Fraisse, s’est “félicitée” de cette prochaine audition. “C’est quelque chose que nous avions demandé au tout début. Nous nous étions étonnés que les juges (d’instruction Elodie Billot et Anissa Oumohand en charge de l’enquête, ndlr) ne l’aient pas entendu directement” après les faits, a-t-elle réagi. “On avance”, a-t-elle ajouté, soulignant que, il y a un mois environ, “six témoins” avaient déjà été entendus sur les faits. “On espère d’autres auditions, les différents supérieurs hiérarchiques pour remonter la chaîne”, a-t-elle souligné.

Me Dujardin a estimé que “le dossier amenait à mettre en examen” le gendarme. “Le lien de causalité est quasiment établi” entre le tir de la grenade et le décès de Rémi Fraisse, a-t-elle estimé.

Lors d’affrontements entre militants et forces de l’ordre, le gendarme avait lancé, vers 01H40 le 26 octobre 2014, une grenade offensive sur “cinq opposants agressifs qui (jetaient) constamment toutes sortes de projectiles”, selon le compte-rendu de la gendarmerie. Peu après, était constaté le décès de Rémi Fraisse, un botaniste de 21 ans, bénévole pour une association écologiste affiliée à France Nature Environnement (FNE). Dès la récupération du corps, les commandants de gendarmerie faisaient état de la “concomitance” du décès “avec un lancer de grenade offensive”.

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