vendredi 25 septembre 2020
Accueil / Vie des personnels / Service central du renseignement territorial: la Gendarmerie a sa place au sein du nouveau dispositif
Un gendarme et un policier à l'entrée du ministère de l'Intérieur (MG/L'Essor).
Un gendarme et un policier à l'entrée du ministère de l'Intérieur (MG/L'Essor).

Service central du renseignement territorial: la Gendarmerie a sa place au sein du nouveau dispositif

Les policiers du Renseignement territorial, qui a succédé aux anciens “RG” chargés de la surveillance des mouvements radicaux ou sociaux, doivent “reprendre langue avec les élus” sans pour autant s’immiscer dans la vie politique, affirme leur directeur.

Selon le directeur central de la sécurité publique (DSCP), Pascal Lalle, le nouveau Service central du renseignement territorial (SCRT) aura ainsi pour mission d’être “en proximité” avec les élus. Il doit, dit-il, s’attaquer avec plus de vigueur au “renseignement de proximité” ciblant la surveillance des mouvements sociaux, les dérives sectaires, les violences urbaines et “l’économie souterraine” ainsi que les mouvements ultras à droite comme à gauche.

Affirmant tirer les leçons de l’affaire Merah, le gouvernement vient de transformer le renseignement, créant une Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) dotée de moyens importants pour lutter contre le terrorisme et les filières jihadistes. Dans le cadre de cette refonte, le SCRT a remplacé lundi la sous-direction de l’information générale (SDIG), elle-même née en 2008 lors de la disparition des Renseignements généraux (RG).

Ceux-ci, souvent critiqués pour des dérives notamment en interférant dans la vie politique, avaient été éclatés, rejoignant pour partie l’antiterrorisme et pour une autre la SDIG. Mais celle-ci, composée de 1.900 policiers, se considérait comme le parent pauvre du renseignement issu de la réforme de 2008.

“Milieu fermé” 

“Ce n’est pas le retour des RG d’antan”, assure Pascal Lalle, “car il y aura un nouveau maillage avec un directeur départemental qui devra faire remonter les informations de terrain” aux autorités. “Mais il est important de parler aux élus”, comme le faisaient les RG, “en tant qu’acteurs de la vie publique”.

“Pas question de traiter la vie de leurs partis mais il faut pouvoir travailler ensemble sur un projet de rénovation de quartier par exemple”, argue-t-il. Pour réussir, explique-t-il, il y a une nouvelle organisation en zones régionales. Et la création d’une “division nationale de recherche et d’appui”, dotée d’antennes régionales, qui aura mission de traquer l’économie souterraine ou les mouvements ultras voire les prémices d’une mouvance islamiste radicale.

Les 180 policiers qui y seront affectés, “triés sur le volet”, travailleront “en milieu fermé”, c’est-à-dire pas directement au contact de sources ouvertes comme peuvent l’être des élus ou des syndicalistes. C’est un peu le travail que fait la DGSI avec qui, martèle Pascal Lalle, il devra y avoir une “collaboration de tous les instants”.

Des “bureaux de liaison” ont été créés à cet égard pour éviter toute guerre des polices: “on doit pouvoir balayer un large spectre” au niveau du renseignement, espère le directeur central de la sécurité publique. Même démarche en ce qui concerne les liens avec les gendarmes, l’autre force de l’ordre, militaire, sous la coupe de l’Intérieur.

Le numéro 3 du Renseignement territorial est un haut gradé de la Gendarmerie

Même si la Gendarmerie s’est dotée récemment d’une nouvelle structure de renseignement, elle est appelée à prendre sa part dans le SCRT et faire “remonter les informations” par son canal. Le numéro 3 du Renseignement territorial est un haut gradé de la Gendarmerie. Deux officiers gendarmes sont déjà “patrons” de services départementaux, avant un troisième bientôt, au grand dam des syndicats de police qui voient d’un très mauvais œil la “maison d’en face” rogner les pouvoirs des policiers.

Pascal Lalle rappelle que les directeurs des deux forces ont appelé ensemble leurs troupes à une “coopération renforcée” dans une récente circulaire et que des “bureaux de liaison” ont aussi été mis en place pour prévenir ces chamailleries récurrentes.

D’ici 2015, il y aura 2.200 agents au SCRT, dit aussi M. Lalle qui a pris son bâton de pèlerin pour vendre la réforme sur le terrain. Flanqué d’un général de gendarmerie.

Crowdfunding campaign banner

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *