mardi 29 septembre 2020
Accueil / Vie des personnels / Renseignement territorial: les directeurs de la Police et de la Gendarmerie pour une coopération renforcée

Renseignement territorial: les directeurs de la Police et de la Gendarmerie pour une coopération renforcée

Les directeurs de la Gendarmerie et de la Police ont appelé leurs troupes à une “coopération renforcée” dans le cadre de la réforme du renseignement territorial entrée en vigueur avec la création d’une nouvelle direction.

Dans une circulaire datée de mardi, les directeurs généraux de la Police et de la Gendarmerie, Claude Baland et Denis Favier, fixent la feuille de route des forces de l’ordre s’agissant du nouveau Service central du renseignement territorial (SCRT) en charge de la surveillance des mouvements sociaux, dérives sectaires, violences urbaines et mouvements ultras à droite comme à gauche.

Davantage de militaires au sein du SCRT

Ils leur demandent d’être en ordre de bataille pour “anticiper, connaître et prévenir” ces “faits de société” et insistent sur le fait que le SCRT “n’est pas en charge du suivi de la vie politique”. “Des relations institutionnelles avec les élus sont en revanche indispensables”, précisent-ils. Ils martèlent qu’il doit y avoir une “coopération” Police/Gendarmerie renforcée, cela “sans préjudice des compétences de la chaîne du renseignement opérationnel de la Gendarmerie” qu’elle conserve.

Le SCRT dépend de la Direction centrale de la sécurité publique (DCSP) de la Police et il y aura à cet égard des “bureaux de liaison” Police/Gendarmerie, afin notamment “d’éviter des doublons” à partir du 12 mai, selon Denis Favier et Claude Baland. “Davantage de militaires” de la Gendarmerie “seront détachés” au SCRT, promettent-ils encore, notamment à des “postes de responsabilité”.

Le renseignement en France fait sa mue

La Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI), fusion des Renseignements généraux (RG) et de la DST (contre-espionnage) sous le gouvernement Sarkozy, est devenue la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), un peu à l’image de la puissante Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE).

Elle quitte le giron de la direction de la Police pour ne dépendre que du ministre de l’Intérieur et lutter contre le terrorisme ou l’intelligence économique. Pareil pour le renseignement dit de proximité jusqu’à présent traité par la Sous-direction de l’information générale (SDIG), née elle aussi de la réforme de 2008 et qui a accueilli une partie des ex-RG. Parent pauvre du renseignement, face au mastodonte DCRI, elle se transforme en SCRT. Ces “RG new look”, selon l’expression d’un policier, sont dirigés au niveau central par un policier, secondé d’un gendarme.

Les syndicats de police ont dénoncé récemment le poids des gendarmes à l’Intérieur, ravivant la guerre entre les deux forces.

Crowdfunding campaign banner

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *