mercredi 28 octobre 2020
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Le Sénat (Photo MG/L'Essor)
Le Sénat (Photo MG/L'Essor)

Renseignement intérieur : un rapport préconise le regroupement des services

Le sénateur Philippe Dominati (Les Républicains) recommande de “regrouper les services de renseignements de proximité”, passant de quatre à deux services, dans un rapport sur les moyens consacrés au renseignement intérieur rendu public jeudi.

Les services de renseignement intérieur se partagent actuellement entre la direction de la sécurité intérieure (DGSI), le service central du renseignement territorial (SCRT), la direction des renseignements de la préfecture de police de Paris (DRPP) et la sous-direction de l’anticipation opérationnelle (SDAO) de la Gendarmerie.

“Cela amène à constater un certain nombre de perditions”, a expliqué à la presse Philippe Dominati, sénateur auteur du rapport. “La liaison entre les services est bien faite, de par la qualité des hommes. Il n’empêche que beaucoup de fonctionnaires de liaison sont nécessaires”, souligne le sénateur qui note également qu’il n’y a “pas de confiance suffisante entre les services”. Il préconise de “passer de quatre services à deux”.

“L’idéal serait un seul service de renseignement territorial” et la DGSI, estime le sénateur de Paris. “Nous avons deux fois plus d’agents (6.200) que l’Allemagne (2.800) et la Grande-Bretagne (4.000)”, mais “nous sommes un des seuls pays à avoir autant de services de renseignement intérieur”, ajoute-t-il.

Le sénateur recommande également de “renforcer en terme de moyens et d’effectifs le renseignement territorial” qui reste “le parent pauvre” du renseignement intérieur alors qu’il “est désormais en première ligne pour détecter les +signaux faibles+ en matière de terrorisme”. Le nombre d’affaires de terrorisme liées au conflit en Syrie a connu une “augmentation de 200% en moins d’un an”, souligne-t-il.

“Lorsque les services sont trop faibles, vous ne pouvez plus faire d’infiltration, vous ne pouvez faire que de l’information”, selon Philippe Dominati qui souligne que “25 départements ont un effectif plafond de 10 fonctionnaires, c’est trop peu”. Le sénateur évoque aussi la nécessité d’une “mutualisation” de la formation des agents et veut “accélérer le rapprochement avec le monde universitaire”.

Saluant les réformes de 2008 et 2013 qui “ont permis de rationaliser et d’adapter l’organisation administrative du renseignement intérieur”, Philippe Dominati “s’inquiète” de “l’évolution de moyens mis à la disposition des personnels”. Il évoque notamment un service départemental du renseignement ne “disposant que d’un seul poste internet pour 16 agents” ou “des agents régulièrement obligés de régler eux-mêmes certaines dépenses inhérentes au travail des sources”. “Il faut une adéquation entre moyens et effectifs”, souligne-t-il.

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2 Commentaires

  1. Gafauvel

    Les effectifs des services allemands sont très largement sous-estimés, puisqu’aux 2800 agents du BfV s’ajoutent les 3000 agents des 16 LfV répartis dans les Lands, et des centaines d’agents du BKA spécialisés dans l’antiterrorisme.
    Idem en Grande-Bretagne, où les 4000 agents du MI-5 sont -notamment- très largement renforcés par les 1500 membres de la Counter-Terrorism Command du Metropolitan Police Service (New Scotland yard), et par le GCHQ sur le plan technique.
    Quant à l’Espagne, elle dispose du Comisaria General de informacion (entre 3000 et 3500 agents) et du Servicio de Informacion de la Guardia Civil (entre 2250 et 2500 agents), et donc d’effectifs tout à fait comparables aux services français, allemands ou britanniques.

  2. Julien

    Oui d’ailleurs je viens de voir que le rapport revient sur ce point en abordant notamment les différences de périmètre avec l’Allemagne et sa structure fédérale. Cela dit même en excluant pour la France ce qui relève des landers en Allemagne ils arrivent à un écart… Ce genre de comparaison est toujours casse gueule mais bon là il s’agit seulement de dire qu’on n’a pas sous-investi visiblement à la lecture du rapport.

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