lundi 21 septembre 2020
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Reconnu victime de l’amiante, un gendarme a été indemnisé

Un gendarme qui enquêtait sur le scandale de l’amiante en 2006, a été reconnu victime de cette fibre cancérigène et dédommagé par le Fonds d’indemnisation des victimes de l’amiante (Fiva), selon l’un de ses avocats, confirmant une information du journal « 20 minutes ».

Affecté à l’Office central de lutte contre les atteintes à l’environnement et à la santé publique (Oclaesp), il développe un épaississement de la plèvre à la suite d’une enquête menée en 2006 au siège de la société Eternit à Vernouillet (Yvelines). Deux perquisitions ont été menées. La première a lieu le 10 avril 2006, les gendarmes fouillent alors des archives pleines de poussières durant quatre heures. C’est seulement au cours de la seconde perquisition, effectuée quelques jours plus tard, que les gendarmes se sont rendu compte de la présence d’amiante dans les étagères.

Les premiers symptômes d’exposition à l’amiante ont été détectés chez ce sous-officier en 2012. Il souffre notamment de douleurs thoraciques et de difficultés respiratoires. Le Fond d’indemnisation des victimes de l’amiante (Fiva), lui a reconnu un taux d’incapacité de 8% et lui a versé une indemnisation de 27.000 euros accompagnée d’une rente viagère de 780 euros par an.

Une indemnisation justifiée, affirme Romain Bouvet, l’un de ses avocats. « Sa maladie est incurable et risque de s’aggraver avec le temps. Ce type de pathologie est susceptible de provoquer des cancers par la suite ». Selon Me Bouvet, l’Institut national de veille sanitaire (InVS) a d’ailleurs reconnu un lien entre l’exposition prolongée à l’amiante et le déclenchement de cancers.

Le sous-officier a été reconnu victime « professionnelle » par le Fiva, c’est à dire exposé à l’amiante dans le cadre de son travail et dont la maladie a été reconnue d’origine professionnelle par un organisme de sécurité sociale. Pour autant, la direction de la Gendarmerie, qui n’a pas souhaité commenter cette affaire, ne l’a pas pris en charge.

L’un de ses collègues, lui aussi présent lors des perquisitions dans l’entreprise de Vernouillet, a engagé une procédure pour faire reconnaître son exposition à l’amiante. S’il n’a pas développé de maladie, le préjudice d’ « anxiété » a en revanche été validé par la Cour de cassation.

Le nombre de gendarmes de l’Oclaesp en service durant ces perquisitions n’a pas été communiqué. Me Romain Bouvet assure que ces gendarmes exposés n’avaient pas été informés de la présence d’amiante par leur hiérarchie.

Nathalie DELEAU

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Photo : Gendarme de l’Oclaesp, équipé d’une tenue de protection, menant une perquisition 2008. Crédit : Oclaesp

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3 Commentaires

  1. bouillarguais

    Pas de prise en charge par la Gendarmerie….Félicitations !!!!!

  2. flashlook

    ces gendarmes ont été exposé “””” sans équipements de protection obligatoire””” lors de leur investigations ,? et ca n aurait inquieté aucun officier supérieur a la direction GN ,,,,?
    ,,,,, incroyable ,,?

  3. weiser jean

    Il faut être fonctionnaire pour avoir la reconnaissance de maladie professionnelle Suite à l’exposition d’amiante
    mon dossier a été posé en novembre 2015 ayant travaillé dans le bâtiment et dans l’industrie de 1981 à 1990
    donc exposé plus de 7 heures
    mais je travaille dans le privé c’est peut-être pour celà que la CPAM n’est pas pressé et qu’ils attende mon décès pour éviter l’indemnisation
    maintenant que je suis travailleur frontalier depuis 2012 c’est l’allemagne ou le luxembourg qui doivent me prendre en charge bien que mon exposition a eu lieu en Francepays ou j’ai cotisé(bravo et respect)

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