mardi 29 septembre 2020
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Première participation aux Invictus Games pour le gendarme Cieplak

“Lorsque je suis entré en phase finale pour décrocher la médaille de bronze, j’avais l’impression d’être une star du catch ! ”, raconte à “L’Essor” Florian Cieplak, 32 ans, à son retour des Invictus Games 2016. Cette compétition internationale réservée aux militaires blessés en service avait lieu du 6 au 12 mai à Orlando en Floride. Le gendarme, qui participait pour la première fois à ces jeux organisés depuis 2015, a décroché le bronze en tir à l’arc à poulie.

Florian Cieplak aux Invictus Games
Florian Cieplak et sa médaille de bronze remportée en tir à l’arc à poulie lors des Invictus Games 2016 – DR

Cette médaille vient surtout couronner de succès un parcours difficile pour le jeune sous-officier. Le 28 juin 2012, alors gendarme mobile à l’escadron 12/7 de Saint-Mihiel (Meuse), il est blessé par balle au biceps lors d’une mission Harpie (plan de lutte contre l’orpaillage illégal) en Guyane. Deux nerfs et une artère sont sectionnés. Il gardera des séquelles importantes, notamment une perte de force et de sensibilité au niveau du bras et de la main droite.

Considéré en congé maladie longue durée (CMLD) au terme de 180 jours d’arrêt de travail, la Direction de la Gendarmerie lui propose la “reconstruction par le sport”, un programme visant à intégrer les gendarmes blessés dans une des disciplines sportives pratiquées au Centre national des sports de la défense (CNSD) à Fontainebleau. Après un stage dit de “détection”, il choisit le tir à l’arc, discipline qu’il avait eu l’occasion de pratiquer durant deux ans à l’adolescence. “Je ne partais pas de zéro, j’avais quelques notions”, reconnaît Florian Cieplak qui intègre l’équipe de France des blessés militaires à l’issue de ce stage.

Concilier la vie professionnelle et familiale avec le sport

Bien qu’athlète handisport, Florian reste avant tout gendarme et ne dispose pas de créneaux horaires spécifiquement dédiés à sa discipline durant son activité professionnelle. Lorsqu’il reprend le travail en décembre 2014, il est affecté au secrétariat de la compagnie de Gendarmerie de Nancy (Lorraine) et ne part plus en Opex. Un poste qu’il occupe à plein temps et ne lui laisse pas l’occasion de s’entraîner quotidiennement. “C’est parfois assez délicat car je m’entraîne sur mon temps libre, quand je reviens de mon entraînement, il est 21h30”, affirme l’athlète handisport qui parvient à s’entraîner quatre heures par semaine dans un club de tir à Neuves-Maisons, près de Nancy et fait parfois le déplacement jusqu’à un club de tir handisport à Fontainebleau. “Je trouve ça bien de m’entraîner aux côtés des valides, même si je galère davantage du fait de mon problème de force et de sensibilité, j’arrive à faire de bonnes performances. C’est bon pour l’ego ! ”, plaisante t-il.

“La meilleure des thérapies”

Sacré champion de France handisport en arc à poulie le 20 mars 2016 à Reims, le gendarme poursuit son ascension avec cette médaille de bronze décrochée aux Invictus Games. “L’accueil chaleureux des américains m’a fortement marqué. On avait toujours des gens pour nous renseigner. Ils s’intéressaient vraiment à nous, n’hésitant pas à nous poser des questions sur nos parcours ”.

Cieplak
Une compétition “grandiose”, digne d’un “show à l’américaine” selon l’archer – DR

Quant à l’ambiance, elle était tout simplement “grandiose” selon le gendarme : “Tant pour les cérémonies d’ouverture et de clôture que durant la compétition qui tenait du show à l’américaine !”, relate Florian Cieplak. Un contraste saisissant avec les compétitions en France. “Durant les championnats de France handisport, une centaine de passionnés de tir à l’arc dans les tribunes étaient présents mais c’était globalement assez calme. A l’inverse, aux Invictus Games, de la musique accompagnait chaque flèche tirée, vous entendiez les gens crier et nous encourager selon le score…époustouflant !”.

De sa première participation à l’international, Florian Cieplak retiendra également des “grands moments de partage” avec les autres athlètes militaires blessés, notamment les 30 autres membres de la délégation française, qui pour la plupart, avaient déjà eu l’occasion de se côtoyer lors du stage de préparation aux jeux. Des militaires qui présentent dès 8 heures du matin dans les tribunes pour aller encourager d’autres athlètes français selon le gendarme. “C’est vraiment une bonne chose que de se retrouver car c’est plus facile de se comprendre quand on a vécu les mêmes expériences. On se soutient mutuellement. C’est la meilleure des thérapies”, affirme t-il.

Un soutien important, y compris du côté des familles des militaires. Ainsi, Florian Cieplak, a pu compter sur son père et sa compagne pour l’accompagner en Floride. “C’est une récompense pour eux aussi car ils nous ont soutenus dans de sacrés moments de faiblesse”, reconnaît le gendarme décoré de la Médaille militaire en 2015.

Tout juste revenu des Invictus Games, l’archer a hâte de se mesurer prochainement aux autres compétiteurs handisport lors de compétitions dans le secteur de Nancy et de Paris. Le CNSD de Fontainebleau pourrait organiser les premiers championnats du monde militaire de tir à l’arc handisport l’an prochain. Florian Cieplak s’y voit déjà !

Nathalie DELEAU

Photo : Le gendarme Florian Cieplak, médaillé de bronze aux Invictus Games 2016.

Crédit : DR

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