mercredi 28 octobre 2020
Accueil / Vie des personnels / Police technique et scientifique : un outil au service des enquêteurs
Ce brevet technique concerne notamment les officiers servant à l'iRCGN Photo d'illustration.

Police technique et scientifique : un outil au service des enquêteurs

La police technique et scientifique, autrefois dédiée à la résolution des crimes, apporte aujourd’hui un soutien de premier plan aux enquêtes sur les cambriolages, au risque de multiplier des prélèvements sans intérêt et coûteux.

“Il y a encore cinq ans, il fallait des traces de sang, de sperme ou de salive pour identifier un suspect. Aujourd’hui, on peut établir un profil génétique à partir d’une simple trace de contact. C’est une véritable révolution pour les enquêteurs”, estime le colonel Patrick Touron, adjoint au directeur de l’IRCGN.

L’un des axes du plan anti-cambriolage lancé fin septembre par le ministre de l’Intérieur Manuel Valls vise à développer le recours aux moyens de la police scientifique et technique. “Avant le plan, on était à 92% d’engagement des techniciens d’investigations criminelles de proximité sur les lieux d’un cambriolage, maintenant on va chercher à tendre vers les 100%”, affirme le colonel Jacques Diacono, chargé de projets à la DGGN.

“L’ADN tombe à pic”

“Nous devons mettre en œuvre les mêmes solutions que pour un crime car les cambriolages sont des délits traumatisants. On fait feu de tout bois, peu importe le montant du préjudice”, explique Cyril Gout, adjoint au chef du service central de l’Identité judiciaire. D’autant que dans l’écrasante majorité des cas, “les cambrioleurs opèrent en l’absence des victimes et souvent il n’y a pas de témoin, alors là, l’ADN tombe à pic”, pointe le colonel Touron.

“Aujourd’hui, une personne victime de cambriolage ne comprendrait pas qu’on ne procède pas à des prélèvements scientifiques. C’est devenu une pratique courante et constante”, appuie Frédéric Dupuch, directeur de l’Institut national de police scientifique basé à Ecully dans le Rhône.

La totalité des cambriolages font l’objet d’un relevé de traces digitales ou génétiques et, d’après un premier bilan, la police technique et scientifique a contribué pour moitié à l’élucidation des affaires. “La question maintenant, c’est de savoir comment gérer un tel afflux des dossiers dans un délai raisonnable? Nous devons faire face à l’explosion des saisines tout en assurant la même qualité dans des délais raisonnables”, assure-t-il.

Une vingtaine d’euros pour un prélèvement

En 2012, 4,4 millions de relevés d’empreintes digitales ont été effectués par la Police et la Gendarmerie et 34.000 traces ont donné lieu à une identification grâce au Fnaed. “On continue l’effort sur les prélèvements mais cela coûte cher. En juin, des directives ont été données pour réduire le nombre de prélèvements et gagner en qualité”, explique le colonel Diacono, chiffrant à une vingtaine d’euros le coût moyen d’un prélèvement.

Selon le général Hébrard, commandant de la police judiciaire de la Gendarmerie nationale, “il y a un vrai besoin de discernement en terme de coût surtout sur ce genre de phénomène de masse, où cela chiffre vite”. “De plus, on s’est rendu compte qu’au-delà de deux prélèvements, on perdait en efficacité”, pointe-t-il.

Pour les forces de l’ordre, les investigations scientifiques ne doivent pas remplacer l’enquête de voisinage ou l’observation sur le terrain. “Le risque majeur, selon le général Hébrard, c’est de se reposer sur l’ADN. La criminalistique n’est qu’un outil au service du directeur d’enquête, ce n’est pas la panacée”.

(D’après AFP)

Crowdfunding campaign banner

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Gratuit : la newsletter de "l'Essor"!

Recevez chaque semaine notre newsletter " Rue Bleue " :  articles inédits, veille sur la presse et infos pratiques

Votre inscription est réussie ! Pensez à confirmer cette inscription dans le mail que vous allez recevoir. Merci.