jeudi 4 mars 2021
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Contrôle des attestations de déplacement dérogatoires par un gendarme d’un Psig de l’Essonne. Les militaires ne devaient porter un masque que s’ils identifiaient des symptômes de la Covid-19 sur la personne contrôlée (Photo: L.Picard/L'Essor).
Contrôle des attestations de déplacement dérogatoires par un gendarme d’un Psig de l’Essonne. Les militaires ne devaient porter un masque que s’ils identifiaient des symptômes de la Covid-19 sur la personne contrôlée (Photo: L.Picard/L'Essor).

Masques de protection: les gendarmes ont-ils été suffisamment protégés au début de la pandémie ?

Désormais fournis en plus grande quantité, les masques chirurgicaux ont manqué à la Gendarmerie lors du début de la pandémie. Ainsi, au moment du bilan de la Covid-19, une question se posera : les gendarmes ont-ils été suffisamment protégés  ?

Les injonctions gouvernementales pour la population générale ont évolué au cours du temps. Les ministres, tant de la Santé que de l’Intérieur, ont fait valoir que l’état des connaissances scientifiques étaient en évolution constante. Il était donc normal qu’il en soit de même pour leurs prises de position.

Certes, mais une chose est sûre. De nombreux gendarmes ont fait remonter à L’Essor leurs inquiétudes sur le manque de protections à leur disposition. Et pour cause, ils ont été, eux aussi, touchés par l’imprévoyance de l’Etat, largement documentée dans la presse.

Face à la pénurie de masques, il a fallu racler les fonds de tiroirs pour les personnels soignants

Au début de la pandémie, il ne disposait en effet que de 117 millions de masques chirurgicaux. Et d’aucun masque FFP2. En 2009, pourtant, il avait encore 723 millions de masques FFP2 et 1 milliard de masques chirurgicaux. Une quantité jugée suffisante pour répondre à une épidémie de grande ampleur.

Face à la pénurie, il a fallu racler les fonds de tiroirs pour les personnels soignants, en première ligne face à l’épidémie. Le ministère de l’Intérieur a alors fait les comptes. Il disposait de 1,46 million de masques de type FFP2. Dont une majorité, un peu moins de 1,2 million, dans les régions de Gendarmerie, qui les avaient conservés depuis la pandémie de grippe H1N1 de 2009.

Ces masques étant désormais réservés au personnel soignant et aux intervenants dans les hôpitaux, Christophe Castaner a demandé à ce que “la quasi-totalité de ces masques –  sous réserve de conserver un stock pour certaines interventions spécifiques non liées à la Covid-19  – soient remis aux agences régionales de santé à partir du 26 mars”.

“Nous appliquons la doctrine gouvernementale”

Un mois plus tard, le directeur général répondait à Ouest-France. A la question “Y  a-t-il assez d’équipements de protection  ?”, ce dernier répondait : Nous appliquons la doctrine gouvernementale.” A savoir, pas de port du masque chirurgical de façon préventive. Mais uniquement en cas de contact avec une personne présentant un ou plusieurs symptômes de la Covid-19, ou un risque important d’infection.

De leur côté, les stocks disponibles de masques chirurgicaux se répartissaient entre les départements. “Entre le 14 et le 23 mars, 810.000 masques, issus du stock ministériel dont nous disposions, ont été distribués”, expliquait Christophe Castaner, le 9 avril, à l’Assemblée nationale. “Le 26 mars, 300.000 masques supplémentaires ont été répartis entre la Police nationale, la préfecture de police et la Gendarmerie nationale.”

Dans le même temps, le service des achats en commandait en Chine, et en recevait, les 3 et 4 avril, 2,5 millions répartis entre la Police (1,4 million), la Gendarmerie (plus de 1 million) et les préfectures (87.000).

Lire aussi: Gestion de la crise du coronavirus: les perquisitions au sommet de l’Etat des gendarmes de l’Oclaesp

Par ailleurs, pour ce qui concerne les dispositifs de protection alternatifs, 61.000 paires de lunettes de protection ont été livrées, 81.000 paires supplémentaires commandées par le ministère de l’Intérieur, tout comme 51.000 visières. Une protection des yeux, autre organe vecteur de propagation du virus, “d’autant plus nécessaire que plusieurs incidents graves impliquaient des personnes crachant au visage des policiers ou gendarmes qui les contrôlaient”, notait Christophe Castaner.

471 gendarmes testés positifs

La doctrine gouvernementale a été remise en cause par plusieurs parlementaires demandant au ministre de l’Intérieur, sans obtenir de réponse, comment les gendarmes et les policiers étaient supposés déceler des signes d’infection, d’autant que certains cas sont asymptomatiques.

Malgré ce retard, le nombre de gendarmes contaminés reste as-sez faible, eu égard aux risques pris. “Au plus fort de l’épidémie, début avril, 2,3  % des gendarmes étaient confinés. Au total, 471 gendarmes ont été testés positifs“, expliquait le général Rodriguez, le 2 avril.

Un chiffre faible, qui rend d’autant moins compréhensible le refus, par les ministres de la Santé et de l’Action et des Comptes publics, de reconnaître la Covid-19 comme maladie professionnelle pour les forces de l’ordre.

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