jeudi 1 octobre 2020
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Bulletin de vote dans une urne
Photo d'illustration (M.GUYOT/ESSOR).

Exclusif : Marine Le Pen a été plébiscitée en 2012 par les gendarmes mobiles !

Cherchant à mieux cerner la sociologie du vote Front National, arrivé en tête aux récentes élections européennes, l’Ifop a eu l’idée de regarder au microscope certains bureaux de vote où Marine Le Pen, au 1er tour des élections présidentielles de 2012, avait fait des scores remarquables.S’agissant d’un de ces bureaux de vote, situé en l’occurrence à Toulouse, les politologues de l’Ifop cherchaient, en vain, les raisons de ce résultat, fort différent de ceux enregistrés dans les bureaux limitrophes.

Jusqu’au moment où ils notèrent la présence, sur le territoire de cette section, d’une caserne de gendarmes mobiles… C’était le point de départ de l’étude que nous publions in extenso. (Pour consulter l’étude, cliquez ici).

Depuis l’élection présidentielle de 2007, on savait, par différentes études dont les médias s’étaient fait l’écho du fait que les militaires et les gendarmes plus spécialement avaient davantage voté au 2ème tour pour le candidat de l’UMP que pour celui du PS. Et, en 2012, ici même (n° 447 de “L’Essor”, juin 2012, pages 6 et 7) nous avions signalé le cas particulier du bureau 10 de Versailles-78, où les électeurs sont majoritairement des gendarmes mobiles (et leurs familles), issus du groupement blindé et du GIGN, où 46,1% des suffrages exprimés s’étaient portés sur Marine Le Pen, à comparer à 11,21% sur l’ensemble de cette commune !

Mais, pour avoir une idée plus sérieuse du comportement électoral des GM, au delà de ce bureau de vote presque “chimiquement pur”, il fallait travailler sur plusieurs bureaux de vote. Ce que les chercheurs de l’Ifop ont fait, avec une méthode et des outils scientifiques. Conclusion sans appel : la population considérée a voté 2 fois et demi plus pour la candidate du FN en 2012 que l’ensemble des Français !

Ce qui, en outre, n’a pas affaibli le candidat de l’UMP, qui, sur cette même population, se situe près de 4 points au dessus de son score national. La gauche, qui, dans l’ensemble de la population est à 44% ne pèse que 13,5% dans cette estimation du vote des gendarmes mobiles et de leur famille… Nous laisserons à d’autres – lecteurs de “L’Essor”, observateurs, élus… – le soin de se réjouir, ou non, de ces révélations, dans le prochain numéro de”L’Essor”.

Nous nous contenterons de quelques observations :

– Personne, je crois, ne contestera le sérieux de l’Ifop, le plus ancien des instituts français de sondage, qui est par ailleurs le partenaire de “L’Essor” pour la publication, chaque année, d’un baromètre sur l’image comparée des gendarmes et des policiers (prochaine édition : janvier 2015).

– Une telle étude est-elle légitime ? Au nom de quel principe chercherait-on a savoir comment votent les journalistes, les juges, les policiers, les fonctionnaires… et pas les gendarmes ?

– Les conclusions de cette étude peuvent-elles être étendues à tous les gendarmes ? Globalement sans doute, mais dans des proportions qui restent à préciser. Car l’Ifop a observé ce qu’il appelle un “sur-vote frontiste” chez les gardes républicains (casernés à Paris et à Nanterre), très net, mais moindre que chez les GM. S’agissant de la gendarmerie départementale, les outils de l’Ifop ne lui ont pas permis d’établir des mesures précises. Mais on ne voit pas pour quelles raisons les gendarmes de cette subdivision de l’Arme aurait un comportement très différent.

– Enfin l’Ifop s’est demandé si ce “tropisme frontiste” valait aussi pour les autres forces en charge du maintien de l’ordre. S’agissant des gardiens de prisons, sur la base de l’analyse de plusieurs bureaux de vote où avec leurs familles ils représentent une part significative des personnes inscrites sur les listes électorales, la réponse est oui : 2 fois plus d’électeurs pour Marine Le Pen à Fresnes, dans le bureau 6 qu’en moyenne sur la ville…

Le gouvernement, le ministre de l’Intérieur comme le Directeur général de la gendarmerie, prendront connaissance de cette étude avec grand intérêt. Mais ils n’ont pas lieu de s’en inquiéter : ils savent, mieux que personne, que les gendarmes sont d’abord et avant tout de bons et fidèles soldats de la loi.

Alain Dumait

Réponse du directeur de l’Essor de la Gendarmerie à certains internautes à propos de la publication, sur “Essor.org”, le 14-07-2014, d’une étude de l’IFOP sur le vote des gendarmes mobiles aux élections présidentielles de 2012.

1° Il s’agit d’une étude et non pas d’un sondage. Celui-ci cherche à prévoir un résultat. Celle-là analyse après coup (juin 2014) des données publiques et disponibles, à savoir les résultats de certains bureaux de vote et la liste des personnes qui y sont inscrites, avec leurs adresses. Ce qui est légal, et ne viole en rien le secret du vote, qui est de nature individuelle.

2° “L’Essor” n’a ni commandé ni commandité ce travail. L’IFOP, par ailleurs notre partenaire, nous a autorisés à le publier, avant de le mettre en ligne sur son propre site

Pour vous rendre sur le site de l’Ifop, cliquez ici.

3° Plusieurs correspondants s’étonnent qu’une telle étude puisse avoir lieu. L’un même dit que «ça devrait être interdit»…

– Ca fait pourtant très longtemps que les chercheurs en science politique cherchent à connaitre les tendances électorales selon les catégories sociales et professionnelles, comme les situations géographiques. Interdire ou empêcher ce genre d’étude reviendrait à interdire à la science politique d’exister. Cela s’appelle de l’obscurantisme.

4° Pour d’autres, “l’Essor” n’aurait pas du reprendre ce travail.

– Sachez, messieurs, que tout ce qui concerne la communauté des gendarmes intéresse “l’Essor” ! 5° Certains craignent que la préférence très marquée (aux élections présidentielles de 2012) des gendarmes mobiles pour la candidate du Front National Marie Le Pen, puisse être un motif d’ostracisme.

– Ce serait entrer dans le jeu du politiquement correct, ce qui n’est pas la ligne éditoriale de l’Essor. Les faits sont les faits. Il nous arrive de les commenter, mais seulement après les avoir respectés… On remarquera d’ailleurs, incidemment, qu’au 2ème tour de cette élection présidentielle, les GM se sont massivement exprimés pour le candidat de l’UMP. Ce qui montre qu’ils sont à la fois loyalistes et pas rancuniers…

6° Enfin, dans les réactions enregistrées, une voix s’est élevée pour faire remarquer que, quelques mois avant le scrutin de l’élection présidentielle de 2012, un certain nombre d’unités avaient été dissoutes et leurs effectifs partis de certaines villes étudiées (à savoir : dissolution par arrêté du 01.09.2010 de l’EGM 23/1 Melun – EGM 23/2 Mont de Marsan – EGM 32/2 Toulouse EGM 42/7 Dijon ; dissolution par arrêté du 01/09/2011 de l’EGM 11/2 Bouliac – EGM 11/3 Rennes – EGM 31/1 Aubervilliers).

– Cette observation très pertinente, mais inopérante puisque l’IFOP a travaillé sur la base des adresses figurant en 2012 sur les listes électorales.

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2 Commentaires

  1. Les temps sont durs, pour les quelques faux Catho’ que compte l’UMP, car de plus en plus de gens comprennent que, «à cause du vote catholique, il importe à la droite financière d’entretenir l’illusion d’une opposition morale entre la gauche libérale et les libéraux de droite». Alors Famille Chrétienne, hebdo’ dédié au rabattage des Catho’ de droite au profit de l’UMP, y va de son petit billet, quand Jean-Pierre Raffarin prend le chemin de Compostelle…

    La suite, dans http://jaisson.over-blog.com/article-il-est-liiibre-raff-y-en-a-meme-124109682.html

  2. Francis Chouville

    Que l’IFOP soit partenaire de l’Essor n’est pas le problème. Mais qu’on veuille clouer au pilori la fine fleur de la Gendarmerie française par cette étude est ressenti comme une agression honteuse par nombre de gendarmes mobiles !
    Quant on sait que des études discriminant le facteur ethnique sont interdites en France, on peut, à juste titre, être révolté quand le résultat, même s’il n’est pas explicitement recherché, est de stigmatiser (le mot est tellement à la mode) les membres d’un corps exemplaire de notre Nation.
    Quant au principe qui différencie les gendarmes des journalistes (Ha ! Ha !), des juges (Ha ! Ha ! Ha !), ou encore des policiers et des fonctionnaires, c’est que, comme tous les militaires, ils ne peuvent répondre par aucune voie, si ce n’est la hiérarchie, qui se gardera bien de le faire, et à juste raison, pour ne point se faire “soubeletiser” (désolé pour le néologisme).
    Enfin, il faut se souvenir que les Gendarmes, comme tous les militaires, n’ont eu le droit de vote qu’après les femmes, en 1945. Mais peut-être certains rêvent-ils de le leur supprimer et le donner aux étrangers non européens ?
    Personnellement, j’attendrais de la part de l’Essor une réaction plus ferme quant à cette n+unième tentative d’atteindre à l’image, à la réputation et, je ne crains pas de le dire, à l’honneur du corps de la Gendarmerie.
    Un réserviste citoyen, abonné assidu à l’Essor

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