vendredi 25 septembre 2020
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Les forces de l'ordre, gendarmes et policiers, ont été saluées dimanche "comme des champions du monde" par des hourrahs et des salves d'applaudissements par les manifestants saluant ainsi le travail des équipes d'intervention qui ont mis fin, à quelques minutes d'intervalle, au double siège de Dammartin-en-Goële et de Paris.

Marche républicaine : policiers et gendarmes salués comme des “champions du monde”

“D’habitude, ils nous tapent dessus, aujourd’hui, on les applaudit”: les forces de l’ordre ont été saluées dimanche “comme des champions du monde” par des hourrahs et des salves d’applaudissements par les manifestants de Paris.

Peu avant 17H00, une vingtaine de cars de gendarmes mobiles quitte la place de la République et fend la foule vers l’ouest de Paris. Aux fenêtres, sur les balcons, dans la rue, les gens les acclament, les applaudissent, crient. Des “merci” et des “bravos” fusent en nombre. Un gendarme, au volant, baisse sa fenêtre pour en profiter.

La même scène se reproduit boulevard Richard-Lenoir, près du siège de Charlie Hebdo, au passage d’une dizaine de camions de CRS: dans leur sillage, les manifestants entonnent la Marseillaise. Un homme sort même du cortège pour se diriger vers un policier et l’embrasser, sous les flashs des caméras. Les forces de l’ordre “sont acclamées comme des champions du monde”, tweete un manifestant, Raphaël Godinot.

“Ils bossent dans des conditions difficiles”

D’habitude, les policiers n’ont pas vraiment bonne réputation dans les manifestations, mais dimanche, tout est différent. “Aujourd’hui, tout le monde s’aime bien. C’est inhabituel. Il n’y a plus de séparation” entre les gens, reconnaît une manifestante, Christine Bacoup-Tidas. “Les gens ont une mauvaise opinion de la police en général, mais ils bossent dans des conditions difficiles, et quand il s’agit de sauver des êtres humains, ils font bien leur boulot”, juge Joël, 64 ans, qui tenait “absolument” à les applaudir.

“On est content qu’ils soient là pour protéger le bas peuple”, renchérit à ses côtés Dominique, désignant un tireur d’élite perché sur un toit. Le déploiement d’un dispositif policier massif pour protéger la manifestation rassure. “Du coup, ceux qui sont là aujourd’hui se sentent en sécurité, même si certains hésitaient à venir”, commente Anny Gouyon.

Plus loin le long du parcours, un autre policier posté sur un toit est repéré par la foule qui l’ovationne et l’applaudit. “Merci! Merci!”, scandent les manifestants. Au bout de plusieurs minutes, le policier regarde la foule et brandit son pouce en remerciement. “On a applaudi les policiers parce qu’ils assurent une sécurité importante aujourd’hui, et par rapport à toutes leurs actions pendant les actes terroristes”, témoigne dans la foule Sonia, 39 ans. “Et puis des policiers sont morts ces derniers jours”, ajoute son amie Emmanuelle, 34 ans.

De nombreux manifestants saluent ainsi le travail des équipes d’intervention qui ont mis fin, à quelques minutes d’intervalle, au double siège de Dammartin-en-Goële (Seine-et-Marne) et de Paris.

“Je suis Ahmed”

Les gendarmes d’élite du GIGN ont mené l’assaut contre les frères Chérif et Saïd Kouachi, retranchés dans une imprimerie à Dammartin. A Paris, ce sont les policiers du Raid et de la Brigade de recherche et d’intervention (BRI) qui sont intervenus contre Amedy Coulibaly dans un supermarché casher cours de Vincennes.

Dans les deux cas, les jihadistes ont été abattus. Mais les participants à la marche veulent aussi rendre hommage aux trois membres des forces de l’ordre tués lors de l’équipée sanglante des jihadistes, qui ont tué dix-sept personnes en trois jours. Au côté des pancartes “Je suis Charlie”, de nombreuses personnes brandissent des écriteaux “Je suis policier” ou “Je suis Ahmed”.

Parmi les premiers policiers arrivés sur les lieux du carnage à Charlie Hebdo, Ahmed Merabet, brigadier du commissariat du XIe arrondissement, où se trouve le siège du journal satirique, a été blessé puis froidement abattu à bout portant mercredi. Des dizaines de bougies et de nombreuses fleurs ont été déposées sur le trottoir du boulevard Richard-Lenoir, là où il est mort. Quelques minutes avant le décès d’Ahmed Merabet, le policier chargé de la protection du dessinateur Charb, Franck Brinsolaro, 49 ans, avait été tué dans les locaux de Charlie Hebdo.

Jeudi, une policière municipale, non armée, Clarissa Jean-Philippe, 26 ans, est tuée dans une attaque revendiquée par Amedy Coulibaly. Des pancartes “Mwen sé Clarissa” (“je suis Clarissa” en créole), place de la nation, rendaient hommage à cette policière martiniquaise. Sur Twitter, beaucoup de manifestants se sont avoués eux-mêmes étonnés d’avoir applaudi les forces de l’ordre. “Si on m’avait dit en 68 qu’un jour j’applaudirais les CRS”, a écrit le journaliste Thomas Vampouille. “J’ai défilé avec Netanyahou et applaudi les CRS: il faut vraiment que j’arrête de boire!”, a tweeté avec humour l’ancien présentateur Bruno Masure.

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