lundi 21 septembre 2020
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Cancer : le combat d’une famille de gendarmes

Vous êtes adjudant de gendarmerie dans le Pas-de-Calais. Votre épouse est également gendarme. Dans quel contexte professionnel et familial avez-vous appris la maladie de votre fille?

Maëlle a été hospitalisée en urgence au centre hospitalier Helfaut suite à de très mauvais résultats sanguins et une péricardite (inflammation des parois du cœur). Elle a été hospitalisée 15 jours. De jour en jour, nous avons compris que nous nous dirigions vers une maladie grave. Durant ce laps de temps, nous avons posé des permissions, repos ou en maladie pour être à ses côtés.

A la fin de ces 15 jours, on nous a indiqué qu’elle avait un cancer, une masse de presque 10 cm dans le médiastin mais que pour être précis il fallait se rendre à Lille en chirurgie thoracique. Là nous avons eu confirmation du cancer, un lymphome non hodgkinien à grandes cellules, une maladie du sang. Ce fut un choc terrible pour moi le papa. Mon épouse, gendarme à la BT de Lumbres, et belle maman, a réussi à prendre plus de recul.

Passé le choc de la nouvelle, comment la famille s’est organisée pour faire face à la lourdeur des soins et la soutenir?

Pour ma part, j’ai du poser des jours de permission et par la suite de maladie car j’ai beaucoup de mal à encaisser. Il faut dire que pour moi l’année 2013 a été dramatique. En janvier, le 18, j’ai été victime d’un accident de la circulation routière en service. J’ai été blessé gravement et j’ai du être opéré en urgences à Lille pour fractures, luxation et entorse des cervicales. J’ai été arrêté cinq mois. Je travaillais en Psig de Saint-Omer. C’est très sportif, très physique.

Aujourd’hui, j’ai perdu mon aptitude terrain et j’ai été affecté en GC Saint-Omer, ce qui est loin d’être évident moralement. Et donc fin d’année, ma fille déclare un cancer. Dans la durée, mon épouse pose des arrêts maladie, ainsi que le petit ami de Maëlle qui est gendarme adjoint volontaire au Psig de Boulogne-sur-Mer. Tout ceci afin de gérer Maëlle sans écarter la sphère familiale.

Nous avons décidé de former une équipe avec Maëlle. Nous nous rendons à tous les rendez-vous médicaux à quatre. Toutes les séances de chimio, quatre par mois pour l’instant. Les commandants de compagnie et des unités respectives sont très compréhensifs et ils apportent leur soutien et ils facilitent le service tant que possible. Nous bénéficions aussi de l’aide des proches, amis, collègues car nous avons deux autres enfants à charge de 5 et 10 ans. Je les en remercie vivement.

Votre fille a ouvert une page Facebook pour parler de son combat. Cela l’aide à maintenir son moral?

C’est certain. Elle se bat physiquement contre le traitement qui est très lourd. Moralement, elle a décidé de partager ses sentiments. Elle s’est rendu compte qu’il y avait un manque en la matière et peu de communication. Elle souhaite faire passer un message d’encouragements et de positivité.

Le cancer ça se soigne. Il ne faut pas vivre caché. Je l’ai aidée dans son choix et à cette fin, j’ai réussi à contacter les médias. Elle s’est exprimée dans le journal l’Indépendant. Un article va être fait dans le journal L’Écho de la Lys et La Voix du Nord. La chaîne de télévision BFM TV s’est déplacée. Le reportage passera le 4 février, journée mondiale contre le cancer et les idées reçues. Elle va également s’exprimer sur les ondes NRJ ST OMER.

A chaque fois, nous sommes face aux mêmes remarques. Les journalistes trouvent sa démarche extraordinaire et presque inédite. Nous avons réussi à avoir le soutien de nombreux sportifs ou ex sportifs connus, principalement dans le monde de la boxe (voir ma page Christophe et Catherine Quievre). Elle maîtrise tout cela avec brio. Elle se rend compte qu’elle aide les autres malades et qu’elle donne des leçons aux non malades.

Avec l’expérience qui est la vôtre, quels conseils donneriez-vous à des parents éprouvés par la maladie comme vous l’êtes?

Le plus difficile à entendre est ce mot cancer. Pour moi, j’ai tout de suite pensé à mort! Nous avons la chance dans notre cas que Maëlle soit forte. Ça serait plus dur à vivre si elle était faible mentalement. Il faut parler, s’entourer et faire attention à la sphère familiale. C’est pour cela que nous faisons tout à quatre. Nous vivons les épisodes à quatre. Si l’un lâche, les autres le relèvent.

Il ne faut pas hésiter à se rapprocher d’une aide psychologique. Il existe des structures au sein des hôpitaux effectuant les chimiothérapies. Surtout communiquer. Ne pas s’isoler. Faire attention au malade mais aussi à ses proches. Soutenir le malade mais ne pas oublier les autres membres de la famille, les autres enfants à charge. Tous les soutiens sont bons. Surtout, positiver et se dire comme Maëlle que le cancer on peut le battre!

S.D

Pour vous rendre sur la page Facebook de Maëlle, cliquez ici.

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Un commentaire

  1. Michel Brejcha

    Bon courage Maëlle,
    Nous pensons a toi avec ma famille et prions pour que tu récupères vite…
    Bises de nous 4…
    Michel Brejcha..

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