vendredi 22 février 2019
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La cité-jardin Delpal, à Satory (Yvelines), l'un des points noirs du logement des gendarmes (Crédit photo: L'Essor).
La cité-jardin Delpal, à Satory (Yvelines), l'un des points noirs du logement des gendarmes (Crédit photo: L'Essor).

L’inquiétant manque de crédits pour l’immobilier des gendarmes

Le Sénat (Photo MG/L'Essor)
Le Sénat (Photo MG/L’Essor)

Fenêtres de mauvaise qualité, humidité, insalubrité… Le problème du mal-logement des gendarmes est malheureusement bien connu. Année après année, des rapports parlementaires dénoncent la dégradation du parc immobilier mais restent sans effet. Deux sénateurs, Philippe Paul (LR, Finistère) et Yannick Vaugrenard (PS, Loire-Atlantique), sonnent à nouveau l’alerte sur ce sujet crucial pour les militaires.

Dans leur rapport pour avis sur les crédits de la Gendarmerie, dont L’Essor a eu copie, ces deux élus expliquent comment le patrimoine immobilier de l’Arme est devenu le parent pauvre de ses finances. “L’immobilier a servi de variable d’ajustement du budget depuis plusieurs années, les mises en réserve portant généralement sur ce poste budgétaire en raison du caractère relativement ‘indolore’ à court terme de cette pratique”, analysent-ils.

Lire aussi sur L’Essor : Budget : pour le sénateur Yannick Vaugrenard, “le compte n’y est pas”

Budget serré

Une fenêtre d'un logement de gendarme en mauvais état (Crédit photo:DR).
Une fenêtre d’un logement de gendarme en mauvais état (Crédit photo:DR).

En clair, pour ces deux élus, il a été plus facile de couper dans les crédits destinés à l’immobilier que dans d’autres postes de dépenses de l’Institution. Une tendance accrue par des budgets de plus en plus serrés. L’année 2018 a par exemple été très compliquée pour les comptables de la Gendarmerie. Pour équilibrer ses comptes, l’Arme a du sabrer dans sa réserve opérationnelle et retarder l’entrée en écoles.

Mais aujourd’hui, estiment les deux sénateurs, l’écart entre les besoins réels et les dépenses immobilières est en train de devenir dangereusement préoccupant. Les gendarmes estiment qu’ils leur faudrait environ 300 millions d’euros par an, dont 100 millions pour la maintenance, pour remettre d’équerre leur parc immobilier.

Une somme à comparer aux crédits accordés pour l’année prochaine, qui atteignent 108,9 millions d’euros grâce au plan de réhabilitation de l’immobilier domanial qui s’étale sur les années 2015-2020. La conséquence de sous-investissement chronique, c’est le vieillissement des logements des gendarmes.

La dégradation du parc immobilier domanial a été constante au cours des dernières années, avec un âge moyen de 45 ans pour les logements, contre 25 ans pour les logements locatifs”, dénoncent les deux sénateurs. L’essentiel des 75.000 logements de la Gendarmerie font partie de son parc domanial (64.000), le solde se partageant entre logements individuels en bail hors caserne (9.600) et dans des ensembles immobiliers locatifs (1.800).

Des “points noirs”

L’Arme arrive toutefois à rénover 4.000 logements par an. En ce moment, les spécialistes du bâtiment s’activent par exemple du côté d’Auxerre (caserne Les Clairions), de Nanterre (caserne Rathelot) et de Drancy (Seine-Saint-Denis, caserne Pichard). La livraison du chantier dans l’Yonne est attendue pour le premier trimestre de 2019. Les 658 logements de la caserne Pichard, touchés par des problèmes de chauffage ou de réseau, débuteront également en 2019.

Un effort bienvenu mais qui se révèle aujourd’hui insuffisant. Le manque de crédits conduit la Gendarmerie à une inquiétante gestion de l’insalubrité des logements. L’Arme est “désormais confrontée à des ‘points noirs’ (notamment Nanterre, Melun et Satory) que le plan d’urgence relatif à la maintenance des logements peut contenir sans toutefois y remédier en profondeur”, soulignent les sénateurs. En témoigne l’édition de décembre de notre magazine, avec un dossier consacré aux logements vétustes de la Gendarmerie. Une plaie de plus en plus douloureuse dans l’Arme.

Gabriel Thierry.

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4 Commentaires

  1. Richard Formet

    Je suis retraité depuis vingt et malheureusement les problèmes du logement continuent à se poser…. À cet égard rien n’a changé..

  2. Intéressant ! Merci pour le partage

  3. Claude ACHARD

    En 1957, à Corté (Corse) lorsque nous sommes entrés dans le logement qui nous était attribué, la salle de bain était un simple lavabo. Mon père a obtenu la création d’une douche. Encore étions-nous mieux lotis que dans certaines brigades où les bâtiments dataient de Napoléon III. Je vois que les choses n’ont guère changé et que les crédits sont toujours chichement comptés à la Gendarmerie

  4. L’état des logements des gendarmes fait mal au cœur.
    J’espère bien que cette situation sera bien amélioré dans l’avenir

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