samedi 17 avril 2021
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Des élèves gendarmes adjoints volontaires (GAV) à Chaumont. (B.Couvreux / Facebook école de Gendarmerie de Chaumont)
Des élèves gendarmes adjoints volontaires (GAV) à Chaumont. (B.Couvreux / Facebook école de Gendarmerie de Chaumont)

Les réactions en demi-teinte d’anciens GAV à propos des pistes de réforme

Baisse des effectifs, nouveau statut, nouveau concours, nouveau nom… D’anciens gendarmes adjoints volontaires (GAV) reviennent sur leur parcours et la perspective d’une réforme du volontariat en Gendarmerie.

Romain, aujourd’hui âgé d’une trentaine d’années, a été gendarme adjoint volontaire pendant cinq ans. Selon lui, ce statut est un peu vieillissant. “On a parfois une sensation d’inutilité”, “d’être un bouche-trou”, confie l’ancien GAV. Pour cela, il défend un projet de refonte de ce statut. “Une réforme serait en effet la bienvenue. Soit en le supprimant totalement pour créer un nouveau statut, soit en le modifiant en profondeur.”

Il suggère d’ailleurs des pistes de réflexion inspirées par son vécu. Première d’entre-elles: le salaire des GAV, qu’il faudrait “augmenter significativement”. Le type de contrat devrait également faire partie des révisions selon lui. Notamment avec une durée plus longue, au-delà des cinq ou six ans, et avec la perspective d’un engagement pérenne. “Le passage de carrière pourrait être automatique, sans passer par un concours.” Tout du moins “basé sur l’expérience” acquise. “Un GAV qui a cinq années d’expérience a certainement plus de qualités sur le terrain qu’un jeune tout juste sorti de l’école.”

Dans ce sens, la piste –évoquée par la direction générale de la Gendarmerie– de la création d’une troisième voie pour accéder au statut de sous-officier, avec un nouveau concours dédié aux GAV, pourrait tout à fait correspondre. D’ailleurs, Romain ne cache pas que si cela avait été en place lorsqu’il était encore gendarme adjoint, il serait peut-être resté. “Je ne voyais pas retourner un an en école.”

Lire aussi: Les pistes de la Gendarmerie pour réformer ses adjoints volontaires

Des GAV pour “pallier au manque d’effectif”

Chloé, a aussi passé plusieurs années au sein de la Gendarmerie en tant que gendarme adjoint volontaire. Mais pour elle, la suppression annoncée de près de 50% des effectifs de GAV n’est pas une bonne chose. “Dans certaines unités, le nombre de GAV est presque équivalent au nombre de sous-officiers.” Malgré un niveau d’habilitation moindre, “sur le terrain, nous avons la possibilité d’effectuer les mêmes missions qu’eux, en leur apportant une grande aide”.

C’est d’ailleurs cet appui apporté aux sous-officiers par les GAV qui est au cœur du problème selon elle. Qui pour les remplacer? “La formation d’élèves-gendarmes est longue et les unités ne disposent pas toutes de places pour en accueillir. Le nombre de GAV doit rester important pour pallier au manque d’effectif de premier niveau.”

Lire aussi: La Gendarmerie envisage la création d’un corps d’engagés à la place des GAV

Durée d’engagement et poursuite de carrière

La perspective d’un engagement allant au-delà des six années maximum lui semble très intéressant. “Certains personnels ne veulent pas passer sous-officier pour certaines raisons. Ce qui les amène parfois à quitter l’Institution au terme de leur contrat, malgré leur passion du métier.”

Quant à la question de la création d’un nouveau concours réservé aux GAV, la réponse est évidente. “Je suis pour!” Elle explique: “La manière la plus rapide de passer le concours de sous-officier est la voie externe. Mais dans cet examen, nous ne pouvons pas démontrer tout ce que nous avons acquis sur le terrain. Alors qu’un concours où nous pourrions démontrer nos acquis et où notre expérience professionnelle puisse être prise en compte serait très valorisant“, confie la jeune femme. “Même si nous réalisons parfois quasiment le travail d’un sous-officier, nous restons dans l’ombre et ne sommes pas valorisés. On aimerait avoir une place dans la “grande famille” qu’est la Gendarmerie.”

D’autres axes d’amélioration

Parmi les autres points soulevés, pour l’un comme pour l’autre, figure bien entendu la question du logement. Un paramètre qui varie énormément d’une brigade à une autre. “Je n’avais pas à me plaindre”, confie Romain. Chloé, de son côté, jugeait “moyennes” ses conditions de logement. Mais pour d’autres camarades, c’était loin d’être la panacée. Quand certains bénéficient de studios individuels, d’autres doivent en effet partager un appartement à deux, voire à quatre. “Parfois, la colocation a du bon, confie sur un forum un gendarme adjoint affecté en Peloton de surveillance et d’intervention (Psig). On garde l’esprit de camaraderie et le partage.”

Mais la situation se complique en raison de la promiscuité ou la vétusté de certains logements. “Pas d’eau chaude” ou “pas de chauffage”, des fois pendant plusieurs semaines. Une “humidité permanente” et “de la moisissure”. Ou encore “un coloc à l’hygiène douteuse”… Autant de problématiques qui poussent parfois de jeunes volontaires à claquer la porte de l’Arme. “Malgré le respect de l’ordre hiérarchique, nous ne sommes souvent que très peu entendus.”

Un nouveau nom pour les GAV ?

Enfin, l’idée d’un nouveau nom pour des “GAV nouvelle formule” semble perçue positivement. En unités, la plupart des gendarmes ne parlent d’ailleurs pas de “GAV”, mais de “GA” en évoquant les gendarmes adjoints volontaires. Sans doute un héritage de l’appellation des gendarmes auxiliaires, ancêtres des militaires du rang actuels de la Gendarmerie, à l’époque du service national obligatoire que beaucoup ont connu.

L’acronyme “GAV” est davantage utilisé pour faire référence aux gardés à vue. C’est donc peut-être aussi par là que devrait commencer la refonte de ce statut.


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7 Commentaires

  1. DRAILLET

    Je pense qu’il faut déjà donner une bonne formation militaire de base ainsi qu’une réelle formation de gendarme ,pour en faire pour l’avenir d’excellents réservistes c’est peu être un peu chère au départ mais un excellent investissement

  2. Anka

    Romain voulait être gendarme et a fait 5 ans de GAV. Mais a t il fait le concours SOG ? Ou l a t il raté 3 fois en s apercevant qu il fallait tout de même savoir lire et écrire un petit peu. Mr ne voulait pas faire un an d école, preuve de sa grande motivation pour devenir gendarme. Le “Concours”de GAV ressemblant davantage à l ecole des fans, il pensait que tout était gratuit. Logés, blanchis, les GAV touches plus de 1200 euros mensuels avec la prime nourriture. Aucun frais d électricité, d eau, de chauffage, d habillement, de transport, aucune imposition sur le revenu, un primo GAV n est responsable de rien mais gagne beaucoup mieux sa vie qu un ouvrier au Smic. Mais Romain ne nous dit pas le métier qu aujourd’hui il exerce.
    Les Romains ne manquent malheureusement pas en Gie. Si certains sont intéressants pour l arme, beaucoup sont d un niveau très très bas. Le recrutement doit être de meilleur qualité faute de quoi la Gie va disparaître toute seule.

    • Desbois

      Oui, malheureusement il est préféré le quantitatif au qualitatif….
      Quand on sait ce qu’un diplômé gagne dans la vie active, avec des responsabilités en plus et de surcroît assis sur un siège éjectable. Avec tous les frais annexes à honorer.
      Beaucoup resteraient au sein de cette institution, ayant aperçu que cela leur est bénéfique financièrement parlant et ce, sans trop de motivation. Et que toutes les voies leur sont ouvertes, en passant par le concours SOG, l’OPJ etc… Jackpot.
      Mais tout le monde n’est pas de la sorte… comme dans toute société ; il y a des personnes motivées, voire très motivées mais beaucoup trop opportunistes, profitant de la situation.
      Pour produire un produit de qualité dans une usine, on se résout à être exigent au départ, à tous stades. Si cela n’est pas réalisé, le produit sera de qualité mauvaise voire médiocre.
      Peut être faudrait il commencer par cela, repenser les concours….et arrêter de baisser les référencements de réussite aux divers concours.
      Non ?….

  3. Brosseau

    Bjr d accord pour une VAE pour les GAV sans concours, mais avec un passage obligatoire en école de sous-officier d une durée raccourcie à 4 mois avec des stages formateurs comme St Astier pour les futurs Mobiles. La plupart des GAV sont en GD et méconnaissent la mobile. Et aussi un stage d’endurcissement pour la maturité style fort de Penthièvre de 3 semaines et après on voit. Car pour moi le cocooning d un GAV n’a rien à voir avec la vie en école n en déplaise à notre GAV qui se croit meilleur qu un jeune sous officier

  4. Chris65

    Celui qui ne se voit pas “repartir” un an en école (tiens c’est un an maintenant la formation en ESOG ?) alors que la formation initiale des GAV est de 13 semaines (et encore je ne parle pas des formations en 5 semaines dues au covid) a clairement des questions à se poser sur les motivations de son engagement…que doivent dire les sous officiers qui repartent pour plusieurs années en école afin de devenir officiers ? En suite s’émouvoir que l’abréviation GA soit plus utilisée n’a pas de sens car effectivement GAV est plus souvent employé pour les gardés à vue et personnellement je préférerais ne pas être appelé pareil que les “clients” mais ça n’engage que moi qui ne suis pas concerné. En parallèle on utilise souvent le terme sous-off en lieu et place de sous officier et pourtant ça n’émeut personne. Pour le logement, mise à part la promiscuité (mais en mobile on a rarement sa chambre individuelle si je me souviens bien lors des déplacements et pourtant, encore une fois, personne je s’en émeut) les GAV n’ont pas grand chose à envier aux autres personnels qui font eux aussi face aux logements vétustes avec des moisissures et autres joyeusetés sauf que pour eux c’est aussi leurs familles qui subissent ces conditions. Bref il y a effectivement des pistes à étudier telles que la revalorisation de la solde, une nouvelle appellation et éventuellement un autre statut calqué sur les engagés des autres armées mais tout n’est pas bon à prendre non plus.

  5. DRAILLET

    Pas de différence un an d’école sous officier pour tout le monde ,je suis aussi d’accord pour une sélection beaucoup plus sévère (niveau d’instruction, motivation, forme physique, disponibilité une réelle formation militaire (jusqu’à présent un gendarme est toujours un militaire et la GENDARMERIE est toujours une des plus ancienne ARME de nos forces armées .

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