samedi 15 mai 2021
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Gendarmes lors d'une cérémonie aux Invalides (Ph: M.GUYOT/ESSOR)
Gendarmes lors d'une cérémonie aux Invalides (Ph: M.GUYOT/ESSOR)

Les pistes de la Gendarmerie pour réformer ses adjoints volontaires

INFO L’ESSOR – La Gendarmerie est en train de tourner la page des gendarmes adjoints volontaires. L’Arme est en effet en train de s’attaquer à une sérieuse revue de l’organisation de ses CDD. Explications.

Gendarmes adjoints volontaires lors d’une cérémonie dans la cour d’honneur des Invalides, à Paris. Engagés pour quelques années, certains de ces jeunes feront carrière en Gendarmerie, mais aussi parfois dans la Police (Photo : DR).
Gendarmes adjoints volontaires lors d’une cérémonie dans la cour d’honneur des Invalides, à Paris (Crédit photo : DR).

Big-bang en vue pour les gendarmes adjoints volontaires (GAV)? Le dispositif des CDD de la Gendarmerie, qui ont succédé aux auxiliaires, créés il y a 50 ans, est en cours de réforme à la direction générale. Selon nos informations, au cours d’une audioconférence, début février, le patron des gendarmes Christian Rodriguez a annoncé les pistes de réflexion pour revoir le dispositif des volontaires. Tout d’abord, leur nombre devrait être fortement réduit. La Gendarmerie pourrait passer de 12.000 gendarmes adjoints volontaires à 6.000. Une division par deux qui s’explique notamment par l’autre réforme, déjà annoncée, de la professionnalisation des Psig. Ces unités seront composées à terme uniquement de sous-officiers.

Lire aussi: Covid-19: les gendarmes adjoints pourront servir une année de plus

Deuxième innovation en vue sur les volontaires, la création d’un concours sous-officier dédié. Il s’ajouterait au concours externe et au concours interne, ouvert aux volontaires, adjoints de sécurité, militaires et réservistes de l’Arme. Le but de ce troisième concours ouvert aux volontaires? Prendre en compte leurs acquis professionnels et leur valeur militaires. Enfin, la direction générale souhaite également changer le nom des volontaires. Sur ce point, elle a fait un appel à propositions. 

Une réforme en réflexion depuis plus de deux ans

Pourquoi la Gendarmerie veut-elle revoir son organisation sur ses CDD? D’une part, l’Arme, en réduisant le nombre de ses volontaires, veut leur offrir de meilleures conditions. Elle pense en particulier à la question du logement. Outre la solde de 800 à 900 euros net, les volontaires bénéficient en effet d’un logement – ils ont en outre une prime alimentaire de plus de 200 euros et peuvent demander la prime d’activité. La réduction du nombre des volontaires alignerait également l’Arme sur la Police, qui compterait seulement 8.000 adjoints de sécurité pour 150.000 policiers. 

La réforme permettrait également de tenter d’améliorer l’intégration de ses volontaires. Ce statut est en effet, pour l’Arme, la première porte d’entrée dans l’institution, écrivait en 2013 Sébastien Jakubowski. Ce sociologue précisait que l’Arme se fixait comme objectif “de conduire 50 % de ses GAV à devenir sous-officiers”. Les gendarmes adjoints volontaires sont des jeunes de 17 à 26 ans. Après une formation de 13 semaines, ils signent un premier contrat de deux ans, qui peut être prolongé d’un second contrat de trois ans – la durée maximale a été allongée à sept ans à cause de la crise sanitaire. 

Trois ans de service en moyenne

Photo d’illustration.

Or actuellement, selon un ancien haut-gradé de l’Arme, les volontaires servent en moyenne trois ans dans la Gendarmerie. Pour ensuite partir dans le privé ou en police municipale. Tandis que ceux qui deviennent sous-officiers doivent repasser par une des écoles de Gendarmerie. Alors qu’ils ont déjà appris une partie de leur métier comme volontaire. Résultat? Chaque année, selon le calcul du général (2S) de corps d’armée Alain Giorgis, ancien commandant des écoles de la Gendarmerie, les gendarmes doivent former 4.500 volontaires. 

Lire aussi: Info L’Essor – La Gendarmerie envisage la création d’un corps d’engagés à la place des GAV

Une formation initiale indispensable qui a un coût pour la Gendarmerie et met en tension ses écoles. Tout n’est d’ailleurs pas parfait dans le système actuel. Les gendarmes adjoints volontaires sont parfois regardés de haut par des sous-officiers. Tandis que d’autres militaires pointent un manque de formation qui peut mettre en situation délicate ces jeunes lors de leur affectation en unité.

“C’est un système de formation qui tourne à plein régime et que l’on pourrait simplifier, permettant ainsi de soulager la formation, plaide un ancien gendarme. Le cadre d’engagé volontaire offrirait davantage de perspectives de carrière. Il permettrait une meilleure fidélisation et de garder davantage en unité les jeunes gendarmes sans les pénaliser dans leur carrière.”

A l’issue des ateliers d’idéation, en 2019, cette proposition de création d’un corps d’engagés militaires, voués à remplacer les gendarmes adjoints volontaires, avait en effet émergé. La proposition avait même été retenue dans la liste des 101 propositions d’évolutions soumises au ministre de l’Intérieur. Une idée toutefois toujours en discussion dans l’Arme.

GT avec PMG

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