lundi 12 avril 2021
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Le général Favier, directeur général de la Gendarmerie, en 2014, au congrès de l’UNPRG où il venait de plaider pour une grande fédération des associations. (M.GUYOT/ESSOR)
Le général Favier, directeur général de la Gendarmerie, en 2014, au congrès de l’UNPRG où il venait de plaider pour une grande fédération des associations. (M.GUYOT/ESSOR)

Les gendarmes et les associations: je t’aime, moi non plus

Les gendarmes sont des citoyens comme les autres. A ce titre, ils ont évidemment le droit de s’associer. Ce qui paraît une évidence pour le grand public a pourtant dû être conquis de haute lutte par les gendarmes, du moins pour ce qui concerne les associations professionnelles.

Le tissu associatif est dense au sein de l’Institution. La multitude d’associations sportives ou de loisirs en témoigne. Mais au-delà, les associations de soutien à l’Arme –comme les Amis de la Gendarmerie, dont l’objectif est de rassembler des gendarmes actifs, réservistes ou retraités ainsi que des amis de l’Institution– sont nombreuses.

Associations et gendarmes: une histoire ancienne

C’est que les gendarmes, depuis longtemps, aiment les associations. Une histoire ancienne, qui a longtemps rassemblé surtout des retraités de l’Arme. L’association à l’origine de la Fédération des retraités de la Gendarmerie a ainsi été fondée dès 1906, peu après la loi de 1901 sur les associations.

En se rassemblant, les anciens perpétuent d’abord le lien au sein de la grande famille de l’Institution. Les gendarmes vivent entre eux, en caserne, et se retrouvent aussi le temps de la retraite venu. Leur présence était ainsi évidente aux diverses cérémonies commémoratives ou traditionnelles de l’Arme.

La plus ancienne association, la FNRG, et l’UNPRG, plus jeune de quarante ans, envisageront de fusionner, sans jamais franchir le pas. En 1989, elles rejoindront la Snaag et le Trèfle –société d’entraide des officiers– au sein d’un comité d’entente informel.

Les relations entre ces entités s’officialiseront en 2000, dans le Comité d’entente des associations de la Gendarmerie. Elles resteront néanmoins fragiles. En 2006, la présidence, jusqu’ici tournante, est attribuée au président du Trèfle, tandis que, chaque année, les autres associations prennent alternativement la vice-présidence.

Pour cette raison, l’UNPRG quittera l’Entente quatre ans plus tard. Elle y gagnera une place à part dans les diverses instances, une représentation dont son président national s’enorgueillira, mais qui empêchera les associations de la Gendarmerie de présenter un front uni.

La malédiction de la division

La malédiction de la division touche en effet les associations de la Gendarmerie. Au-delà des oppositions qui les séparent, elle touche parfois l’association elle-même. L’UNPRG, dont certaines unions départementales sont scindées en secteurs qui ont pris leur indépendance, en sait quelque chose.

Les réservistes peuvent aussi en témoigner. Rassemblés au sein de l’Anorgend en 1995, ils ont vu une partie de leurs troupes faire sécession et fonder Resgend en 2004.

Une autre malédiction du monde associatif, ce sont les déboires judiciaires qui touchent les associations extérieures à l’Institution, celles qui visent à soutenir ses membres et leurs proches.

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Ainsi, Gendarmes de cœur ou l’AAMFG, l’Association d’aide aux membres et familles de la Gendarmerie ont l’une et l’autre vu leur président sanctionné par les tribunaux.

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La charte de la discorde

Au-delà de ces dévoiements, force est de constater que les associations peuvent être bénéfiques pour la Gendarmerie. C’est pour cela que la Direction générale a tenté d’accompagner un mouvement auquel elle ne pouvait pas s’opposer, en créant la Charte Gendarmerie des associations. Elle concrétise le souhait de l’ancien directeur général Denis Favier, venu plaider en 2014, au congrès de l’UNPRG, pour une grande fédération des associations, à l’image de ce que font les carabiniers.

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La Charte comprend aujourd’hui vingt-deux membres, dont l’une des deux associations professionnelles de l’Institution, AG&C. La seconde, Gend XXI, a refusé d’en faire partie, y voyant une atteinte à son indépendance.

La grande union des associations a du pain sur la planche.

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