samedi 31 octobre 2020
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Paris, le 11 janvier 2013, démonstration des instructeurs Centre national d'instruction nautique de la gendarmerie (CNING) lors du 15eme salon de la plongée sous-marine (Photo Matthieu Guyot l'Essor)
Paris, le 11 janvier 2013, démonstration des instructeurs Centre national d'instruction nautique de la gendarmerie (CNING) lors du 15eme salon de la plongée sous-marine (Photo Matthieu Guyot l'Essor)

Les gendarmes de la brigade fluviale veillent sur les cours d’eau d’Ile-de-France

Corps repêchés, victimes sauvées de la noyade, armes de la deuxième guerre mondiale, les gendarmes de la brigade fluviale de Conflans-Sainte-Honorine dans les Yvelines veillent sur les cours d’eau d’Île-de-France, recherchent des pièces à conviction et démantèlent les trafics en tous genres.

Ces hommes aguerris sont responsables de l’ensemble des voies navigables de la région, hormis celles de Paris intramuros. Sur ce réseau de 1.500 kilomètres, ils contrôlent les embarcations, assurent des missions de sauvetage et effectuent des recherches en cas d’enquêtes criminelles. “Entre les suicides, les homicides et les chutes accidentelles, nous avons repêché 70 corps en 2011 et 2012”, explique l’adjudant-chef Jean-Christian Siguier, commandant de la brigade.

Un entraînement physique intensif

La technique est toujours la même. Les enquêteurs subaquatiques plongent, par groupes de deux minimum, repèrent la personne et effectuent le maximum d’opérations sous l’eau. “On recense les traces criminelles éventuelles et les éléments d’identification comme un tatouage ou un bijou de famille. Une fois à l’air libre, un cadavre qui a séjourné dans l’eau se dégrade très rapidement – en une heure à peine – et toutes ces données sont inexploitables, ce qui peut nuire gravement à l’enquête” explique l’adjudant Jérôme Gaussard. Il faut ensuite emballer soigneusement les extrémités du corps dans des sacs plastiques pour préserver au mieux d’éventuelles traces ADN, puis attendre la venue du médecin légiste pour enfin le ramener à terre.

“Le travail est très physique. Il nous arrive de rester deux heures dans l’eau glaciale sans remonter à la surface avec plus de 30 kilos de matériels sur le dos et la visibilité n’est bien souvent que de quelques dizaines de centimètres”, souligne Stéphanie Lecuyer, la seule femme de l’équipe. L’entraînement est intensif. Chaque gendarme effectue une dizaine de plongées par mois et plusieurs heures de natation hebdomadaires dans une eau qui ne dépasse pas deux degrés en plein hiver. En décembre 2010, par exemple, “il a fallu casser la glace, cinq jours de recherches et six hommes-grenouilles pour localiser le corps d’un étudiant indien de l’école Polytechnique qui s’était noyé dans un étang gelé” et ainsi boucler l’enquête, se souvient M. Siguier.

Retrouver une pièce à conviction s’avère tout aussi délicat, mais reste indispensable dans certaines affaires. Un trousseau de clés a ainsi récemment permis de confondre l’auteur d’un meurtre. Les techniques de conservation sont là encore draconiennes. L’objet est précieusement conservé dans de l’eau prélevée à l’endroit où il a été repêché jusqu’à ce que les techniciens puissent l’exploiter.

Mine anti-chars russe et billets chinois

11 heures. L’adjudant-chef et deux de ses hommes partent effectuer un contrôle de routine à bord du Vaillant, un bateau pneumatique sur mesure qui, lancé à pleine vitesse, dépasse les 70 km/h. Objectif: un énorme convoi de la Compagnie fluviale de transport en partance pour le port de Rouen où l’attendent plusieurs milliers de tonnes de granulat. “Nous ne demandons plus aux bateliers de s’arrêter, pour ne pas les ralentir. Nous montons sur le bateau et effectuons les vérifications en marche”, explique l’adjudant Gaussard.

Un millier d’embarcations sont ainsi contrôlées chaque année par la brigade. “Il y a du trafic de déchets illégaux comme des pneus usagés, de l’électroménager en fin de vie. Nous sommes aussi particulièrement attentifs à la main d’œuvre qui est parfois en situation irrégulière”, explique le gendarme. Le trafic de stupéfiants est plus délicat à détecter. “Si nous n’avons pas de renseignement préalable, nous ne sommes pas autorisés à fouiller une embarcation et les grosses prises sont difficiles à effectuer”, déplore-t-il.

De retour à la gendarmerie, l’adjudant-chef exhibe, amusé, les objets les plus insolites repêchés par ses hommes: une mine anti-char d’origine russe, des obus de la deuxième guerre mondiale, des liasses de billets de banque chinois.

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