vendredi 27 novembre 2020
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Un gendarme du GIGN à Beynes (78). (Ph: M.GUYOT/ESSOR)
Un gendarme du GIGN à Beynes (78). (Ph: M.GUYOT/ESSOR)

Le GIGN fête ses quarante ans: “un sens aigu de la mission et de l’engagement”

“Le Groupe, c’est la somme de l’engagement individuel de fortes personnalités et d’une cohésion sans faille”: Alain Pustelnik, une des figures historiques du GIGN, qui fête samedi ses 40 ans, résume la  force de l’unité.

Né le 1er mars 1974, le Groupe d’intervention de la Gendarmerie nationale, ses membres disent simplement “le groupe” ou “le GI”, s’est construit une réputation internationale par des interventions spectaculaires en France et à l’étranger, racontent d’anciens de ses membres. Arrestation du leader indépendantiste basque Philippe Bidard (février 1988), opération dans la grotte d’Ouvéa (mai 1988), assaut de l’Airbus de Marignane (décembre 1994): le major Alain Pustelnik, 17 ans de GIGN, a accumulé décorations (Légion d’honneur, Médaille militaire, médaille de l’Aéronautique …) et “souvenirs très forts”.

En pointe sur les techniques d’assaut

A Marignane, il était le troisième à pénétrer dans l’Airbus d’Air France pour libérer les 173 otages d’un commando islamiste. Bilan: une balle dans chaque jambe et la “certitude que l’engagement individuel et la volonté du groupe” ont permis de réussir l’opération qui reste à ce jour la plus importante libération d’otages à bord d’un avion. “Aujourd’hui, analyse Alain Pustelnik, le GIGN est très en pointe sur les techniques d’assaut et s’est constamment amélioré à chaque intervention et dans ses contacts avec les groupes étrangers” (Delta américain, Cobra autrichien, GSG9 allemand, 22e SAS britannique …).

Dès sa création, le GIGN “a beaucoup inventé”, raconte Christian Prouteau, père fondateur de l’unité. Il cite la descente rapide depuis un hélicoptère le long d’une corde, immortalisée dans le film “Peur sur la ville” (1975) avec la participation de gendarmes du groupe. Il relève aussi le tir simultané employé à Djibouti (1976) pour abattre en même temps cinq des huit terroristes qui retenaient en otage 30 enfants français dans un bus.

“C’est le respect de la vie qui prime”

“Le GIGN est une unité qui a été créée pour s’adapter à une mission très spécifique, la guerre en temps de paix en développant ses propres outils et ses schémas d’intervention”, explique-t-il. Après des épreuves de sélection drastiques et un stage d’un an, les “jeunes doivent faire leurs preuves afin d’être admis et reconnus par les anciens”.

L’équipe d’alerte,une vingtaine d’hommes, doit pouvoir quitter la caserne ultra-moderne de Satory dans la demi-heure avec son matériel d’écoutes, de déminage et ses armes personnelles (revolver, pistolet, fusil de précision) de chaque gendarme. “Mais l’arme ne doit pas être le prolongement du courage, assure le père du GIGN, car c’est le respect de la vie qui prime”.

Pour Frédéric Gallois, commandant de l’unité de 2002 à 2007, “l’une des forces du GIGN, c’est son indépendance d’esprit et sa liberté de concevoir l’avenir par rapport à l’évolution des menaces”. La palette de ses interventions (terrorisme, grande criminalité, forcené …) lui “a donné une sensibilité opérationnelle unique”.

“Des opérations de haute intensité”

Les sous-officiers restent en moyenne 15 ans au GIGN, dont 12 à l’intervention, rappelle le général Thierry Orosco, commandant le GIGN depuis 2011. Au GIGN, les gendarmes peuvent faire plusieurs métiers (intervention, observation, protection, formation …). “Il faut gérer des individualités fortes dans un collectif soudé qui aura peut-être à faire face à des opérations de haute intensité”, comme les prises d’otages de masse de Beslan ou de Nairobi.

Commandant le GIGN à Ouvéa, une opération controversée qui s’était soldée par la mort de 19 indépendantistes du FLNKS et de deux militaires des forces spéciales en mai 1988 entre les deux tours de l’élection présidentielle, Philippe Legorjus estime que le GIGN est le “groupe le plus riche d’expériences dans l’histoire des unités antiterroristes”.

“Les membres du GIGN sont des individus hors pair fondus dans un esprit de corps très fort, avec un sens aigu de la mission et de l’engagement”, conclut le général Favier qui avait mené le groupe à l’assaut de Marignane.

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Un commentaire

  1. CORAZZA

    à l’origine c’était un noyau de l’ Escadron Para de Mt de Marsan , l’ em de Bordeaux avait passé commande de 6 Manhurin 357 MG et 40.000 cartouches chez Gerand, ces révolvers ont été à rude épreuve,un sacré banc d’essai. Le groupe de 24 hommes = 3×8 étaient au stand de tir tous les jours.Il y a eu de dégâts au point de susciter des interrogation chez le fabricant.
    responsable de la comptabilité armes et Mu à la Légion j’ai suivi cette période avec attention.

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