lundi 17 mai 2021
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Gendarmes adjoints - Gendarme adjoint volontaire lors d'une cérémonie aux Invalides à Paris. Les GAV sont agents de police judiciaire adjoints (APJA) - (Ph: M.GUYOT/ESSOR)
Gendarme adjoint volontaire (GAV) lors d'une cérémonie aux Invalides à Paris (Ph: M.GUYOT/ESSOR)

Le gendarme adjoint qui avait mortellement percuté un piéton à Sens condamné à 18 mois avec sursis

Le tribunal judiciaire de Sens, dans l’Yonne, a condamné hier à dix-huit mois de prison avec sursis un gendarme adjoint volontaire (GAV) accusé d’avoir tué un piéton en 2017. Une peine justifiée par le fait que le prévenu était dans l’exercice de ses fonctions lors de l’accident.

Le drame a eu lieu un 22 novembre. Avec un de ses collègues réserviste, le GAV a été chargé d’escorter un homme gardé à vue depuis Migennes jusqu’à l’hôpital de Sens pour le faire examiner par un psychologue.

Il heurte un joggeur et le tue sur le coup

Au volant, ce jeune homme aujourd’hui âgé de 23 ans roule à vive allure. Son supérieur lui a demandé de “foncer à Sens, pour ne pas être en retard au rendez-vous”. Gyrophare et sirène allumés, il est un peu plus de 19 heures quand l’escorte arrive au sud de Sens. En cherchant à dépasser un véhicule, le conducteur s’engage sur la voie opposée. Mais sa voiture heurte le trottoir d’en face et part en zig-zag. Il tire alors sur le frein à main pour tenter de reprendre le contrôle. Un réflexe qui, selon les conclusions de l’expertise, va aggraver la situation. Le véhicule de gendarmerie termine en effet sa course folle contre un arbre, percutant simultanément un joggeur de 53 ans qui sera tué sur le coup.

Les expertises en accidentologies sont accablantes. Elles concluent à une vitesse excessive (89 km/h sur une voie à 50 km/h) et à une prise de risque délibérée.

Le profil du gendarme adjoint en question

Le récit du procès est livré par France Bleu. A la barre, le prévenu reconnait qu’il n’avait auparavant jamais utilisé le frein à main à grande vitesse. A la question de savoir s’il s’agissait d’un déplacement urgent, il répond: “Non, je ne pense pas“. Et d’autres éléments compliquent son dossier. Notamment le fait qu’il était titulaire du permis de conduire seulement depuis un an. Ce qui aurait dû l’inciter à la prudence remarque le tribunal.

En outre, le jeune homme a été contrôlé en septembre 2018 au volant d’un véhicule alors qu’il était placé sous contrôle judiciaire avec interdiction de conduire. “On se pose la question de votre rapport à vos obligations et à l’autorité“, insiste le président. Le GAV se plierait ainsi difficilement aux exigences de l’Institution. Son évaluation professionnelle note en particulier des manquements aux règles de sécurité sur le port d’arme.

Pour sa défense, il évoque ses conditions de travail difficiles. “J’étais fatigué ce soir-là, il était 19 heures, j’avais commencé à 7h30 le matin. C’était la fin de mon service, mais comme on manque d’effectifs à la brigade et on ne peut pas refuser de se rendre disponible“. “Il était sous pression, insiste la défense. Je vous rappelle la difficulté qu’il y a à obtenir des expertises psychologiques pour la justice”

Et sa hiérarchie ?

La question de la responsabilité de sa hiérarchie sera également soulevée. Ce jeune gendarme adjoint volontaire a en effet été nommé chef d’escorte pour la première fois, une circonstance qui aurait dû imposer à ses côtés la présence d’au moins un gendarme titulaire.

Lire aussi: Violences conjugales: ses collègues inquiets, un gendarme condamné à un stage de sensibilisation

Toujours est-il que le tribunal a décidé de suivre les réquisitions du parquet. Il prononce une peine de dix-huit mois avec sursis, assortie d’une interdiction de repasser le permis de conduite pendant six mois. L’Etat, via son agent judiciaire du Trésor, devra en outre indemniser la famille de la victime à hauteur de 219.000 euros.

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5 Commentaires

  1. Deschamps

    On dirait que ça amuse l’essor que de diffuser ici et sur Google les condamnations prononcées à l’encontre de G.A.et gendarmes.

    • Alain Dumait

      Nous proposez-vous de ne pas le dire ? De le taire ?…

    • Blanc

      Cela montre le soucis de transparence et d exemplarité.
      Sous l uniformes il y a des femmes et des hommes et ils peuvent commettre des erreurs malgré leurs professionnalisme.

  2. MICHELE HUART

    Il est tout à fait louable de reconnaître les failles dans une affaire ! que cela implique des FO ou des usagers.
    Mais je trouve que ce gendarme a quelques problèmes de comportements d’après l’article et on peut se demander si il a vraiment sa place dans la Gendarmerie. Il écope de sursis sans être révoqué. Dans la société civile, vous tuez quelqu’un le jugement est souvent plus accablant et l’employeur licencie le condamné !

  3. Blanc

    Cela montre le soucis de transparence et d exemplarité.
    Sous l uniformes il y a des femmes et des hommes et ils peuvent commettre des erreurs malgré leurs professionnalisme.

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