vendredi 30 octobre 2020
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Le ministre de l'Intérieur Manuel Valls lors de l'hommage aux deux gendarmes tuées à Collobrières (Photo Matthieu GUYOT/Essor)
Le ministre de l'Intérieur Manuel Valls lors de l'hommage aux deux gendarmes tuées à Collobrières (Photo Matthieu GUYOT/Essor)

La feuille de route de Manuel Valls aux policiers et gendarmes

Le ministre de l’Intérieur Manuel Valls a présenté mercredi les grandes lignes de son action contre la délinquance où la politique du chiffre est bannie, les rapports entre police et justice sont apaisés, et le projet de récépissés délivrés lors des contrôles d’identité enterré.

Se présentant comme le “premier flic de France” devant les directeurs départementaux de Police (DDSP) et les commandants de groupements de Gendarmerie réunis à Paris, le ministre a critiqué “la fiabilité de la statistique publique de la délinquance et la sincérité dans son maniement” par les équipes du précédent gouvernement.

Passant en revue les différentes manières d’arranger les chiffres de la délinquance et les taux d’élucidation (reports statistiques du fait d’enregistrements clos le 26ème ou 27ème jour du mois, les déqualifications judiciaires injustifiées, les déperditions entre logiciels), le ministre a déclaré “toutes ces pratiques, là où elles avaient cours, doivent cesser sans délai”. “Il faut sortir de l’instrumentalisation politique et médiatique permanente de données, trop hétérogènes pour être significatives, ou trop agrégées pour ne pas être manipulables” a dit le ministre. De nouveaux indicateurs seront plus précis et prendront en compte ainsi “les conflits dans la sphère familiale qui n’étaient pas isolés d’autres actes de violence”, a-t-il indiqué.

“La transparence statistique étant la meilleure garantie d’un débat public lucide et éclairé sur les questions de sécurité”, il entend proposer à la garde des Sceaux et au Premier ministre “un renforcement des garanties d’indépendance de l’Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales (ONDRP)”.

Évoquant la souffrance au travail de certains policiers, le ministre a mis en garde les responsables contre les risques de suicide sans le nommer: “L’uniforme ne protège pas toujours du stress ou des angoisses, qu’elle qu’en soit l’origine. Soyez à l’écoute des souffrances exprimées et efforcez-vous de détecter les signes annonciateurs, afin d’actionner les structures d’accompagnement qui existent dans vos directions générales”.

Il a aussi exhorté les responsables à communiquer avec la presse et avoir des relations apaisées avec la justice: “La Police et la Gendarmerie doivent nécessairement travailler en parfaite intelligence avec la justice (…) je n’admets pas que l’institution judiciaire soit systématiquement critiquée comme elle le fut dans un passé récent”.

Enfin, Manuel Valls a souhaité que soient soient “pleinement utilisés et valorisés” les atouts de professionnalisme des services d’information générale de la Police (SDIG, qui ont repris certaines des prérogatives des ex-RG, renseignements généraux) en matière de renseignement, y compris “en milieu fermé” et face aux risques terroristes. A cet égard, il s’est d’ailleurs déclaré favorable à des “relations fonctionnelles entre renseignement intérieur” (la DCRI) et les Sdig.

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