L'Essor

La direction générale réfléchit à une augmentation des effectifs de la gendarmerie mobile

Des gendarmes mobiles (Crédit photo MG/L'Essor).

Des gendarmes mobiles (Crédit photo MG/L'Essor).

Les effectifs de la gendarmerie mobile vont-ils repartir à la hausse? La direction générale étudie le dossier alors que la crise des Gilets jaunes éreinte les forces. En cinq mois, les escadrons ont été massivement employés.

Ce mercredi 11 avril, le patron des gendarmes, auditionné à l’Assemblée nationale, a révélé qu’une réflexion était en cours dans l’Institution. Un questionnement logique après l’emploi massif des gendarmes mobiles dans les opérations de maintien de l’ordre des manifestations des Gilets jaunes.

Le rassemblement des Gilets jaunes le samedi 1er décembre (Crédit photo: capture d’écran Euronews).

Augmentation

“Nous sommes en train de réfléchir à une augmentation des unités“, a annoncé Richard Lizurey, le directeur général. La hausse envisagée des effectifs des escadrons de gendarmerie mobile puiserait dans le contingent d’emplois supplémentaires déjà prévu. A son élection, Emmanuel Macron a promis de recruter 7.500 policiers et 2.500 gendarmes en plus sur cinq ans. L’augmentation des effectifs en gendarmerie mobile permettrait, ajoute le général d’armée, “de redonner de la marge aux escadrons”.

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La crise des Gilets jaunes a rincé les gendarmes mobiles, avec, par exemple, le 8 décembre 2018, la mobilisation de 106 escadrons de gendarmerie mobile sur 109. Depuis le 17 novembre, ils sont sur le pont. Au point que certains militaires mobilisés dans cette opération de maintien de l’ordre n’ont bénéficié que de deux week-end de repos en cinq mois!

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Stage de recyclage

Cet effort intense remet en question l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée. Et pour les unités, les conséquences de cette crise sont inquiétantes. Tous les deux ans, les escadrons doivent faire un stage de recyclage au centre national d’entraînement des forces de Gendarmerie (CNEFG) de Saint-Astier (Dordogne). En ce début d’année 2019, certains escadrons attendent maintenant ce stage depuis trois ans.

“C’est une préoccupation, car la formation est essentielle, souligne Richard Lizurey. Mais la priorité est de trouver des périodes de repos pour les gendarmes mobiles.”

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Pour que les escadrons retrouvent les chemins de la formation, l’une des pistes est de découper le stage en modules plus courts. Ces derniers pourraient alors être enseignés ailleurs qu’à Saint-Astier.

Actuellement, on compte environ 13.000 gendarmes mobiles. Un chiffre revu à la hausse pour la dernière fois en 2016, avec la création d’un escadron, le 20/1 de Rosny-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), et l’ajout d’un peloton supplémentaire dans 22 escadrons.

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On ignore pour le moment l’ampleur de la nouvelle augmentation aujourd’hui envisagée. Une chose est sûre: la gendarmerie mobile devrait évoluer. En témoigne ce commentaire du directeur général à propos de la formation. Il estime que “le modèle est aujourd’hui moins adapté à la situation opérationnelle“.

Gabriel Thierry.