mercredi 30 septembre 2020
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Couverture du livre de Bertrand Soubelet
Couverture du livre de Bertrand Soubelet

La charge d’un général de gendarmerie en exercice contre le gouvernement

Le général de gendarmerie Bertrand Soubelet fait “sauter le verrou” qui interdit aux militaires de s’exprimer, dans un livre présenté comme “une contribution citoyenne sans aucun esprit partisan” mais rédigé comme une charge contre le gouvernement.

Dans “Tout ce qu’il ne faut pas dire”, à paraître chez Plon le 24 mars, l’ex-numéro 3 de la gendarmerie, aujourd’hui commandant de l’Outre-mer, revient sur son audition le 18 décembre 2013 par la commission de “lutte contre l’insécurité” à l’Assemblée nationale, qui le fera sortir de l’anonymat.

Ce jour-là, le directeur des opérations et de l’emploi à la direction générale de la gendarmerie (DGGN) exprime des réserves sur la politique pénale face aux délinquants, relevant notamment que, “dans les Bouches-du-Rhône en novembre 2013, 65% des cambrioleurs interpellés sont à nouveau dans la nature”. “Je ne roule pour personne. Mais je dis les choses avec clarté. C’est celle-ci qu’on va me faire payer. Cher”, assure aujourd’hui le général, affirmant tirer de ce fait d’armes “une certaine légitimité” pour “contribuer au réveil collectif”.

Ses propos, révélés le 6 janvier, lui avaient attiré les foudres de sa hiérarchie et du ministre de l’Intérieur de l’époque, Manuel Valls, mais lui avaient gagné la sympathie de nombreux gendarmes de base saluant, sur les réseaux sociaux, le “général courage”. Il est muté à l’été 2014 au commandement de la gendarmerie de l’Outre-mer, un poste qualifié de “prestigieux” par Beauvau à l’époque mais une décision vécue par Soubelet comme une “éviction”.

Alors, dans un livre fourre-tout nourri d’un populisme décomplexé, il dit vouloir “résister activement au cynisme et à l’hypocrisie”, se risquant à une expression publique inédite pour un haut-gradé en exercice de la gendarmerie, qui laisse présager de possibles sanctions. Il fustige ainsi “le mirage de la sécurité” et s’en prend à un “système judiciaire qui n’est pas en capacité de répondre”. Il attaque notamment les magistrats “jusqu’au-boutistes”, “qui se sentent investis d’une +mission divine+”, et ceux qui “exercent leur métier à l’aune de leurs idées philosophiques ou politiques”.

“Souci du coup politique”

Dénonçant “une déperdition certaine de notre système de valeurs”, il souhaite pour les jeunes des “centres d’éducation par le travail” et “un service national rénové”, civil et obligatoire, de quelques mois. Convaincu de l'”atomisation de la société française”, le général s’en prend pêle-mêle au système syndical “dispendieux”, aux partis politiques “globalement disqualifiés”, au coût de la démocratie, à la fraude fiscale…

Mais ses mots les plus durs vont aux responsables politiques. Ils “se sentent souvent acculés à des renoncements face à la pression de la rue et à des annonces péremptoires très médiatisées et rarement suivies d’effets avec en permanence le souci du coup politique qui permet de briller ou qui compense un échec”, affirme-t-il, citant l’affaire Leonarda, l’adolescente rom dont l’expulsion de France avait créé une polémique en 2013.

Si le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve est absent du livre et Manuel Valls à peine nommé, son prédécesseur à Matignon, l’actuel chef du Quai d’Orsay Jean-Marc Ayrault, est directement attaqué. Le général revient sur un déjeuner en juin 2013 réunissant les grands patrons de la police et de la gendarmerie, chargés d’exposer au Premier ministre d’alors la situation de la délinquance dans le pays.

“Ce jour-là, on pouvait percevoir ce que j’ai interprété au mieux comme étant du détachement, au pire comme de l’ignorance, dans les réactions du Premier ministre concernant les questions de sécurité”, déplore M. Soubelet. Le “décalage” entre politiques et responsables militaires s’est creusé, tranche-t-il, osant revendiquer les mânes du général de Gaulle “dont la haute silhouette domine encore une grande partie de la vie politique actuelle”.

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Un commentaire

  1. Deshayes

    Je félicite le courage de cet homme qui agit dans l’esprit même de nos institutions, a savoir, que la Gendarmerie a été créée pour protéger la Nation, et non pas pour être aux services d’escrocs.

    Je pèse mes mots qui expriment un avis assez large d’une population lassée de voir leur Liberté restreindre chaque jour davantage, par les Lois liberticides et qui protègent les délinquants, de voir l’indépendance financière disparaître aux profits de banques privées, économique au profit du TAFTA et militaire sous l’autorité de L’OTAN.

    Trop c’est trop.

    Le vase déborde.

    Encore merci

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