lundi 28 septembre 2020
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Un ex-capitaine de gendarmerie jugé en appel à Aix-en-Provence pour le détournement de 95 kg de cannabis a regretté mercredi le "coup de sang" qui l'avait poussé en 2007 à détruire, seul, cette drogue dont il voulait se débarrasser depuis des semaines.

Cour d’appel d’Aix-en-Provence : l’ex-gendarme nie et regrette un “coup de sang”

Un ex-capitaine de gendarmerie jugé en appel à Aix-en-Provence pour le détournement de 95 kg de cannabis a regretté mercredi le “coup de sang” qui l’avait poussé en 2007 à détruire, seul, cette drogue dont il voulait se débarrasser depuis des semaines.

“Il y avait une inertie totale, et ça ne concernait pas que les scellés de stupéfiants, c’était tous les scellés”, a décrit François Levan, évoquant la situation dans la brigade où il était arrivé quelques mois auparavant pour commander le groupement de Fréjus. Relancé par la présidente Monique Zerbib, qui s’étonne qu’il n’ait trouvé personne pour l’accompagner lors de cette destruction, pour assurer qu’elle avait bien eu lieu, le prévenu lance : “J’ai eu un coup de sang, je me suis dit +y en a marre+”. “Évidemment, avec le recul, je n’aurais pas dû le faire”, poursuit le gendarme qui comparait libre.

Des achats financés à crédit

Il affirme avoir détruit les 95 kg de drogue – d’une valeur estimée à environ 200.000 euros – seul, sur un terrain de Roquebrune-sur-Argens où la municipalité avait pour habitude de procéder à des incinérations : “Je peux comprendre que ça suscite l’incompréhension, mais je suis comme ça, je restais pas dans mon bureau, je suis un hyperactif”. Évoquant l’achat d’une Porsche Cayenne et d’une villa à 500.000 à Saint-Raphaël – qu’il a revendus depuis mais qui avaient attiré l’attention des enquêteurs se penchant sur son affaire -, M. Levan a aussi expliqué qu’ils avaient été réalisés grâce à un héritage – et qu’en outre, le véhicule était d’occasion, et la ville achetée entièrement à crédit.

En première instance, le tribunal correctionnel de Draguignan avait annulé la procédure le visant au motif que les droits de la défense n’avaient pas été respectés, citant notamment la convention européenne des droits de l’homme. Le parquet avait interjeté appel de cette décision.

Condamné en février pour une affaire similaire

Les avocats de M. Levan, ont à nouveau demandé devant la cour d’appel d’Aix-en-Provence l’annulation de cette procédure, ainsi que l’ouverture d’une information judiciaire, Me Olivier Morice évoquant “un scandale total”: “Je suis persuadé que si M. Levan est condamné aujourd’hui, la France le sera devant la Cour européenne des droits de l’homme”.

L’ex-officier, devenu dirigeant d’un hôtel et qui avait dirigé l’antenne bastiaise de la section de recherches de la gendarmerie en Corse avant d’être muté à Fréjus, a par ailleurs été condamné à cinq ans de prison en février pour une affaire similaire de détournement de saisies de stupéfiants – qu’il dit aussi avoir détruits seul -, révélation de contenu d’enquête et divulgation d’écoutes téléphoniques en dehors du cadre légal.

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