dimanche 18 août 2019
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Le ministre de l'Intérieur Claude Guéant a présenté mardi les "excuses" de la Gendarmerie aux familles des victimes, au lendemain de l'accident d'un fourgon conduit par un gendarme qui a fauché un groupe d'écoliers de Joué-les-Tours (37), tuant une fillette et blessant grièvement six enfants.

Guéant présente aux familles les “excuses” de la Gendarmerie

Le ministre de l’Intérieur Claude Guéant a présenté mardi les “excuses” de la Gendarmerie aux familles des victimes, au lendemain de l’accident d’un fourgon conduit par un gendarme qui a fauché un groupe d’écoliers de Joué-les-Tours (37), tuant une fillette et blessant grièvement six enfants.

“Je voulais, au nom de la Gendarmerie, dire aux familles toutes les excuses de cette Arme”, a déclaré M. Guéant lors d’un bref point-presse à l’école primaire Mignonne de Joué-les-Tours, dans la banlieue sud de Tours, alors que deux enfants se trouvaient toujours entre la vie et la mort.

M. Guéant s’est rendu vers 9h30 dans cet établissement de près de 200 élèves en compagnie de son homologue de l’Education nationale Luc Chatel. Ils ont rencontré pendant une demi-heure des familles de victimes et une équipe éducative encore sous le choc.

Alors que ce drame a provoqué une vive émotion dans le quartier populaire de la Rabière, où est située l’école, M. Guéant a promis une enquête transparente sur les causes de l’accident. Il a rappelé qu’il avait lancé dès lundi soir une enquête administrative “à la demande du président de la République”, en complément de l’enquête judiciaire.

“L’enquête, je le dis clairement, se déroulera de façon absolument claire. Rien ne sera caché, tout sera fait pour que nous connaissions la vérité” sur ce “drame épouvantable qui a bouleversé la France”, a-t-il indiqué.

Le gendarme qui conduisait la fourgonnette a expliqué avoir perdu le contrôle de son véhicule après avoir heurté le trottoir avec une roue arrière.

Son fourgon a ensuite percuté un groupe de 23 écoliers de CM1 et CM2 qui marchaient sur le trottoir, avec un bilan très lourd: une fillette de 8 ans tuée, deux enfants dans un état critique, quatre blessés graves. Tous les blessés légers avaient quitté l’hôpital mardi matin.

L’hypothèse d’un dérapage sur une plaque d’huile avait été évoquée lundi par les autorités, mais le procureur de Tours Philippe Varin a affirmé mardi qu'”a priori il n’y a pas de tache d’huile”.

Les ministres se sont ensuite rendus, en toute discrétion, au chevet des jeunes victimes, regroupées à l’hôpital pour enfants Clocheville de Tours.

L’école primaire Mignonne a accueilli normalement les écoliers mardi matin.

Une cellule psychologique a été mise en place.

La plupart des familles refusaient de répondre aux nombreux journalistes, mais leur émotion était palpable. A quelques centaines de mètres de l’établissement, quelques femmes très émues déposaient des fleurs sur les lieux de l’accident.

Isabelle Lardot, 44 ans, explique vivre “difficilement” le drame: son fils, scolarisé en CM1, “connaissait” la fillette décédée. “Il n’y croit pas, il a du mal à réaliser. C’est très dur pour un enfant de neuf ans d’apprendre ce genre de chose””, explique-t-elle, les yeux rougis.

Il a repris les cours ce matin, “il ne faut pas que la vie s’arrête”. “On va aller à la cellule psychologique”, dit-elle.

Catherine Renoux, 42 ans, mère d’une fillette scolarisée en CM2, raconte que celle-ci a “du mal à comprendre” qu’un gendarme, “censé protéger les gens”, soit impliqué dans l’accident. “Elle me dit: “j’espère qu’il va être puni”. Moi je lui explique que c’est un homme comme les autres, ça aurait pu

arriver à n’importe qui”.

Quant à l’instituteur qui accompagnait les enfants, “il devait partir à la retraite à la fin de l’année scolaire”, précise Mme Renoux.

Le gendarme, toujours en garde à vue en milieu de journée, pourrait être mis en examen dans la journée pour homicide involontaire et blessures involontaires, selon le procureur Philippe Varin. “Il est très, très, très mal, il est complètement effondré”.

Un point-presse du procureur est prévu à 15h30.

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