jeudi 1 octobre 2020
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Le tribunal correctionnel de Paris a condamné mardi deux sous-officiers de gendarmerie à des peines de prison avec sursis pour avoir harcelé une jeune collègue, avec, pour l'un d'eux, une interdiction définitive d'exercer.

Peines de prison avec sursis pour les deux gendarmes harceleurs

Le tribunal correctionnel de Paris a condamné mardi deux sous-officiers de gendarmerie à des peines de prison avec sursis pour avoir harcelé une jeune collègue, avec, pour l’un d’eux, une interdiction définitive d’exercer.

Le plus gradé, un adjudant de 38 ans, a écopé de la peine la plus lourde, huit mois avec sursis, et 2.500 euros de dommages et intérêts, mais sans interdiction d’exercer, alors que le parquet en avait requis une de cinq ans. Le maréchal des logis-chef, 37 ans,  a été condamné à six mois de prison avec sursis et 1.500 euros de dommages et intérêts. Comme le demandait la procureure, qui avait souligné son “habitude ancienne” de tenir des propos “particulièrement grossiers” aux femmes, il a été puni d’une interdiction définitive d’exercer.

Pour ce qui concerne les peines, le tribunal n’a pas suivi le parquet, qui avait demandé un an avec sursis, sans faire la différence entre les deux hommes. L’avocate de la victime, 26 ans s’est malgré tout dite “très satisfaite” mardi.  “Aujourd’hui dans la +Grande muette+ le silence c’est terminé, la parole est libérée”, a dit Me Élodie Maumont, lançant : “Quel combat, quel combat long et douloureux.”

A l’audience le 2 février, la gendarme avait accablé ces deux gradés de la brigade de Joigny, sur les bords de l’Yonne, où elle a travaillé d’octobre 2012 à novembre 2013.

“Ça te dit un plan à trois?” ; “Fais-moi une pipe”; “Les Réunionnaises, elles sont chaudes, montre-moi ce que tu sais faire”. Sans compter des “gémissements” sur son passage, ou un geste obscène mimé avec une matraque… “C’était normal, c’était habituel”, avait-elle dit. Elle a été affectée en région parisienne en février 2014.

Jacques Bessy, ancien colonel de gendarmerie, président de l’Association de défense des droits des militaires (Adefdromil), partie civile, a parlé de peines “exemplaires”, et d’un “message très clair aux harceleurs qui servent dans l’armée.” Tous deux se sont étonnés du fait qu’aucune interdiction d’exercer n’ait été prononcée contre le plus gradé des gendarmes, mais ont rappelé que la procédure disciplinaire interne n’était pas terminée.

Marié, père d’un enfant de dix ans, le maréchal des logis-chef était suspendu d’emploi” depuis décembre 2013 et en demi-solde avec interdiction de porter son uniforme et son arme et de se rendre dans une unité de gendarmerie. Marié avec trois enfants, l’adjudant, également suspendu, avait pris un congé parental sans solde.

L’avocate du maréchal des logis-chef, Me Véronique Costamagna, a estimé qu’il y avait dans la gendarmerie un “apprentissage (à faire) des deux côtés”, hommes et femmes, ces dernières devant selon elle “s’abstenir de faire référence à leur féminité” au travail.

La porte-parole de la gendarmerie, le lieutenant-colonel Karine Lejeune, n’a pas souhaité commenter la décision du tribunal. Mais, a-t-elle assuré, “la gendarmerie nationale applique la tolérance zéro pour ce type d’agissements et des sanctions disciplinaires sont actuellement à l’étude”.

“Depuis mars 2014, la gendarmerie a déployé un dispositif de signalement des discriminations pour libérer la parole”, a-t-elle ajouté.

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