lundi 24 février 2020
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Facebook Gendarmerie nationale
Facebook Gendarmerie nationale

Facebook, le nouvel atout « proximité » des gendarmes

La Gendarmerie est à la page. Elle le prouve ! En octobre, une 83ème page Facebook a été ouverte au nom du groupement de gendarmerie du Puy-de-Dôme. La grande majorité des départements sont désormais couverts par le fameux réseau social. Cette présence accrue est un phénomène récent. La Gendarmerie a officialisé en 2012 ses pages ouvertes au nom des groupements. Le Directeur général Denis Favier a confié la responsabilité et par conséquent, la ligne éditoriale des ces pages aux commandants de groupements.

Un outil au service de la communication 

Cette présence sur le numéro un des réseaux sociaux (30 millions d’utilisateurs mensuels en France) est perçue, par la plupart des groupements ayant adopté une page officielle, comme un sérieux avantage de terme de communication. « Un des premiers rôles de notre page Facebook est d’expliquer ce qu’on fait, de montrer d’autres facettes de la Gendarmerie et de sortir des images d’Epinal notamment sur la sécurité routière », affirme le colonel Ghislain Réty, commandant de groupement de gendarmerie de la Gironde, chargé de la page. Interpellations, contrôles de vitesse, interventions des gendarmes sur des accidents, résultats des grandes opérations de sécurité routières menées sur le département : les missions de la Gendarmerie sont mises en exergue dans la plupart des « posts » (publications mises en ligne).

Le nombre d’abonnés à ces pages officielles ne cesse d’augmenter. Ainsi, celle de la Gironde, recueille quelque 25.000 mentions « j’aime ». C’est la deuxième page la plus consultée après celle du Var (37.000 mentions « j’aime »), historiquement la plus ancienne.

facebook gendarmerie du Var
La page Facebook de la Gendarmerie du Var et ses 37.000 mentions “j’aime”

« On mesure la popularité de la page au nombre de « j’aime », mais le plus important est quand même le nombre de partages, c’est le meilleur moyen de vérifier que les messages sont bien passés », explique le chef d’escadron Franck Chacon, adjoint renseignement au groupement de gendarmerie de l’Indre.

Les internautes peuvent en effet partager un contenu édité sur une page Facebook, c’est à dire relayer l’information en la publiant sur leur propre profil (page créée au nom d’une personne physique). Les gendarmes chargés d’une page Facebook sont unanimes, cette option se révèle particulièrement utile lors des appels à témoins. « Le signalement d’une personne suspecte à Châteauroux a recueilli dernièrement 110 « j’aime » et 500 partages. Les appels à témoins sont très partagés, c’est ce qui fonctionne le mieux », affirme ainsi l’officier Franck Chacon.

Si les appels à témoins relayés sur Facebook permettent rarement de résoudre des affaires, il en est tout autrement avec la publication de listes d’objets volés. « Grâce à Facebook, on a identifié plus de 150 vols de bijoux depuis l’ouverture de la page, se félicite le colonel Réty. Depuis, j’ai même créé un site dédié www.objets-voles.fr, plus facile à exploiter au niveau national ».

Outre les appels à témoins, la page Facebook permet aux gendarmes de s’adresser directement à la population via des messages de vigilance suite à des cambriolages ou escroqueries à la carte bancaire. Les internautes ont aussi la possibilité de commenter les « posts » des gendarmes, voire de s’adresser directement à eux par message privé. « Nous avons beaucoup de demandes de renseignements, notamment dans le cadre de procédures judiciaires, nous orientons alors les personnes vers les services concernés », évoque le chef d’escadron Jean-Michel Hochart, chef d’état-major du groupement de gendarmerie de l’Oise. Même écho du côté de la gendarmerie de Gironde : « On reçoit, en général, une dizaine de messages privés par jour : questions professionnelles sur le groupement, personnes qui attirent l’attention sur tel ou tel phénomène, demande de renseignements (…) il y a un rôle pédagogique à accomplir, affirme le colonel Réty qui ne s’étonne plus de la rapidité avec laquelle les informations sont partagées : « dans les deux ou trois heures qui suivent et après ça redescend, l’effet est celui d’une courbe de Gauss très concentrée ».

Appel à la vigilance sur les escroqueries à la carte bancaire par le groupement de Gendarmerie de l'Indre
Appel à la vigilance sur les escroqueries à la carte bancaire par le groupement de Gendarmerie de l’Indre

Publier au moins un “post” par jour

Mais pour être lus, encore faut-il que les gendarmes sachent se positionner sur le réseau. C’est l’objet du « Guide du bon usage des médias sociaux au sein de la Gendarmerie nationale » rédigé par le Sirpa Gendarmerie (Service d’informations et de relations publiques des armées). C’est un guide des bonnes pratiques des réseaux sociaux qui encourage notamment les gendarmes à publier de manière régulière. Les responsables départementaux des pages Facebook de la Gendarmerie, en l’occurrence, les commandants de compagnie, sont priés de s’y conformer. « Pour qu’un page fonctionne bien, il faut d’abord qu’elle soit active, on conseille de publier au moins un post par jour, explique à « L’Essor » le chef d’escadron Frédéric Allamand, chef de la section médias sociaux Twitter au Sirpa Gendarmerie. Au-delà du rappel des règles d’encadrement juridique (confidentialité, droit à l’image, respect de la propriété intellectuelle,…), une série de conseils sont donnés aux gendarmes afin de « bien publier ». Cela va de l’adoption d’un ton  « décontracté et complice » à l’analyse de sa présence sur les médias sociaux.

Angler ses sujets, garder le contrôle des commentaires, provoquer des interactions. La charge de travail est dense. Parfois, une seule personne s’occupe de la page, généralement le commandant de groupement ou son adjoint, mais la plupart du temps, plusieurs officiers se relaient.

La gestion de la page a ainsi été confiée à une équipe de quatre gendarmes dans l’Indre, à trois gendarmes dans l’Oise et dans le Pas-de-Calais, au commandant de groupement en Gironde.

Lorsqu’on sait que les utilisateurs de Facebook passent en moyenne 46 minutes par jour sur ce réseau, on peut se demander si la mission n’est pas chronophage pour les gendarmes. Interrogés, ils disent y passer en moyenne de 1 heure et demi à 2 heures en moyenne chaque jour, sur leur temps de travail. « Au final, même si ça prend un peu de temps sur le travail, on s’y retrouve en terme de remontées de renseignements, d’échanges avec les usagers, analyse le commandant Franck Chacon, par rapport à d’autres actions comme les conférences qui peuvent nous prendre facilement un après-midi devant un auditoire. Là on touche 2.000 à 2.500 personnes de manière instantanée, c’est une façon d’être au service du public via un moyen moderne ». Du temps perdu ? Certainement pas, assure le colonel Réty. « Je pense que la communication au sens large du terme fait partie des missions importantes de la part d’un groupement : faire c’est bien, faire savoir c’est mieux, prévenir c’est encore mieux », affirme l’officier.

Vidéo "Retour vers le futur 2" postée sur la page du groupement de Gironde
Vidéo “Retour vers le futur 2” postée sur la page du groupement de Gironde

Pour animer leur page et provoquer les interactions, certains font preuve de créativité. Dernièrement, le groupement de gendarmerie de Gironde a monté une vidéo mêlant actualité et référence au film « Retour vers le futur 2 ». La publication a généré près de 300 partages. Si le côté insolite retient l’attention, il n’est pas toujours là où on le pense. En juin 2014, ce même groupement lance un appel aux bonnes volontés pour trouver un nouveau foyer à Brix, un berger allemand ayant atteint l’âge de la retraite après avoir participé aux recherches de personnes disparues avec les gendarmes. Cette publication a été partagée plus de 2 millions de fois et le groupement a reçu environ 5.000 appels. Le colonel Réty ne s’attendait pas à un tel succès !

Une gestion quotidienne complexe 

Si la présence des gendarmes sur Facebook n’est plus à démontrer, l’usage quotidien de ce réseau s’avère parfois complexe. « A partir du moment où on est estampillé « Gendarmerie nationale », on a cette exigence de vérité, on doit mettre de l’information utile,…là où ce n’est pas simple, c’est que l’on doit rester dans le ton des réseaux sociaux. On intéresse pas les gens si on est trop institutionnels », admet le commandant Allamand du SIRPA Gendarmerie. L’humour est donc toléré dès l’instant où il ne remet pas en cause la crédibilité de la Gendarmerie. « On adopte un ton un petit peu décalé pour avoir un contact direct avec les gens, témoigne le commandant Chacon, un peu d’humour à l’occasion mais assez « soft » pour ne pas donner une image trop humoristique de la Gendarmerie ».

Cela n’empêche pas quelques rares dérives. Dernier exemple en date, l’illustration choisie par les gendarmes de Charente pour parler de l’interpellation de deux Roumains. Un photo-montage de la couverture du dernier album d’Astérix réintitulé pour l’occasion « ils sont filous ces Roumains » a été publié, puis rapidement retiré. « Typiquement, c’est un « post » qu’il ne fallait pas faire », soutient le commandant Allamand.

Le réseau social a prouvé son utilité en terme de communication à plus grande échelle. En période de crise, la page Facebook de la Gendarmerie Nationale peut faire le relais d’une actualité locale et toucher le maximum de personnes en un minimum de temps. « ça prend tout son sens en période de communication de crise, poursuit l’officier, à la fois pour rassurer la population et donner des informations ».

Le 17 novembre, le groupement de gendarmerie de Meurthe-et-Moselle officialisera son entrée sur le réseau, devant ainsi le 84ème groupement à ouvrir sa page.

Nathalie Deleau

6 Commentaires

  1. peyret

    facebook pour ” toucher ” la population ? ? ? ? ?
    quand je pense que je suis retraité gendarmerie et que je ne reçois pas une visite par an des gendarmes de ma commune, la je suis mort de rire et très attristé. Une grande famille qui laisse ses anciens au placard, eux qui pourtant connaissent plus que les gendarmes la population locale.
    bon courage à vous

  2. LATOUR

    Très bonne initiative.merci

  3. BELLENGER

    AU LIEU DE S OCCUPER DE FACEBOOK ON FERAIT MIEUX D ALLER AU
    CONTACT DE LA POPULATION , DES ELUS ET DES RETRAITES ( J EN PORTE LA DOUBLE CASQUETTE)C EST NAVRANT D EN ARRIVER LA / FAITES UN SONDAGE EGALEMENT AUPRÈS DES SECRÉTAIRES DE MAIRIES ET VOUS
    CONSTATEREZ QUE POUR EUX OU ELLES LES GENDARMES SONT DEVENUS
    INEXISTANTS QUE PEUVENT ILS SAVOIR MAINTENANT DANS LES COMMUNES ALORS QUE NOUS SOMMES DANS UNE PÉRIODE BIEN INCERTAINE / CE N EST PAS FACEBOOK QUI VA LES RENSEIGNER………

  4. HIEGEL

    Je suis retraité de l’institution. Comment accéder sur votre site par Facebook ?
    Merci d’avance.
    Cordialement.

  5. BLANCHARD

    Lons le Saunier.

    Bonjour à tous les personnels d’active et au monde des retraités. Pour moi c’est une bonne chose que ce nouveau mode de communication via le réseau Facebook. Preuve de modernisme et d’adaptabilité de l’institution, cela permet des communications instantanées, ou quasiment, sur bon nombre de sujets, que je consulte quotidiennement. Pour mes camarades retraités, comme moi, je précise que les autres services publics doivent eux aussi s’adapter pour faire remonter les informations à l’institution, je pense, entre autre, aux secrétariats de mairie, qui sont évoqués dans un post précédant. A chacun et à tous de savoir créer un réseau de communication adapté à notre temps.
    Pour nous, les anciens, ne pas perdre de vue que le monde change, les moyens de communications aussi tout comme notre belle institution, et tant mieux si elle s’adapte avec brio aux méthodes modernes avec efficacité. Faire plus avec moins de moyen, ne perdez pas de vu chers amis retraités que c’est que l’on demande au quotidien à nos gendarmes d’active. Moi “J’aime” sans retenue la page facebook du groupement du Jura, mais aussi toutes les autres. Leur lecture vaux largement autant de visites physiques à mon domicile et je m’y attache tous les jours.
    Voilà, chers amis d’active, je sais que vous ne nous oubliez pas, mais il y a des priorités, et moi je les comprends. Et à vous, amis retraités, usez vous aussi de la modernité, et vous vous sentirez beaucoup moins abandonnés.

    Georges-Christophe BLANCHARD.

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