mercredi 28 octobre 2020
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Ethylotest anti-démarrage
Ethylotest anti-démarrage

Ethylotests anti-démarrage : vérifications difficiles pour les gendarmes

Les éthylotests anti-démarrage (EAD), qui bloquent le moteur si le taux d’alcool du conducteur est trop élevé, ont été rendus obligatoire mardi 1er septembre. Cette obligation concerne uniquement les quelque 60.000 autocars en circulation du parc français, quel que soit leur âge.

La mesure s’applique déjà depuis 2010 aux autocars neufs transportant des enfants. Désormais, celle-ci concerne tous les véhicules de transport en commun de personnes (TCP) : transport scolaire, tourisme, lignes départementales ou régionales, transport à la demande et transports internationaux.

Cette décision intervient alors que le nombre de tués sur les routes est en augmentation. La mortalité routière a en effet connu une forte hausse en juillet 2015 (+ 19,2 %) par rapport à juillet 2014. Par ailleurs, l’alcool est impliqué dans près de 30 % des accidents mortels. Pour autant, ces cinq dernières années, sur le réseau placé sous la compétence de la Gendarmerie, seuls trois accidents impliquant des transports en commun ayant entraîné trois blessés ont mis en évidence une alcoolémie positive de la part du conducteur.

Le dispositif est un petit appareil muni d’un embout dans lequel le conducteur souffle. L’éthylotest, relié à l’électronique du véhicule, enregistre le taux d’alcoolémie du conducteur et bloque, si nécessaire, le démarrage. Le taux maximum ne doit pas être supérieur à 0,10 mg par litre d’air expiré.

Des failles dans le dispositif  

Reste que les forces de l’ordre et en particulier les gendarmes, risquent de connaître des difficultés à vérifier le bon fonctionnement de ces éthylotests anti-démarrage. Leur installation laisserait parfois à désirer, selon un employé d’un centre installateur d’éthylotests indépendant basé en Aquitaine. « J’ai constaté beaucoup de mauvais montages », explique ce vérificateur d’éthylotests à « L’Essor de la Gendarmerie ». « L’Utac (organisme chargé de la qualification des vérificateurs d’éthylotests anti-démarrage) n’a pas les moyens nécessaires pour contrôler tout le parc ». L’employé dénonce notamment une faille déjà décelée par certains conducteurs dans l’utilisation du dispositif. « Quand ces éthylotests sont mal branchés, il existe une méthode qui consiste à faire caler le moteur du véhicule et l’EAD ne détecte pas que le véhicule est à l’arrêt. Le chauffeur peut très bien boire entre midi et deux et redémarrer sans souffler à nouveau dans l’appareil ».

Dans ce cadre, les résultats des éthylotests anti-démarrage peuvent-ils être considérés comme fiables ? Rien est moins sûr. Le site gouvernemental de la Sécurité routière précise qu’aucune sanction disciplinaire ne peut être engagée sur le seul fondement des résultats liés à l’éthylotest. « La finalité de l’EAD étant uniquement préventive, les données enregistrées concernant le taux d’alcoolémie du conducteur ne doivent être ni consultées, ni communiquées, ni utilisées. Aucune sanction disciplinaire ne peut être engagée sur le seul fondement des résultats de l’EAD. » peut-on lire sur le site de la Sécurité routière.

La mesure se voudrait donc plus préventive que dissuasive. D’ailleurs, la quasi totalité du parc d’autocars français (60.000 véhicules) serait déjà équipée, selon Ingrid Mareschal, secrétaire générale de la Fédération nationale des transports de voyageurs (FNTV). « C’est plutôt une source de fierté pour la profession qui, du coup, peut afficher un critère de sécurité supplémentaire pour ses passagers », remarque-t-elle. La FNTV regrette qu’aucune aide gouvernementale n’ait été proposée aux autocaristes pour l’achat du dispositif d’un coût de 1.000 à 1.200 euros.

Crédit photo : Fabian Börner – Creative commons

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2 Commentaires

  1. patrick Bouvet

    Adjt/c (ER) je suis formateur dans le domaine du contrôle technique VL-Pl – le contrôle de l’ethylotest se fait déjà sur les transport en commun de carrosserie “car” avec présentation de l’attestation d’installation de l’ethylotest et le fonctionnement – je vous rappelle que le contrôle des TCP est obligatoire tous les 6 mois – il est effectué dans les centres de contrôles techniques PL- En cas de défaut ,la sanction est une une contre-visite .

  2. zoom

    si un conducteur a levé le coude un peu trop, croyez vous qu il va souffler lui meme dans le tuyau? franchement, faut etre naïf ou etre député pr croire à des couillonnades pareilles,
    un conducteur qui sait qu il va bloquer son véhicule si il souffle fera souffler quelqu’un d autre à jeun, what else ?

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