mardi 24 novembre 2020
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Un centre de formation pour les gendarmes adjoints volontaires sera créé d'ici deux ans en Martinique

Engorgement des écoles de formation de la Gendarmerie en 2016

1.763 gendarmes supplémentaires vont être recrutés dès l’an prochain pour faire face aux menaces terroristes. Ces postes supplémentaires, essentiellement destinés à la gendarmerie mobile, ont été prévus dans la mission “Sécurité” du projet de budget 2016,  adopté à l’unanimité par le Sénat le lundi 30 novembre. Le Président François Hollande avait annoncé cette mesure devant le Congrès réuni à Versailles trois jours après les attentats du 13 novembre.

La formation de ces futurs gendarmes risque toutefois de poser problème. En effet, si les recrutements sont en hausse, le nombre d’écoles de formation, lui, a fortement diminué ces dernières années. Pour preuve, il ne reste plus que quatre écoles pour la formation des sous-officiers et gendarmes adjoints volontaires : Châteaulin (Finistère), Chaumont (Haute-Marne), Montluçon (Allier) et Rochefort (Charente-Maritime). Les écoles de Gendarmerie de Libourne (Gironde), Montargis (Loiret), Le Mans (Sarthe) et Châtellerault (Vienne) ont en effet été dissoutes en 2009 et 2010.

“obligés de faire du remplissage”

La Gendarmerie s’oriente donc, pour le moment, vers une augmentation du nombre d’élèves dans les écoles de formation existantes. Ainsi, l’école de Châteaulin, s’apprête à accueillir 400 élèves supplémentaires alors que sa capacité d’accueil est de 840 élèves-gendarmes. “Ils sont obligés de faire du remplissage dans des conditions qui ne sont pas optimales pour la formation des jeunes”, réprouve Philippe Mis, élu à la sécurité de Châtellerault et chef d’état-major de l’école de gendarmerie de Châtellerault entre 2001 et 2004. Cet ancien formateur porte un regard amer sur la fermeture de cette dernière école en 2009. “Nous avions cinq compagnies (environ 120 élèves pour une compagnie) par an, et l’école avait formé plus de 36.000 gendarmes depuis son ouverture en 1958.” Sollicité par « L’Essor », le général Alain Giorgis, commandant des écoles de la Gendarmerie, n’a pas été autorisé à s’exprimer sur le sujet.

Conséquence directe de cette hausse prévue des effectifs : près de 20 jours supplémentaires ont été accordés pour le dépôt des inscriptions au concours de sous-officier de mars 2016. La date de clôture des inscriptions, qui devait intervenir le 20 novembre a été reportée au 9 décembre. Par ailleurs, le nombre de places offertes au concours de sous-officier a doublé en l’espace d’un an, passant de 1.200 pour le concours de septembre 2014 à 1.968 en mars 2015 et 2.281 places lors du prochain concours de mars 2016.

Des recrutements couplés à une demande “recrudescente” selon les Centres d’information et de recrutement (C.I.R) interrogés par “L’Essor”. En Gironde, 22 dossiers de candidatures au grade de gendarme adjoint volontaire (GAV) ont été déposés en l’espace de neuf jours depuis début décembre, au lieu de 8 sur la même période l’an dernier. En Ile de France, le C.I.R affirme également recevoir davantage d’appels provenant de potentiels candidats. En moyenne, une dizaine d’appels par jour concernent des candidatures pour la réserve opérationnelle.

Toutefois, les gendarmes adjoints volontaires, tout comme les réservistes, ne sont pas considérés comme des gendarmes de carrière. Les exigences ne sont pas les mêmes. Pour avoir accès au concours de sous-officier, il faut être âgé d’au moins 18 ans et de 35 ans au plus. 12 mois de formation sont nécessaires dont quatre semaines de stage en brigade départementale où l’élève gendarme est alors placé sous le tutorat d’un gendarme expérimenté. Bien qu’intensive, cette formation paraît trop courte aux yeux de certains. “Connaissez-vous une formation qui, en douze mois, vous livre une pierre polie, magnifique, capable d’équiper n’importe quel bijou ? Je n’en suis pas si sûr, questionne Philippe Mis, dubitatif.

Un manque d’expérience militaire 

D’autant que la formation initiale, commune à tous les admis en écoles d’officiers, de sous-officiers et de gendarmes adjoints volontaires, est un socle militaire qui s’adresse maintenant à une majorité de jeunes gens qui n’ont aucune expérience militaire lorsqu’ils rejoignent l’école. Une situation décriée par l’ancien formateur de l’école de Châtellerault : “Quand le service militaire existait encore, les gens arrivaient avec un background, ce qui n’est plus le cas à l’heure actuelle. Sur la majorité des candidats, vous avez des gens qui ne peuvent satisfaire les critères, tant sur le plan physique, qu’intellectuel. Par le passé, nous sélectionnions en moyenne un candidat sur quatre parce que nous avions le choix de nos candidats. Recruter dans l’urgence n’est pas une solution”.

Dans tous les cas, la hausse des recrutements devra être appuyée par des moyens financiers supplémentaires. Dans son rapport d’évaluation de la loi du 3 août 2009 relative à la Gendarmerie, le député Hugues Fourage (PS) avait eu l’occasion de relever que le budget consacré à la formation devait faire “l’objet d’une attention soutenue” après une baisse de 48% en l’espace de deux ans. Le projet de loi de finances pour 2016 prévoit 1,5 millions d’euros d’augmentation des besoins en matière de formation, sur un budget total de 13,32 millions d’euros.

Nathalie DELEAU

Crédits Photo : MGuyot/Essor

Légende photo : école de Gendarmerie de Montluçon, promotion 2013

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9 Commentaires

  1. BONNAL

    En ce qui concerne la formation, certe il n’y a plus de service militaire. En1973, j’ai effectué un stage gendarmerie de 4 mois après avoir servi 12 mois dans l’armée de l’air où je n’ai pas appris grand chose. Cela ne m’a pas empêcher de faire une carrière honorable.

  2. Pierre

    Bien beau aujourd’hui de vouloir recruter et former des gendarmes, 1.763 gendarmes essentiellement pour la Mobile, et la Blanche dans tout çà ? La
    B.T. de Pontivy est en sous effectif de 6 personnels, la B.R. d’1 personnel. La Blanche est au contact de la population, c’est par ces militaires que montent le renseignement. Je pourrai épiloguer plus longuement, mais je vais en rester là. Un grand merci à Mr Sarkozy, qui, si mes souvenirs sont exacts, à supprimé environ 15.000 gendarmes, on voit le résultat aujourd’hui. Il avait également supprimé les gendarmes de la GRP du service de sécurité de l’élysée. Les actifs n’ont même plus le temps de visiter les retraités. Pour ma part, je leur rend visite de temps à autre, que voulez-vous : “Gendarme un jour, Gendarme toujours”.

  3. Gérard BIENVENU

    Evidemment, lorsqu’on marche sur le râteau …

  4. MARTIN

    gendarme ATTENTION à votre comportement et à vos commentaires en présence de votre caméra Tutoiements, paroles et gestes inconvenants devront être remplacés par respect et politesse; voir courtoisie, même si le contrevenant vous provoque. S’il vous insulte ou vous menace à vous de réagir. La loi vous protège et la caméra témoignera.

  5. Yodi

    Quel gâchis d’avoir supprimé des écoles. Maintenant il semble désormais courant que le gouvernement ne sait gérer que par l’urgence. On peut faire sortir “du gendarme” en six mois par exemple, nous avons bien connu le stage à quatre, voire trois mois et demi (ex Chatellerault 1975-1976) Mais, car il y a un mais, avant l’impétrant avait fait son service militaire. Néanmoins il était temps d’augmenter le potentiel humain de notre Institution, il en va pour la sécurité de nos concitoyens.

  6. MORDELET MICHEL

    O.K. bien besoin de renforts – réouvrir l’Ecole de CHATELLERAULT où j’ai eu le plaisir d’être détaché en qualité d’instructeur à la 1ère Cie en 1975. Que de bons souvenirs. J’y retournerai bien volontiers, malgré mon âge canonique. Eh oui ! 23 ans de retraite, je coûte cher à l’Etat !!!!

  7. philippe

    Bonsoir,
    dans votre propos concernant les écoles formant des gendarmes ou des volontaires vous oubliez TULLE (19), Beynes (78) et bientôt Dijon (21).
    Cordialement

  8. Pantalacci

    Bravo pour l’effort consenti,sous la pression des événements, par le gouvernement socialiste en matière de formation des gendarmes en ESOG.

  9. oui j’ai pris un verre dans ce lieu magique ! sans visiter l’hôtel particulier

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