mardi 24 novembre 2020
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Justice (Photo Matthieu GUYOT/Essor)
(Photo/MG/Essor).

Deux gendarmes jugés pour harcèlement sexuel sur une de leurs subordonnées

Deux gendarmes gradés, un adjudant et un maréchal des logis d’une caserne de l’Yonne, doivent comparaître jeudi devant le tribunal correctionnel de Paris pour harcèlement sexuel aggravé sur l’une de leurs subordonnées.

La jeune femme, aujourd’hui âgée de 26 ans, affirme avoir été l’objet de la part de ses supérieurs, entre octobre 2012 et novembre 2013, de plaisanteries graveleuses, de commentaires vulgaires sur son physique ou de demandes de faveurs sexuelles en échange d’un service.

Les deux prévenus de 36 et 37 ans ont été suspendus de leurs fonctions en décembre 2013 et sont visés par une procédure disciplinaire. S’ils reconnaissent des “plaisanteries” pour l’un ou des “blagues salaces” pour l’autre, tous deux contestent farouchement le caractère de “harcèlement sexuel”.

Selon une source proche de l’enquête, plusieurs témoins confirment les dires de la jeune femme, qui a autant souffert de cette situation dans sa vie professionnelle que dans sa vie privée. “La vérité doit être faite sur ce qui s’est passé dans cette caserne”, a déclaré l’avocate de la victime, Me Elodie Maumont.

L’avocat de l’un des gendarmes, Me Franck Princet, n’a quant à lui pas souhaité faire de commentaires, tandis que la défense de l’autre n’a pu être jointe avant le procès.

“Cette jeune femme a fait face à un véritable parcours du combattant” pour se faire entendre, a poursuivi Me Maumont, qui dénonce la “négligence voire la complaisance” de la hiérarchie vis-à-vis des mis en cause. A la suite de ces révélations, l’Inspection générale de la gendarmerie nationale (IGGN) avait diligenté une enquête, et relevé les “carences du commandant d’unité dans le domaine du contrôle des personnels”.

Aujourd’hui, la jeune gendarme exerce toujours et a quitté l’Yonne pour la région parisienne. Mais selon son avocate, cette affaire l’a “détruite”, et ce procès doit lui permettre de continuer à se “reconstruire”.

Depuis avril 2014, la cellule Themis a été mise en place par le ministère de la Défense pour recueillir les témoignages de victimes de harcèlement, discriminations ou violences sexuelles. Elle a déjà été saisie de plus d’une centaine de cas.

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