mercredi 30 septembre 2020
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« Dans la tête du gendarme », un documentaire original

Souvent représenté dans l’action, lors de contrôles routiers, d’interpellations ou de courses-poursuites, le gendarme est plus rarement interrogé sur son quotidien et son regard sur la société. Pour la première fois, « Dans la tête du gendarme », le documentaire de Paule Muxel et Bertrand de Solliers, fait parler des gendarmes.

Les deux réalisateurs ont rencontré collectivement ou en tête à tête, des gendarmes de différentes brigades du Nord-Pas-de-Calais et d’Auvergne en 2008 et 2011.  « Nous voulions connaître leurs rapports avec la société et leur ressenti par rapport à leur métier », explique Paule Muxel, co-réalisatrice.

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Loin des clichés, la démarche se veut sociologique, interrogeant l’humain, engageant une réflexion avec des gendarmes sur leur vie en caserne, l’évolution de leur métier, le comportement de la population vis à vis d’eux,… « On réglait beaucoup de problèmes à l’amiable il y a 20 ans. Aujourd’hui, c’est plus difficile, les gens passent la porte de la brigade pour porter plainte », témoigne l’un des gendarmes.

La parole se libère également sur le rapport au travail. « Je termine ma carrière avec une grande lassitude, le métier ne vous lâche pas une fois en civil. C’est jour et nuit. On ne quitte jamais l’uniforme. J’ai hâte de terminer », lâche un autre gendarme s’apprêtant à quitter l’active. Certains confient leurs doutes. « J’aime bien le métier que je fais, mais de nuit, dans 15 ans, je ne sais pas », évoque un autre.

Un champ de réflexions 

La franchise des propos peut surprendre dans un contexte gendarmique où prime le devoir de réserve. La démarche des réalisateurs a pourtant reçu un bon accueil de la part de l’Institution. « Au début, quand on arrivait dans les brigades et que l‘on expliquait ce que l’on faisait, les gendarmes nous considéraient un peu comme des ovnis!, se souvient Bertrand de Solliers, mais quand ils ont compris notre démarche, ils ont apprécié cette possibilité d’ouvrir un champ de réflexions ».

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Les deux réalisateurs ont posé leurs caméras dans une dizaine de brigades, dans un Psig, dans un centre opérationnel et à une cellule mineurs-victimes. Le film décrit la charge pesant sur les épaules des gendarmes, une charge exigeante et très forte. « Leur quotidien est une guerre permanente, constate Paule Muxel, ils ne savent pas ce qui va se passer, il y a beaucoup de conflits intra-familiaux, cela peut être aussi des agressions débouchant sur un meurtre, des viols,… » Le mal être au travail, la dépression voire le suicide, sont aussi abordés dans le documentaire, « des sujets tabous » selon les réalisateurs.

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La diffusion de ce documentaire, s’est heurtée au refus des chaines de télévisions locales ou nationales, plus friandes de formats privilégiant l’action des gendarmes. Le documentaire, visible sur YouTube pour le moment, paraîtra en DVD en octobre 2016.

Nathalie DELEAU

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Pour contacter les réalisateurs : thinredline@wanadoo.fr

web : unefinelignerouge.com

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