mercredi 21 octobre 2020
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La Cour des comptes épingle la gestion de carrière des gendarmes et des policiers

La Cour des comptes épingle, dans un référé rendu public lundi, la gestion des carrières des policiers et des gendarmes qui, en dépit de réformes “coûteuses” entre 2004 et 2012, “ont manqué de vision stratégique”.

La Cour a adressé le 3 février dernier ce référé, signé de son premier président Didier Migaud, aux ministres concernés qui disposent, comme de coutume, de deux mois pour répondre aux critiques, remarques et propositions formulées, fait-elle remarquer.

Entre 2004 et 2012, écrit-elle, deux réformes “majeures” concernant les corps et carrières des membres des forces de l’ordre ont été engagées. Elle ont été “coûteuses” et “à efficacité limitée”, écrit-elle, ajoutant qu’elles ont eu un “fort impact sur la gestion des carrières” et “ont manqué de vision stratégique”.

Dans la Police, des mesures statutaires et/ou indiciaires ont été prises avec comme objectif de baisser le nombre des cadres officiers, par exemple, ce qui n’a pas été le cas. Elle rappelle avoir déjà épinglé l’Intérieur en 2013, sur ces sujets, l’avertissant sur la “hausse accélérée des dépense” liées à ces réformes. Elle enfonce le clou cette fois sur sa politique de ressources humaines ajoutant par ailleurs que les “missions” des corps et grades de la Police ne sont ni “définies” ni “hiérarchisées”.

Un meilleur contrôle des syndicats de police

Les “pyramides” des corps, dit encore la Cour, “sont déséquilibrées” et les promotions peuvent “désorganiser les services”. Les taux “élevés” d’avancements conduisent par ailleurs à une diminution des âges moyens d’accès aux grades: “le haut des pyramides statutaires est engorgé”, écrit-elle, les avancements se sont “ralentis” provoquant des “frustrations”.

Enfin, la Cour des comptes épingle les “facilités accordées” aux puissants représentants syndicaux (le taux de syndicalisation est de 70% dans la Police) qui ne “sont pas correctement contrôlés” notamment pour ce qui est des décharges syndicales. Elle recommande donc de “renforcer” leur contrôle, de “développer les outils permettant d’anticiper la gestion des ressources humaines” ainsi que “remédier à l’engorgement” au sommet des corps.

Ce référé survient alors que le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, a renoué récemment le dialogue social avec les puissants syndicats de police sur fond notamment de grogne des CRS consécutive au renforcement de Vigipirate. Les seconds font part de plusieurs revendications catégorielles et statutaires, dont certaines issues des protocoles évoqués par le référé.

Pour consulter le texte du référé dans son intégralité, cliquez ici. 

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Un commentaire

  1. atal

    haut des pyramides statutaires est engorgé”, écrit-elle, les avancements se sont “ralentis” provoquant des “frustrations”.
    des officiers partout mais qui va passer le balai? faire les corvées ?

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