lundi 21 septembre 2020
Accueil / Vie des personnels / Corse et Antilles-Guyanne: une “task force” Police/Gendarmerie contre le crime organisé
Une task force rassemblant dans une "structure commune" policiers et gendarmes verra le jour en septembre en Corse et aux Antilles-Guyane afin de lutter contre la criminalité et les règlements de comptes spécifiques dans ces départements.

Corse et Antilles-Guyanne: une “task force” Police/Gendarmerie contre le crime organisé

Selon le projet de cette réforme en discussion avec la parité syndicale de la Police, il s’agit de créer une “structure commune de coordination” police/gendarmerie afin de lutter “contre les réalités criminelles spécifiques” dans ces départements. Il y aura donc dès septembre, selon l’entourage du ministre de l’Intérieur Manuel Valls, une Unité de lutte commune contre la criminalité organisée (ULCOC) et une autre de même nom aux Antilles-Guyane où est inclue aussi la “lutte contre les violences”.

La première, selon ce document, sera dirigée par le directeur régional de la Police judiciaire secondé par le commandant de la section de recherches de Gendarmerie. Ce sera l’inverse, sur le même schéma, aux Antilles-Guyane. “Ils mettront en commun leurs moyens humains et matériels que ce soit pour la PJ, le renseignement et la saisie des avoirs criminels” a expliqué l’entourage du ministre.

“Ce n’est pas une fusion” des deux forces de l’ordre mais “plus qu’une simple mutualisation de moyens”. Le projet recommande “d’être attentif aux craintes du personnel” des deux forces.

La critique virulente des syndicats

Il a suscité l’ire des syndicats de Police qui voient un “hold-up de la Gendarmerie sur la Police”, selon les termes de Patrice Ribeiro, secrétaire général de Synergie (second syndicat d’officiers). “Les gendarmes n’ont aucune compétence ni aucune légitimité sur ces territoires”, selon lui.

Dans un courrier au directeur général de la Police nationale, le Syndicat des commissaires (SCPN – majoritaire) évoque une “confusion grave”: selon lui, “les services de la PJ” policière “traitent plus des trois quart des affaires graves”. Il déplore d’avoir été consulté tardivement sur cette “réforme d’ampleur”.

Le Syndicat des cadres de la sécurité intérieure (SCSI, majoritaire chez les officiers)  évoque un “déséquilibre” et un projet qui ne “répond en rien aux attentes” des officiers de police “ni aux solutions qu’exige la recherche d’une efficacité supérieure”.

Cette task force a été annoncée à plusieurs reprises par Manuel Valls comme le 30 janvier lors d’un séminaire des cadres policiers de la PJ. “Le combat contre le crime ne s’accommode pas de luttes intestines stériles”, avait-il prévenu. “Des voyous, dans notre pays, il y en a pour tout le monde”.

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