samedi 15 mai 2021
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Confinement: les gendarmes sont en première ligne (Photo: L.Picard/L'Essor).
Confinement: les gendarmes sont en première ligne (Photo: L.Picard/L'Essor).

Confinement: le capital sympathie des gendarmes écorné ?

En faisant respecter le confinement pour lutter contre la pandémie de coronavirus, les gendarmes, qui sont en première ligne, pourraient voir leur capital sympathie écorné.

Le président de la République Emmanuel Macron l’a annoncé le 13 avril. Il devrait y avoir un déconfinement progressif de la population à compter du 11 mai. Mais il a prévenu que, jusqu’à cette date, “le confinement le plus strict doit encore se poursuivre”. Autant dire que les gendarmes seront à la manœuvre. Car “le lundi 11 mai ne sera possible que si nous continuons d’être civiques, responsables, de respecter les règles, et que si la propagation du virus a effectivement continué à ralentir ”, a ajouté Emmanuel Macron.

Au 14 avril, les forces de l’ordre avaient ainsi réalisé, depuis la mi-mars, 11,8 millions de contrôles, et constaté 704.000 infractions, selon les annonces du ministre de l’Intérieur Christophe Castaner. Ce dernier s’est réservé la communication de ces chiffres, ce qui nous a empêchés d’obtenir le détail de ceux de la Gendarmerie.

Des contrôles abusifs lors de ce confinement ?

Les réseaux sociaux dénoncent certains de ces contrôles comme abusifs. Une page baptisée “Verbalisé (parce que)” a même été fondée pour les recenser. Leur nombre reste cependant faible en regard du nombre de contrôles et de verbalisations réalisés par les forces de l’ordre.

“Sur l’ensemble des verbalisations qui ont eu lieu, j’ai eu très peu de retours d’anomalies graves. Souvent elles ont été alléguées, elles sont sorties sur les réseaux sociaux, et quand nous les avons vérifiées, elles n’étaient pas confirmées”, a assuré Christophe Castaner, le 9 avril, lors d’une audition en visioconférence devant la mission parlementaire portant sur l’impact, la gestion et les conséquences de l’épidémie de coronavirus. “Il n’empêche que l’exercice a pu amener à quelques erreurs d’interprétation, le fait de fouiller un sac de course, par exemple, ne correspond pas à la bonne application de la doctrine fixée”, a ajouté le ministre.

Les gendarmes placés dans une situation délicate

D’autres exemples risquent de marquer durablement les esprits, comme la verbalisation de cette septuagénaire du Tarn, venue saluer son mari par la fenêtre fermée de son Ehpad, ou cet homme refoulé par un gendarme sur le pont de l’île de Ré, alors qu’il venait dire adieu à son père mourant.

Car le flou de certaines des mesures prises dans l’urgence face à la pandémie a placé les militaires de l’Arme en première ligne. En se fondant sur leur discernement, le gouvernement les place en même temps dans une position délicate.

Lire aussi: Un couple de Parisiens en infraction au confinement renvoyé du Finistère après un contrôle de Gendarmerie

“S’ils ne suivent pas les ordres de la hiérarchie, ou s’ils les ont mal interprétés, on pourra le reprocher. Mais s’ils les suivent alors qu’ils auraient dû faire preuve de discernement, on peut également leur en faire grief” ,note ainsi le sociologue Christian Mouhanna dans un article paru sur le site The Conversation.

Et le directeur du Centre de recherches sociologiques sur le droit et les institutions pénales (Cesdip) de préciser : “Ainsi, la hiérarchie se déresponsabilise, a priori, de toutes les conséquences de l’action policière de terrain.”  

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