mercredi 11 décembre 2019
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Illustration (Ph: M.GUYOT/ESSOR)
Illustration (Ph: M.GUYOT/ESSOR)

Comment la Gendarmerie lutte contre les discriminations

Un gradé qui s’amuse à tirer les cheveux d’une jeune gendarme et qui se moque de son conjoint, une inscription homophobe sur le mur d’une enceinte qui n’est pas effacée. Voici deux exemples de discriminations que la Gendarmerie traque depuis cinq ans à travers la cellule Stop-discri.

Mise en place à l’inspection générale de la Gendarmerie, cette cellule, forte de six personnels, est, pour les députés de la commission de la défense, un exemple à suivre pour les forces armées. “Le dispositif de la Gendarmerie est exemplaire en ce qu’il a associé la lutte contre les discriminations à la couverture des risques psycho-sociaux, et aussi parce que le réseau de référents déployés sur l’ensemble du territoire a d’emblée visé l’ensemble des discriminations, et pas uniquement le sexisme“, soulignent-ils dans un rapport présenté ce mercredi 27 mars.

Des pratiques à généraliser dans les forces armées?

Deux pratiques en cours dans la Gendarmerie ont particulièrement intéressé les députés. Les élus estiment que l’intervention de témoins et d’associations de lutte contre les discriminations (SOS homophobie, Flag!, ou la Licra) dans les formations et la création d’une mission sur les hauts potentiels permettant de faire travailler les officiers sur leur mode de commandement pourraient être généralisées dans la défense.

Lire aussi sur L’Essor: Lutte contre l’homophobie: campagne de sensibilisation au sein de la Gendarmerie et de la Police

Dans l’Arme, on porte ainsi particulièrement attention aux gendarmes adjoints volontaires. Les deux populations “qui sont plutôt la cible des discriminations quand il y en a, ce sont les jeunes femmes ou les jeunes à statut fragile“, a ainsi expliqué devant les députés le général Jean-Marc Loubès, alors commandant de la région Île-de-France.

Cette région de Gendarmerie expérimente un dispositif inédit : les deux conseillers concertation du commandant bénéficient du renfort d’un conseiller officier, ce qui n’est pas prévu à ce niveau. “L’objectif est de mieux comprendre les problématiques propres aux officiers“, précise Jean-Marc Loubès.

Sanction ou réhabilitation

En cas de discrimination avérée, ce général plaide pour une réponse graduée. Elle garantit, rapportent les députés, une tolérance zéro pour ces actes “tout en permettant aux auteurs de comportements inappropriés de s’amender”.

Dans le cas contraire, si après enquête il apparaît qu’un personnel a été mise en cause injustement, ce dernier bénéficie désormais d’une procédure de réhabilitation. Instaurée en juin 2017, elle prévoit la réception, par l’intéressé, d’un courrier de soutien signé par le directeur général, un entretien avec son autorité et une visite du commandant chargé d’informer l’ensemble des personnels. Une manière pour l’Arme d’éviter le poison du doute.

Gabriel Thierry

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