vendredi 25 septembre 2020
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Des gendarmes mobiles à l'entrainement (M. Guyot/Essor)
Des gendarmes mobiles à l'entrainement (M. Guyot/Essor)

“Commander c’est prévoir”

Le texte ci dessous, écrit par un général en deuxième section, soulève un problème réel auquel il importe de trouver des parades : le suremploi des forces mobiles, gendarmes mobiles et CRS.

“L’Essor”, fidèle à sa formule participative, souhaiterait rassembler des avis dans ce domaine, dans le souci de participer à la recherche de solutions constructives qu’il pourra synthétiser et mettre, ainsi, à la disposition des décideurs.

“En 1960, j’étais lieutenant à l’escadron de Gendarmerie mobile de Bellac (Haute Vienne) et, en dehors des permissions, je suis resté deux jours à la résidence de la caserne des “Vieux Blats “. En effet, cette année là, j’ai effectué six mois de déplacement en Algérie, deux mois de séjour à l’ïle d’Aix où un escadron de la 4ème légion de Gendarmerie mobile gardait Ahmed Ben Bella, qui fut le premier Président de la République Algérienne de 1963 à 1965, et différents séjours de maintien de l’ordre à Paris et en province pour, notamment, les voyages du général de Gaulle.

En outre, comme je venais des corps de troupe j’ai été détaché à l’école de Châtellerault pour faire passer le CIA (certificat inter armes ). Mais c’était une autre époque et la Gendarmerie mobile était alors réellement “taillable et corvéable à merci”.

On peut se demander, toutefois si on ne risque pas de revenir, un peu, à cette époque.

En effet, actuellement, entre les manifestations contre le “mariage gay”, la sécurisation de “Notre Dame des Landes”, les “compétitions sportives du mois de mai”, la sécurisation des points sensibles et l’application du plan Vigipirate, les 107 escadrons de Gendarmerie mobile (17 000 hommes) sont employés “à plein temps” et les avantages acquis en 1989 en matière de récupération des jours de repos risquent d’être sérieusement “grignotés”.

Les 67 compagnies républicaines de sécurité (CRS) sont logées à la même enseigne, mais elles sont mieux protégées par leurs syndicats. En tout état de cause, ce suremploi pose des problèmes, d’autant plus que, sans vouloir être pessimiste, la situation au plan du maintien de l’ordre ne semble pas susceptible de s’éclaircir.

Le problème est posé, il faut trouver des solutions : augmentation des effectifs, appel aux réservistes, versement de primes etc. “Commander c’est prévoir”, cette formule attribuée à différents auteurs a le mérite d’exister.

Encore faut-il qu’elle soit appliquée en toutes circonstances.

Un général en deuxième section

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