mercredi 24 février 2021
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Les membres du Conseil de la fonction militaire Gendarmerie prennent la parole le 1er février 2021, lors du lancement du Beauvau de la sécurité (Capture MinInt)
Les membres du Conseil de la fonction militaire Gendarmerie prennent la parole le 1er février 2021, lors du lancement du Beauvau de la sécurité (Capture MinInt)

Ce qu’attendent les gendarmes du Beauvau de la sécurité

Les violences policières? Elles concernent d’abord les policiers, et les gendarmes ne veulent pas en faire les frais. En revanche, ils demandent des moyens supplémentaires pour pouvoir accomplir leurs missions.

Voici, en substance, les deux messages que les représentants des gendarmes ont fait passer au Premier ministre Jean Castex pour l’ouverture, lundi 1er février, des travaux du Beauvau de la sécurité. Rappelons que le président de la République Emmanuel Macron avait lancé cette grande concertation nationale après une série d’affaires de violences policières. 

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Pour ce premier jour de débats, policiers et gendarmes ont eu la parole pour donner leur son de cloche. Parmi eux, les représentants du Conseil de la fonction militaire Gendarmerie (CFMG), l’instance de concertation de l’Arme.

Premier à intervenir, l’adjudant-chef Erick Verfaillie a immédiatement pris ses distances avec les dérapages policiers. “Notre formation initiale, qui est empreinte de militarité, donne à nos jeunes recrues des valeurs déontologiques ainsi que des notions de responsabilité individuelles et collectives”, a ainsi lancé ce gradé en gendarmerie départementale.

“La Gendarmerie a été exemplaire”

Même son de cloche du côté de la gendarmerie mobile. L‘adjudant Frédéric Le Louette, également président de l’association professionnelle de gendarmes GendXXI, a ainsi rappelé que “la Gendarmerie a été exemplaire dans l’exercice de ses missions. Elle a démontré son expertise, sa maîtrise, dans un contexte parfois insurrectionnel, devant des groupes organisés, équipés, armés”. Le nombre d’enquêtes judiciaires ouvertes à l’encontre des forces de sécurité pour des opérations de maintien de l’ordre confirme ce propos. Ainsi, en 2019, on en dénombrait 12 pour les gendarmes, contre 389 pour les policiers. 

Lire aussi : Violences : pourquoi les gendarmes sont-ils différents des policiers ?

Les gendarmes ont donc peur de faire les frais du Beauvau de la sécurité. Avec des réformes taillées pour la Police qui remettraient en cause un modèle qui a fait ses preuves. “Si les huit chantiers peuvent être communs aux deux forces, les réponse qui y seront apportées (..)  doivent être absolument différenciées”, a ainsi avertit le général Gaspari, secrétaire général du CFMG. “L’organisation, les modes de fonctionnement, la culture même des deux forces sont en effet très différentes”.

Ne pas détruire ce qui fonctionne bien

Surtout, la Gendarmerie a lancé sa modernisation sur un mode participatif dès 2013. Sous l’impulsion du général Favier et de sa feuille de route. “Ce Beauvau de la sécurité, monsieur le Premier ministre, ne sera pas une rupture mais bien une continuité dans la transformation de la Gendarmerie initiée il y a plus de 10 ans par la direction générale”, a ainsi rappelé l’adjudant-chef Raoul Burdet. 

Lire aussi: Le général Lizurey transforme la “Feuille de route” en “Cap Modernisation”

“Je tiens à préciser qu’il faudra  éviter l’écueil de détruire certains modèles qui ont fait leurs preuves dans le coeur des crises que nous venons de vivre récemment”, ajoute l’adjudant-chef Erick Verfaillie. 

Et les gendarmes avancent des exemples concrets. L’Institution “continue à payer au prix fort la décision politique de dissoudre quinze escadrons sous la RGPP”, rappelle Frédéric Le Louette. Le taux d’emploi des unités mobiles est désormais tel que l’entraînement, pourtant “indispensable au maintien opérationnel” en pâtit.  Résultat, “nous perdons en performance”, regrette le sous-officier.  

Les gendarmes attendent surtout des moyens du Beauvau de la sécurité

C’est donc sur la question des moyens que les membres du CFMG ont mis l’accent pour ce Beauvau de la sécurité. “S’améliorer et se transformer en permanence pour rendre un service optimal à la population et répondre aux crises qui se succèdent est dans l’ADN du gendarme”, note l’adjudant-chef Verfaillie. “Mais cela ne sera rendu possible que si les moyens nécessaires sont octroyés dans les années à venir”

Lire aussi: Au cœur des logements vétustes de la Gendarmerie (vidéo)

Au delà de l’équipement et des recrutements, cette demande concerne également leurs familles, “trop souvent hébergées dans des logements vétustes voire insalubres”, précise Frédéric Le Louette. Il liste alors les casernes “de Satory, de Roanne, de Prade et, pour la Garde républicaine pas loin d’ici, de Babylone. La Gendarmerie a besoin de casernes adaptées pour accueillir le public, elle doit aussi prendre soin de ses soldats et de leurs familles”

Matthieu Guyot

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15 Commentaires

  1. DEBLATON

    Les problèmes de la police, on les connaît. Ils portent sur le recrutement, la formation initiale et continue, l’éthique, le commandement, l’intervention des syndicats dans des domaines tels que les mutations et l’avancement, la politisation et l’appartenance d’une partie des policiers à des loges, etc., etc.

    Pour ce qui concerne la gendarmerie, je préconise de maintenir et même d’améliorer la qualité du recrutement, de la formation initiale et continue, toujours avec le caractère militaire comme fil conducteur, quelles que soient les missions, ainsi que de veiller au grain et de surveiller comme le lait sur le feu toute tentative de nous “civiliser” (jamais de perte de notre caractère militaire ni de syndicats chez nous). N’oublions pas de mettre à la porte nos membres défaillants (conseils d’enquête).

    Concernant les casernes, il y a certes des ensembles vétustes et d’un autre âge qui n’ont plus lieu d’être, mais je m’insurge contre les logements collectifs dans les campagnes, alors que le terrain ne manque pas pour construire des pavillons avec jardin pour chaque militaire de ces unités territoriales. Aux commandants de compagnie, de groupement et au service immobilier de la DG de mener la politique qui convient en la matière!

    S’agissant des CRS, elles ont failli être supprimées par le passé. Il conviendrait au moins d’en réduire le nombre et parallèlement d’augmenter le nombre d’EGM. Sans oublier de surveiller en permanence l’équilibre et l’équité d’emploi des CRS et des EGM …

    • Didier

      Que de beaux discours…. Prenez la place de ministre de l intérieur et je suis persuadé que vos idées fumantes seront vite stériles…. Et n’oubliez pas que des egm so’t régulièrement dissous alors que les crs sont augmentés en capacité operationnelles

    • Criquet

      Cela ne sert a rien de dénigrer le voisin car nous faisons le même travail. La police a une délinquance plus dure et je ne sais pas si la gendarmerie ferait mieux a sa place
      Le but est que les personnels qui sont sur le terrain aient les moyens et le soutien des politiques et des supérieurs.

  2. Swol andre

    Ancien chef de section en CRS,je vais pas m,étendre sur vos commentaires. La gendarmerie a vôtre lecture doit doucement rigoler. Elle tient à conserver des gendarmes comme vous ,prêts à défendre la boutique même si le bateau coule.Rassurez vous cela arrivera bientôt.

    • Guenaoui

      A voir .il serait de judicieux de dissoudre les compagnies de crs et de former qu une celle unite et de mettre sous tutel la police dans son enssemble a la gendarmerie😆

    • Gfrutiddn

      Basique contact entre 2 forces dont l’unique différence se forge sur le caractère militaire de l’une des deux formations. Qu’importe vos menaces de voir disparaitre ou absorbé notre “arme”, l’essentiel, c’est le “cœur ” qui bat pour elle, notion que vous êtes bien loin de prendre en compte. Pourtant, je sais que nous sommes complémentaires et loin d’être différents.

  3. Ris

    Eternel débat. Une police militaire dans un régime ou les libertés publiques sont la base des la constitution, de quoi s’interroger. La plus part des avancées obtenues par la “grande muette” Sont obtenues par les interventions syndicales de la police nationale. E je sais de quoi je parle. Au niveau des acteurs de terrain aucun problème, mais la guerre des chefs s’exerce au niveau officiers et officiers généraux qui campent sur leurs avantages démesurés(formatage St cyrien)
    Bref le débat pourai facilement déboucher sur les comparsisons des avantages des uns et des autres, et ce serait trop long à déveloper.
    .

    • Bertrand

      Les militaire ca tire pas sur des français ni sur des civils.
      A partir de là tout est dit. Notre caserne a Coligny est en ruine et le drapeaux n est plus sur dont mat .
      L interphone ne fonctionne plus et les ordinateurs obsolètes. Ces domage!

  4. gilles jacques

    Oui par exemple .. j aimerais bien que la gendarmerie , les gendarmes d hirson fassent le taf ! Ça fait plus de 7 ans que nous prévenons , avec vidéos …. Que dans notre rue il ya des excès de vitesse constant ou passe 15 Ooo véhicules jour … Rue d hirson a st Michel 02 Aisne . Et je ne parle pas de faire du 60 kmh ! Mais plutôt du 80 90 110 120 … Résultats ? Rien ! A si ! Deux visites de la gendarmerie avec des commentaires hallucinant !! Sûrement pour ne pas intervenir … Genre foutage de gueule !!! Comme le maire qui ne réponds pas aux recommandées , pire que ça : nous avons eu l honneur d avoir un rendez vous avec lui , pour nous dire que mettra une caméra . Alors ? Quelques mois après , juste avant les élections municipales , il a effectivement mis une caméra , mais pas dans la rue !! Ça si c est pas aussi du foutage de gueule !! Mais après réflexion je sais pourquoi ! Dans notre rue il ya aussi les entrepôts de la mairie et comme certains agents communaux ne respectent pas aussi les 50 kmh . Enfin bref. Pas la peine de données des moyens aux gendarmes d hirson , ça ne changera rien ! Comme les commentaires que nous avons eux dans la tranche !!!

    • Froment

      Messieurs prenez un peu de hauteur et voyez les problèmes un peu plus loin que des problèmes de dépassement de vitesse. L’heure est grave policier gendarme nous avons perdu l’Autorité, les gamins de 12:ans nous crachent dessus, les quartiers nous artilleur au mortier, l’ultra gauche pousse les crs et mobiles à bout lors de manif interdites, les peines de justice j’en parle même pas

  5. Labour

    Quelle honte d’oser tenir de tels propos !!! L’heure ne devrait-elle pas plutôt être à l’unité et à la solidarité entre forces de l’ordre ? Force est de constater que certains d’entre vous se désolidarisent de la police pour jouer les « bons petits soldats » respectueux de la déontologie… Pourquoi ? Pour fayoter avec le pouvoir et se mettre en valeur à bon compte ? Tellement ridicule…
    D’autant que la rigueur militaire que vous évoquez est à géométrie très variable, en fonction de ce qui vous arrange ou pas, louvoyant entre les quelques avantages du statut militaire et les équivalences revendiquées avec le statut policier…
    Les gendarmes, si rigoureux, ne sont pas non plus les derniers à « shooter » les interventions sur appel 17, ou bien à dissuader des victimes de déposer plainte, renvoyant les requérants tantôt vers le commissariat voisin, tantôt vers le maire. Bagarres, délit de fuite après AVP matériel, tapages, etc. Combien de ces faits ne donnent parfois lieu à aucune intervention ? Combien de constatations de cambriolages ont été remises au lendemain sans même prendre le soin d’effectuer une intervention immédiate permettant de sécuriser les lieux, conseiller et rassurer les victimes ?
    Les gendarmes font certes ce qu’ils peuvent, avec des effectifs limités et des territoires immenses à couvrir. Le CORG fait donc le tri dans les interventions, préférant dire « on intervient pas pour ça» plutôt que de dire « on interviendra quand un équipage sera disponible ».
    Bref, ce genre de choses peu arriver en police également, mais ne vous faites pas passer pour une institution infaillible, ce n’est pas le cas.

    Quant au maintien de l’ordre, EGM et CRS se valent en matière de discipline sur le terrain. Il faut rappeler que les cas litigieux concernent davantage les unités territoriales (compagnies ou sections d’intervention, BAC, BRAV, etc. ) qui sont habituées à être plus autonomes au quotidien et donc sont moins passives que les forces mobiles en MO. Leurs initiatives amènent parfois à des blessés, mais il faut rappeler que ces ripostes font suite à des agissements répréhensibles commis par des foules ou des groupes hostiles.

    Les policiers nationaux, ni militaires, ni civils, ont un statut particulier qui est plus contraignant que celui du fonctionnaire lambda. Ce ne sont pas des privilégiés, ni des irresponsables. Ils prennent les mêmes risques que les gendarmes et ne sont pas moins compétents. Ils ont accessoirement à leur charge les zones les plus criminogènes et les plus difficiles (ce qui peut expliquer la différence de nombre de cas litigieux).
    Comme partout, il peut y avoir des déviances mais le gros problème ne vient pas des policiers. Il vient d’un système pénal rendu inefficace et laxiste par des décennies de faiblesse politique et judiciaire. Ce laxisme à pour conséquence l’explosion d’une délinquance de récidive, toujours plus arrogante et violente. Des délinquants qui ne craignent plus rien et qui obligent les policiers ou les gendarmes à faire usage de la force. Et les gendarmes, les vrais, savent ce que c’est que de devoir maîtriser ces multirécidivistes violents, ils savent que parfois il peut y avoir de la casse et que ça peut mal se terminer.

    Mais allez jusqu’au bout de votre raisonnement, appelez à manifester contre les violences policières, avec la famille Traoré ! Ah mais j’avais oublié que cette affaire concernait… des gendarmes et non des policiers !
    Et pourtant, jamais les policiers n’ont jeté l’opprobre sur leurs collègues gendarmes. Au contraire, ils se sont sentis solidaires, car ils pensaient être dans « le même bateau »…

    • Swol

      Rien à redire, ancien policier ,les gendarmes en brigades font du mieux avec des effectifs restreints. Le martelage anti police de l,Essor n,est pas innocent et souvant critiqué par les gendarmes de base.Ce Beauvau ne sera qu,.une bataille naval a celui qui va torpiller le plus de bâtiments. Le syndicat des commissaires rêvent de voir la gendarmerie passer en police et vos généraux rêvent d,étoiles et de remplacer les directeurs de Zones polices a leurs profits.Si cela aboutirait, plus de postes de généraux et surtout les primes de 60 000 à 80 000 euros que ces derniers encaissent en fin d,année en fonction du bilan.Donc tout pour faire du chiffre et mes gendarmes de base paieront le tribu au prix fort.Si seulement la solidarité était de mise entre nous,ces énarques, ces directeurs, généraux reviendraient à de meilleurs sentiments envers nous.

      • Alain Dumait

        Je ne vois pas que L’Essor – qui vous donne la parole – fasse du “martelage anti-police”. C’est seulement dans votre tête….

  6. Nicolas

    Comment pouvez-vous dire être exemplaire quand vous avez dans vos rangs des gendarmes réservistes qui sont connus pour trafic d’armes

    • Alain Dumait

      Pouvez-vous être plus précis ?

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