dimanche 25 octobre 2020
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Ministère de l'Intérieur, place Beauvau, Paris. (Photo d'illustration M.G L'Essor).
Ministère de l'Intérieur, place Beauvau, Paris (Illustration/MG/L'Essor).

Cazeneuve appelle les forces de l’ordre à ne pas opposer police et justice

Bernard Cazeneuve a fixé mardi sa feuille de route aux forces de l’ordre, sur fond de terrorisme et de crise migratoire, les appelant à ne pas opposer police et justice à la veille d’une manifestation devant la Chancellerie pour un policier blessé.

“Nous ne gagnerons rien à opposer la grande maison qui est la nôtre à d’autres institutions”, a affirmé le ministre de l’Intérieur lors d’un discours à l’Ecole militaire à Paris, citant “l’opposition entre la police et la justice”. Il a évoqué à demi-mots, sans jamais le nommer, le rassemblement prévu mercredi par tous les syndicats de police sous les fenêtres de la garde des Sceaux Christiane Taubira.

“Il faut éviter les emportements et les amalgames”

Cette manifestation – rarissime, la précédente manifestation place Vendôme remontant à 1983 – fait suite à la fusillade en Seine-Saint-Denis au cours de laquelle un policier a été très grièvement blessé la semaine passée par un malfaiteur en cavale et fiché. Syndicats de police et droite ont mis en cause la ministre de la Justice Christiane Taubira, qui envisage de mieux encadrer les permissions de détenus.  Christiane Taubira a précisé lundi qu’elle était prête à recevoir les représentants syndicaux policiers à l’issue du rassemblement.

Le ministre a aussi tenté de rassurer les forces de l’ordre, à qui il a fixé sa traditionnelle feuille de route, alors qu’elles se disent “épuisées” par la lutte antiterroriste et la crise migratoire. “Il faut éviter les emportements et les amalgames et toutes propositions qui affaiblissent la relation entre la police et la justice”, a insisté Bernard Cazeneuve. “Je ne peux accepter que des policiers et des gendarmes puissent être atteints par des personnes qui devaient être en prison”, a-t-il dit dans un discours de plus d’une heure sans notes.

 “Il y a eu dysfonctionnement”

“A chaque fois qu’un policier ou un gendarme est outragé, une grande sévérité s’impose”, a estimé le ministre pesant chaque mot, un exercice d’équilibriste toujours difficile pour tout “premier flic de France”. “Il y a eu un dysfonctionnement mais il faut faire preuve de fermeté et de responsabilité. Je n’ai aucun doute sur le fait que cette exigence sera la vôtre, y compris dans ce que vous avez au fond du coeur”, a-t-il lancé aux forces de l’ordre. Le Premier ministre Manuel Valls “s’exprimera dans les heures qui viennent” sur ces questions, a-t-il ajouté.

Bernard Cazeneuve a ensuite déroulé une feuille de route généraliste marquée cependant par la lutte contre le terrorisme et l’afflux de migrants. Sur le premier point, il a insisté sur les plans et moyens déployés face à un “niveau de menace très élevé”, avec plus de 1.400 postes progressivement créés principalement pour le Renseignement.

Des équipements supplémentaires pour les forces de l’ordre

“Il y a 1.800” Français “concernés de près ou de loin par des actes terroristes” dont 520 qui sont en Irak ou en Syrie et, parmi eux, 183 femmes et 16 mineurs, a énuméré Bernard Cazeneuve. Et 157 dossiers judiciaires visant 900 personnes. Sur la “pression migratoire inédite”, il y a des “résultats”, selon lui. Plus de 17.000 reconduites à la frontière auront été effectuées en 2015, contre 15.523 l’an dernier et, en 2011 – un chiffre “au plus bas” – 12.054, a-t-il souligné épinglant le bilan sous la présidence de Nicolas Sarkozy.

Bernard Cazeneuve a par ailleurs annoncé “un plan complet et global contre le trafic des armes et s’est félicité à plusieurs reprises des résultats “positifs” dans la lutte contre la délinquance et des créations de postes par le gouvernement qu’il oppose aux 13.000 emplois “supprimés” sou la présidence Sarkozy.

Il a précisé que plus de 1.100 véhicules, près de 5.000 gilets pare-balles et plus de 3.000 armes seraient remis progressivement aux forces de l’ordre, qui les attendent. Et promis, sans en préciser le détail, de nouveaux redéploiements Police/Gendarmerie, un sujet de crispation pour les élus de province ne voulant pas perdre leurs commissariat ou brigade de gendarmerie.

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