lundi 28 septembre 2020
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Décret n° 2015-1700 du 18 décembre 2015 relatif à la mise en œuvre de traitements de données informatiques captées en application de l’article 706-102-1 du code de procédure pénale.

Captation des données informatiques : mise en oeuvre

Décret n° 2015-1700 du 18 décembre 2015, publié au Journal officiel du 20 décembre 2015,  relatif à la mise en œuvre de traitements de données informatiques captées en application de l’article 706-102-1 du code de procédure pénale.

Article 1 : en application des articles 706-102-1 et suivants du code de procédure pénale et afin de permettre la constatation des crimes et délits entrant dans le champ d’application des articles 706-73 et 706-73-1 de ce code, le rassemblement des preuves de ces infractions et l’identification de leurs auteurs, le ministre de l’intérieur (direction générale de la police nationale, direction générale de la gendarmerie nationale, direction générale de la sécurité intérieure et préfecture de police) et le ministre des finances et des comptes publics (direction générale des douanes et droits indirects) sont autorisés à mettre en œuvre des traitements de données informatiques à caractère personnel permettant, sous l’autorité et le contrôle du juge d’instruction, la collecte, l’enregistrement et la conservation de données informatiques captées selon les modalités fixées à l’article 706-102-1 du code de procédure pénale.

Article 2 : peuvent être enregistrées en application de l’article 706-102-1 du code de procédure pénale l’ensemble des données captées telles qu’elles s’affichent sur un écran pour l’utilisateur d’un système de traitement automatisé de données, telles qu’il les y introduit par saisie de caractères ou telles qu’elles sont reçues et émises par des périphériques audiovisuels.

Ces enregistrements peuvent contenir des données de la nature de celles mentionnées au I de l’article 8 de la loi n° 78-17 du 6 janvier 1978.

Article 3 : les données à caractère personnel et informations exploitées par les traitements mentionnés à l’article 1er ne peuvent provenir que de dispositifs techniques autorisés conformément à l’article R. 226-3 du code pénal et mis en place sur ordonnance d’un juge d’instruction informant des chefs de l’un des crimes et délits prévus par les articles 706-73 et 706-73-1 du code de procédure pénale.

Article 4 : 

I. Les magistrats instructeurs accèdent à l’ensemble des données à caractère personnel et informations enregistrées dans le traitement en application de l’article 706-102-1 du code de procédure pénale, dans le cadre des procédures dont ils sont saisis.

II. Ont accès aux données à caractère personnel et aux informations mentionnées à l’article 2, pour les besoins exclusifs de l’exécution de la commission rogatoire dans le cadre de laquelle l’ordonnance autorisant l’opération de captation a été délivrée :

1° Les officiers de police judiciaire de la police et de la gendarmerie nationales ;

2° Les agents des douanes habilités à effectuer des missions de police judiciaire en application de l’article 28-1 du code de procédure pénale.

III. – Peuvent être destinataires des seules données et informations nécessaires à l’exécution de leur mission, après accord du magistrat instructeur ayant autorisé la mise en place du dispositif, les organismes de coopération internationale en matière de police judiciaire et les services de police étrangers, dans les conditions prévues à l’article L. 235-1 du code de la sécurité intérieure.

Article 5 : les données enregistrées sont conservées dans le traitement jusqu’à la date de clôture des investigations. A cette date, elles sont placées sous scellés fermés et effacées. La transcription des enregistrements effectuée par l’officier de policier judiciaire ou l’agent des douanes, dans les conditions prévues à l’article 706-102-8 du code de procédure pénale, est transmise à l’autorité judiciaire pour être versée au dossier de la procédure. Les scellés fermés lui sont également adressés.

Article 6 : toute opération relative au traitement fait l’objet d’un enregistrement comprenant l’identification de l’utilisateur, la date, l’heure et la nature de l’action.

Ces informations sont conservées pendant une durée de cinq ans.

Article 7

I- Le droit d’information et le droit d’opposition prévus aux articles 32 et 38 de la loi du 6 janvier 1978 susvisée ne s’appliquent pas au présent traitement.

II- Conformément aux dispositions des articles 41 et 42 de la même loi, les droits d’accès et de rectification s’exercent auprès de la Commission nationale de l’informatique et des libertés.

Article 8 : la mise en œuvre des traitements mentionnés à l’article 1er par le directeur général de la police nationale, le directeur général de la gendarmerie nationale, le directeur général de la sécurité intérieure, le préfet de police et la directrice générale des douanes et des droits indirects s’accompagne de l’envoi à la Commission nationale de l’informatique et des libertés d’un engagement de conformité faisant référence au présent décret accompagné d’un dossier technique de présentation du traitement.

Article 9

Le présent décret est applicable sur l’ensemble du territoire de la République.

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