mercredi 5 août 2020
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VIDÉOS – Féminisation en Gendarmerie

Phénomène récent, la féminisation de la Gendarmerie progresse chaque jour. Depuis la suppression des quotas en 1998, la Gendarmerie est ouverte aux femmes sans limitation.  Ainsi, le taux de féminisation est passé, en 15 ans, de 6,5% à 16,5%.

Pour autant, même si les femmes sont encore largement minoritaires, l’ambition de la Direction générale de la Gendarmerie nationale n’est pas de remplir des quotas comme l’explique à « L’Essor » le général de corps d’armée Philippe Mazy, directeur des personnels militaires de la Gendarmerie.

« Que la gendarmerie soit féminisée à 15%, 16% ou 18% ne présente que peu d’intérêt désormais. Ce qui est important c’est de savoir comment sont traitées les femmes et les hommes de cette ressource humaine. C’est bien dans la qualité de vie au travail que résultent les voies de progrès. C’est à cela que nous travaillons pour un bien être au travail, pour une acceptation des différences, pour que chacun y trouve sa place et ça passe par des mesures parfois simples d’organisation du travail dans lesquelles nous devons prendre en compte le fait que nos jeunes-femmes ont des responsabilités et doivent pouvoir concilier ces responsabilités avec leur vie privée. »

L’accès aux unités opérationnelles a considérablement évolué depuis février 1983 et l’ouverture de postes d’officiers et de sous-officiers aux femmes. Des bastions exclusivement masculins sont progressivement tombés : Garde républicaine et GSIGN (ex GIGN) en 1999, unités navigantes de la gendarmerie maritime en 2000, musique de la gendarmerie mobile en 2002, gendarmerie mobile (GM) depuis 2015.

Jusque là, seules les officiers féminins peuvent servir au sein des unités de gendarmerie mobile, ce qui n’est pas le cas des sous-officiers et gendarmes adjoints volontaires féminins. Depuis le second semestre, une expérimentation est menée, permettant à une trentaine de jeunes femmes sous-officiers d’intégrer des escadrons de gendarmerie mobile à leur sortie d’école. Parmi elles, Fanny Franchet, jeune gendarme de 26 ans affectée à l’escadron 11/1 de Satory. Avant son départ pour une mission de trois mois à Mayotte, elle nous a confié les raisons de son attrait pour la mobile :

« En plus des opérations extérieures et des déplacements outre-mer, j’étais attirée par l’aspect cohésion. Je trouve que le fait de partir trois mois tous ensemble, sans les familles, et d’être obligés de s’adapter à un nouvel environnement, c’est très différent de la brigade ».

Loin d’être cantonnées au corps de soutien de la Gendarmerie, les femmes intègrent progressivement des spécialités réputées masculines, exigeant une bonne condition physique. « L’Essor » est allé à la rencontre de l’une des ces pionnières. L’adjudant Céline Besnard, 39 ans, fait partie des rares femmes maître de chien de l’Institution. Son intégration au PSIG de Saint-Germain-en-Laye (Yvelines) et le regard porté sur sa spécialité ne lui ont posé aucun problème :

« Je pars du principe que les femmes ont autant le droit que les hommes d’être dans une unité d’intervention. Il suffit juste d’avoir les mêmes capacités physiques et professionnelles pour travailler en bonne harmonie avec une unité masculine ».

Des femmes plus nombreuses mais surtout mieux intégrées dans ses rangs, c’est le souhait formulé par la Gendarmerie. Le « plafond de verre » peine encore à se briser. Le taux de féminisation chez les officiers est de seulement 6%.

Dossier complet dans « L’Essor » n°488 (décembre 2015)

Nathalie DELEAU 

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Un commentaire

  1. pierre

    Bravo, bravo et re-bravo. Gendarme de père en fils depuis 1942, j’ai vu arriver les premières femmes en Gendarmerie. Etant affecté à RENNES où est implantée la Centrale Pénitenciaire Femmes, il était effectivement délicat pour les personnels masculins d’effectuer une fouille avant les départs en transfèrements, même si celle-ci était déjà effectuer par les personnelles pénitenciaires, on ne sait jamais. Sue ce plan là, déjà, pour nous c’était tout bon. On peut parler aussi d’une mission délicate, prendre les plaintes pour viol ; on le faisait bien sûr, mais une femme victime d’homme entendu par un homme, fusse-t-il Gendarme. Là aussi, les femmes en Gendarmerie, de même que dans les affaires de mineurs, et puis votre présence, quelques fois nous fait du bien. Je me souviens d’un Major à la B.T. de Metz qui m’avait dit que lorsqu’il n’entendait le bruit des talons du gendarme féminin, il manquait quelque chose. Bravo encore et merci de votre présence dans nos rangs. Pour la petite histoire, je suis père d’un gendarme et beau père d’un gendarme féminin, l’épouse de mon fils.

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