L'Essor

Dijon : la 9ème promotion “Brigadier Constant Trottet” baptisée (Vidéo)

La garde au drapeau école de Dijon (Photo JF Cortot)

Et encore une! La 9ème promotion de l’école de Gendarmerie de Dijon a été baptisée le 12 juillet sous la présidence du général Olivier Kim, commandant la région de Gendarmerie de Bourgogne-Franche-Comté et en présence du général Bertrand François, commandant l’école.

Le 23 octobre 2017, ils étaient 125 élève-gendarmes à incorporer la 5ème compagnie de l’école de Dijon. Ils seront 115 à rejoindre prochainement leurs unités.

Cette promotion est composée de 83 élèves masculins et 32 élèves féminines. La moyenne d’âge est d’un peu plus de 24 ans, le plus jeune élève étant âgé de 19 ans et le plus âgé a 36 ans.

Soixante huit élèves viennent du civil, 35 sont issus des gendarmes adjoints volontaires,  3 étaient réservistes, 4 anciens militaires, 2 aspirants de Gendarmerie issus du volontariat (AGIV) et 3 du corps de soutien technique et administratif (CSTAGN).

33 élèves rejoindront la Gendarmerie mobile, dont 6 élèves féminines, 75 seront affectés en  Gendarmerie départementale et 7 élèves intégreront la garde républicaine, dont 2 élèves féminines et 2 dans la compétence particulière “musique”.

Les trois premiers du classement sont :  le gendarme Pons, le gendarme Reymond qui rejoindront la RGSUD et le gendarme Joannis affecté à la RGIDF. 

Les élèves de la 9ème promotion ont choisi le gendarme Constant Trottet comme parrain.

La photo du parrain Constant Trottet était exposée lors de la cérémonie (Photo JFC/L’Essor)

Le parrain Constant Trottet, “Mort pour la France”

Jeunesse et vie civile :

Constant Trottet est né à Brèves dans la Nièvre le 26 juin 1874. Fils de Germain Trottet et Suzanne Guillermot. Il passe sa jeunesse dans sa ville de naissance et démarre sa vie active comme cultivateur sur la commune de Bièvres dans l’Essonne. Plus tard, il se marie avec Anne Mélanie Hubert résidant elle aussi à Brèves dont ils sont tous deux originaires. Ensemble ils ont trois enfants qui sont Germaine née en 1900, René né en 1902 et plus tard, Pierre né en 1916.

Carrière militaire :

À seulement 20 ans, Constant Trottet est appelé comme soldat du rang pour faire ses classes le 28 novembre 1894. Il est affecté au 3ème régiment de zouaves dont la zone d’opérations était l’Algérie. À 23 ans il est promu caporal le 19 mars 1897 puis devient sous-officier avec le grade de sergent le 30 décembre 1897. Dès lors, il change d’arme et rejoint la Gendarmerie nationale en tant que gendarme à pied affecté à la compagnie de Haute-Savoie le 12 juillet 1898. Constant Trottet rejoint par la suite la compagnie de Côte-d’Or le 10 janvier 1913. Tandis que la première guerre mondiale éclate en France, il intègre la prévôté le 20 mars 1916 en tant que gendarme du 8ème corps d’armée exerçant ses missions au profit de la 15ème  division d’infanterie.

Gazé par les Allemands 

Suivant les mouvements de la 15ème division d’infanterie pendant la guerre, le 8ème corps d’armée cantonne le 23 janvier 1916 à la ferme de Suippes. Le 31 janvier, le brigadier Trottet reçoit pour ordre d’aller payer la solde des prévôts détachés à Cuperly et Mourmelon-le-Grand dans la Marne. Ayant accompli sa mission, c’est au retour qu’il est pris dans un nuage de gaz répandu par les Allemands. Rentré à Suippes dans la nuit du 31 au 1er février, il est pris de vomissements et de malaises répétés suite à l’intoxication. Le lendemain matin, transporté en urgence à l’ambulance 5/8 de Cuperly, il expire le 2 février 1917 à 23 heures, à l’age de 42 ans. La transcription de son acte de décès est effectuée à Semur-en-Auxois le 1er juillet 1917, lieu de résidence de sa femme et de naissance de Pierre Trottet, son dernier fils né peu de temps avant sa mort.

Le brigadier Trottet victime de son devoir a reçu avant sa mort et sur la demande du capitaine prévôt, la médaille militaire et la croix de guerre avec palme” écrit le capitaine des prévôts du 8 ème corps d’armée.

Constant Trottet est inhumé au cimetière communal de Brèves (58). Son nom figure sur le monument aux morts de sa commune de naissance et également sur celui relatif à la première guerre mondiale de Semur-en-Auxois. Le nom de Trottet est également présent dans une chapelle intérieure de la collégiale Notre Dame à Semur-en-Auxois.

Constant Trottet a reçu l’attribution de la mention “Mort pour la France” et a été cité à l’ordre du quartier général le 10 février 1917 avec pour mention :

Excellent brigadier d’un dévouement à toute épreuve. Très gravement intoxiqué le 31 janvier 1917 au cours d’une attaque ennemie par les gaz. A donné un bel exemple de calme et de sang froid.”