jeudi 24 septembre 2020
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Plus jeune commandant de groupement de France, le colonel Christophe Junqua a accordé un entretien à L'Essor.
Plus jeune commandant de groupement de France, le colonel Christophe Junqua a accordé un entretien à L'Essor.

Le plus jeune commandant de groupement de Gendarmerie a pris ses fonctions dans le Calvados

A 38 ans, Christophe Junqua est un des plus jeunes colonels de France. Après une quinzaine d’années d’une carrière déjà bien remplie, il vient de prendre, en août, la tête du groupement de gendarmerie départementale du Calvados. Il a accordé à L’Essor un entretien suite à la cérémonie de sa prise de commandement, jeudi 03 septembre 2020, à Caen.

Originaire de Haute-Garonne, Christophe Junqua commence sa carrière en intégrant en 2002 la prestigieuse école spéciale militaire de Saint-Cyr. Il en ressort en 2005 pour rejoindre l’École des officiers de la Gendarmerie nationale (EOGN). Un an plus tard, il prend le commandement de la communauté de brigades de Port-Vendres, dans les Pyrénées-Orientales. Après ce premier temps de commandement, il retourne à Saint-Cyr en tant qu’instructeur.

En 2012, il renoue avec le terrain, à la tête de la compagnie de gendarmerie départementale de Salon de Provence, dans les Bouches-du-Rhône. Trois ans plus tard, direction l’Ecole de guerre avant de rejoindre, en 2016, le cabinet du ministre de la Défense. Il y restera deux ans, en tant que conseiller auprès de Jean-Yves Le Drian puis de Florence Parly. Suite à cette expérience au plus haut niveau de l’Etat, il retrouve l’EOGN à Melun. Il y suivra, en tant que commandant de groupement d’instruction, la promotion du Centenaire. Et ce, de sa création en 2018 jusqu’à sa sortie, en pleine crise sanitaire en 2020.

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Un groupement à reconstruire et de nouvelles unités

Son arrivée à Caen, en août 2020, coïncide avec une transformation majeure pour la gendarmerie du Calvados. Le passage du statut de formation administrative, rayonnant sur l’ancienne région Basse-Normandie, à celui de “simple” groupement, après la fusion officielle des deux états-majors régionaux normands. Le siège de la nouvelle région de Gendarmerie de Normandie est désormais à Rouen.

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“J’arrive dans un groupement où il faut reconstruire les structures”, indique Christophe Junqua. Mais là où certains pouvaient craindre une forme de déclassement du groupement du Calvados, il répond que “la manière dont la fusion a été faite prouve le contraire.” Cette transformation constitue ainsi, d’après lui, une opportunité. En effet, “le groupement se voit doté de structures nouvelles”. Parmi elles, une brigade de prévention de la délinquance juvénile (BPDJ), dont les attributions vont s’étendre à toute la famille, avec notamment la thématique prioritaire des violences intra-familiales.

Autre problématique récurrente dans le département, la lutte contre l’immigration irrégulière pour laquelle une cellule spécifique va également être créée. Le phénomène risque d’ailleurs de s’accélérer dans le secteur de Caen-Ouistreham avec la fermeture de liaisons maritimes dans la région. Enfin, on attend également à Caen, l’arrivée d’une antenne GIGN. Une nouvelle force de frappe qui pourra intervenir partout dans le département, mais également au niveau régional.

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Présence impactante et contact avec la population

Au cœur de la feuille de route du colonel, le retour à une relation de proximité en renouant le contact avec la population et accentuant la présence des gendarmes sur le terrain. Pour cela, Christophe Junqua veut poursuivre le chemin – déjà entamé au niveau national – de la rationalisation du travail. C’est à dire limiter les tâches administratives indues et chronophages, qui empêchent les gendarmes d’être sur le terrain, au contact de la population. Cela passe aussi par un contact permanent avec les élus qu’il appelle “les boucliers de la République” ou encore “les artisans de la construction locale de la vie publique”. “On va être à leurs côtés, pour les soutenir et chercher à savoir quels sont leurs besoins.” Mais également “leur apporter des conseils et des solutions”. Il s’appuiera pour cela sur ses 800 gendarmes d’active, ses 450 réservistes opérationnels et sa vingtaine de réservistes citoyens.

Loïc Picard

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