vendredi 19 avril 2019
Accueil / En direct des départements / Après le passage de l’ouragan Irma à Saint-Martin : deux jeunes gendarmes mayennais témoignent
L’adjudante a été mobilisée pour l’enterrement de Johnny (Photo/Gendarmerie).

Après le passage de l’ouragan Irma à Saint-Martin : deux jeunes gendarmes mayennais témoignent

Deux gendarmes mayennais ont été détachés en renfort sur l’Ile Saint Martin après l’ouragan dévastateur Irma. Il s’agit de l’adjudante Sabrina Desmet et du gendarme adjoint réserviste Alexis Cribier qui s’étaient tous deux portés volontaires pour cette mission. Norbert Michel, président UNPRG de l’union départementale de la Mayenne les a rencontrés. Portraits.

 

L’adjudante Sabrina Desmet.

Sabrina Desmet est adjudant du corps de soutien de la Gendarmerie et chef du service administration du personnel au groupement de Gendarmerie départementale de la Mayenne à Laval..

Elle s’est portée volontaire pour participer un détachement de renfort sur l’Ile Saint-Martin après l’ouragan dévastateur Irma.

Cela  été pour elle aussi une évidence de se porter volontaire pour une telle mission, d’autant que n’étant pas chargée de famille, elle était rapidement disponible pour un embarquement qui s’est réalisé le 20 octobre pour la Guadeloupe.

Dès le lendemain, elle a rejoint Saint-Martin. Elle a été hébergée à la caserne de la Savane, siège de la compagnie de Gendarmerie de Saint-Martin-Saint-Bathélémy, dans une chambre normalement attribuée aux gendarmes adjoints située dans un bâtiment qui n’avait pas trop subi de dégâts. Elle a été accueillie chaleureusement par les quelques militaires permanents encore sur place qui lui ont raconté les moments d’horreur et de chaos qu’ils ont vécus avec leur famille lors de l’ouragan.

Avec les autres gendarmes déployés venus de métropole, il régnait un bon esprit de camaraderie et de cohésion que l’on ne peut constater que lorsque les conditions dégradées révèlent le meilleur des êtres humains.

Lire aussi sur L’EssorAprès l’ouragan Irma : une compagnie de réserve aux Antilles

Sabrina Desmet a été positionnée en renfort au groupe de commandement de la compagnie de Saint-Martin-Saint-Barthélémy. Dans un premier temps, elle a remplacé les militaires qui avaient quitté précipitamment l’île  suite au passage de l’ouragan puis elle a mis en place les moyens de gestion du personnel pour gérer administrativement les militaires déployés en mission de courte durée. En effet, 80% des militaires permanents étaient partis.

Illustration (JFC/L’Essor).

L’afflux massif de renforts venus de métropole entraînait une gestion administrative totalement différente. C’est pour cette raison que l’on a fait appel à deux militaires experts en ressources humaines.

Elle a beaucoup apprécié de participer à cette mission car elle pu mettre en place des protocoles en matière de ressources humaines qu’elle pensait ne jamais avoir à utiliser dans sa carrière (procédures d’urgence ou d’exception). Si elle a pu avoir l’impression au début d’avoir été précipitamment projetée sur place en raison de l’urgence de la situation, elle a, comme ses camarades déployés, pu démontrer au cours de ce séjour, la capacité d’adaptation des personnels de la Gendarmerie dans une situation exceptionnelle.

Elle trouvé très enrichissant pour elle de participer à deux missions sur le terrain.  Lors de l’inhumation  de Johnny Hallyday à Saint-Barthélémy, elle a été intégrée au dispositif de sécurisation en qualité de binôme du sous-officier communication et en renfort radio/transmissions. Lors du voyage officiel de la ministre du travail, elle a apprécié se trouver dans les convois et sur les sites à sécuriser.

Sa mission a pris fin le 13 janvier 2018 et elle a rejoint la métropole le 14 janvier.

Pour l’adjudante Desmet, ce détachement en renfort de personnels de statut CSTAGN est historique et elle se déclare fière d’y avoir participé en remplissant pleinement la mission. Si l’institution, lui donnait à nouveau l’occasion d’être projetée en renfort ulra-marin ou en OPEX, elle signerait sans hésiter.

Alexis Cribier

Alexis Cribier, 21 ans, est actuellement en 2° année d’école d’ingénieur à Saint-Nazaire (44)

Domicilié chez ses parents auprès de Laval, il a souscrit en avril 2016 un engagement comme gendarme adjoint réserviste  au groupement de Gendarmerie de la Mayenne où il participe régulièrement à des activités de la réserve.

Dès le premier appel à volontaire en septembre 2017, pour aller en mission à Saint-Martin après l’ouragan Irma, il s’est porté candidat (ils auraient été 850 volontaires au niveau national).

Il n’a pas été retenu lors de ce 1er appel mais il a renouvelé sa candidature au second appel en octobre. (560 volontaires)

Il a été volontaire car, par une connaissance vivant sur cette île, il avait une bonne connaissance des besoins sur place. Pour lui, cela était une évidence de se porter volontaire pour assister toute cette population dans le besoin.

Sa candidature ayant été retenue, il en a été avisé le 17 octobre et devait se présenter à Rosny-sous-Bois le lundi suivant 23 octobre.  Après avoir passé sa visite médicale d’aptitude le jeudi 19 octobre, il a fait ses préparatifs pour être présent à la date requise à Rosny.

Illustration (JFC/L’Essor).

Il  a retrouvé 71 autres réservistes volontaires et un chef d’escadron de l’Active de la Gendarmerie mobile de Satory à qui a été confiée le commandement de cette compagnie de réserve territoriale.

Avant leur départ, ces militaires réservistes ont perçu le paquetage et l’équipement nécessaires à la mission (l’armement a été perçu à leur arrivée sur l’Ile Saint-Martin). Des officiers de la DGGN et notamment la générale Anne Fougera commandant le commandement de la réserve Gendarmerie leur ont présenté la mission, les objectifs et les consignes.

Tout le détachement a embarqué à Orly le 26 octobre et atterri en Guadeloupe. Puis avec un avion plus petit, les militaires ont été transportés sur l’Ile Saint-Martin où ils ont été accueillis par le lieutenant-colonel Manzoni, commandant de la compagnie de Saint-Martin..

La compagnie a été divisée en 3 pelotons dont deux ont été dans un premier temps hébergés à l’hôtel Mercure à Marigo et le peloton du réserviste Cribier a été hébergé dans les dépendances de la résidence à la Baie Orientale d’un couple très aimable de milliardaires français qui était sur place. Les repas étaient pris dans des restaurants auprès desquels une convention avait été établie. Au bout de trois semaines, les réservistes ont rejoint une résidence constituée de petits pavillons en dur où ils partageaient les chambres à plusieurs.

Lire aussi sur L’EssorIrma : renforts de gendarmerie dans les Antilles

Les missions consistaient à effectuer des patrouilles dans les secteurs attribués avec des véhicules loués à des sociétés civiles et estampillés d’un bandeau “Gendarmerie”, à prendre contact avec la population, rassurer les habitants (beaucoup craignaient les voleurs armés et restaient enfermés chez eux), recueillir leurs besoins et même les ravitailler en eau potable stockée à la compagnie voire leur fournir le nécessaire pour les enfants en bas âge (vêtements, couches, lait en poudre). Les interventions étaient faites aussi à la demande du COG sur les lieux de commissions de délits ou de besoin de secours.. La surveillance sur l’Ile était exercée  24/24 par des patrouilles.

Les gendarmes réservistes ont été très bien accueillis par la population locale.

Alexis Cribier est notamment intervenu sur un vol à main armée et un trafic de stupéfiants, ces deux délits étant d’ailleurs les plus fréquents sur l’Ile Saint-Martin. Il a participé aussi l’escorte d’un prévenu en comparution immédiate et la sécurité de ministres en déplacement sur l’Ile.

La mission a pris fin le 31 janvier et la compagnie de réserve territoriale a rejoint Paris le 4 février 2018.

Alexis Cribier est sorti changé de cette mission. Il a été très touché par le comportement des habitants de Saint-Martin qui, bien que démunis, ont pourtant bon cœur et sont prêts à partager le peu qu’ils possèdent. Ils se contentent d’ailleurs de peu. Ils sont fatalistes, ils disent :  “on a tout perdu mais au moins nous sommes en vie”.

Alexis a aimé être à l’écoute des victimes et leur apporté du réconfort. Il a le sentiment de ne pas avoir tout fait, son retour en métropole a été trop rapide. Cette mission d’assistance l’a conforté dans son engagement comme réserviste de la Gendarmerie et il souhaite désormais préparer le concours d’admission dans l’Arme.

Témoignages recueillis par Norbert Michel, président UD 53

A voir également

Pau: de faux policiers interpellés par de vrais gendarmes

Les (vrais) gendarmes viennent d'arrêter de faux policiers près de Pau (Pyrénées Atlantiques). Il s'agit de cambrioleurs de domiciles de personnes âgées. Ils utilisaient de fausses cartes.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Offre d'essai : 2 MOIS GRATUITS !

  •  

    Recevez le magazine mensuel en version numérique pendant deux mois.

     

    Essayez vite, c’est gratuit !