jeudi 26 avril 2018
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Un automobiliste irascible, ancien gendarme adjoint, condamné à 12 ans de réclusion (actualisé)

Identifié et arrêté par la section de recherches de Marseille au terme d’une très belle enquête, un automobiliste irascible, par ailleurs ancien gendarme adjoint volontaire devenu agent de sécurité dans un casino,  a été condamné ce jeudi à 12 ans de réclusion criminelle par la cour d’assises des Bouches-du-Rhône pour avoir tiré à cinq reprises sur un autre véhicule, blessant gravement le conducteur, au seul motif que celui-ci lui avait fait des appels de phares.. La cour d’assises des Bouches-du-Rhône n’a pas cru à ses dénégations. L’avocat général avait requis  quinze ans de réclusion criminelle Au moment des faits, il n’était plus gendarme adjoint depuis 7 ans.

Mehdi Kerbadou, 36 ans, ancien gendarme volontaire adjoint entre 2002 et 2007 puis responsable de la sécurité du casino d’Aix-en-Provence, conteste cette tentative de meurtre même s’il reconnait s’être trouvé au volant de sa Peugeot 207, le 5 mars 2014 à à 04H11 sur l’A7, à l’heure des faits.

Ce sont les  gendarmes de la section de recherches de Marseille qui avaient interpellé Medhi Kerbadou,  réputé pour avoir “un caractère vif et impulsif, surtout lorsqu’il était au volant et sous l’empire de cocaïne.. peut-on lire dans la Provence.

Au volant d’une fourgonnette transportant des médicaments, Francesco A. avait réagi au dépassement dangereux d’un véhicule. « Il est réellement passé très près, mon fourgon a tangué. J’ai fait des appels de phares, peut-être six ou sept, je n’ai même pas klaxonné », a témoigné cet homme de 51 ans, rendu infirme d’une jambe par la trajectoire d’un projectile 9 mm qui lui a sectionné partiellement le nerf sciatique.

L’accusé nie les faits

L’autre automobiliste l’avait attendu à la barrière de péage. Aussitôt après, alors que les deux voitures roulaient à 120 km/h, Fransesco A. avait essuyé cinq tirs. Il maîtrisait son fourgon et se jetait derrière la barrière de sécurité.

« Tout ça pour quoi ? Pour un banal différend de circulation routière, un homme va se sentir humilié, bafoué dans son honneur, vivre une offense suprême. Quelques appels de phare contre cinq projectiles de 9 mm, le combat est complètement inégal », a lancé l’avocat général Jean-François Varaldi.

Crâne rasé, musculature de boxeur, Mehdi Kerbadou est tout à la fois décrit comme « homme à la vie parfaite » mais aussi comme « vif et impulsif », s’emportant très rapidement.

Son dossier militaire fait ainsi état de l’usage intempestif de son arme de service lors d’un contrôle effectué, en 2006.

L’accusé soutenait que le tir qui s’était logé dans le capot d’un véhicule était involontaire. Il a été condamné à trois reprises pour des violences commises sur son lieu de travail au casino d’Aix-en-Provence et pour un accident dans lequel un automobiliste avait été blessé, alors que M. Kerbadou conduisait en état alcoolique et avait consommé de la cocaïne.

En dépit d’expertises qui lui sont défavorables, l’accusé n’a cessé de clamer son innocence. Interrogé sur la présence de résidus de tirs identiques dans les deux véhicules, M. Kerbadou a lâché : « Je ne saurais vous expliquer ».

Pour son défenseur, Me Julien Pinelli, « il y a trop d’incohérences ». « Toutes les portes n’ont pas été fermées, a-t-il plaidé, et les éléments réunis ne permettent pas de caractériser sa responsabilité, à tout le moins son intention de tuer ». Le verdict est attendu en fin d’après-midi.

(Avec AFP).

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