dimanche 27 septembre 2020
Accueil / Sports / Le sport de haut niveau a payé un lourd tribut durant la Grande Guerre
Dès 1917, le sport a servi de remède contre les mutineries. (Photo : Pixabay)

Le sport de haut niveau a payé un lourd tribut durant la Grande Guerre

Deux éditions du Raid de la Voie Sacrée se sont déjà tenues, de Verdun à Fontainebleau. Lancé à l’initiative de la Fédération des Clubs de la Défense pour commémorer le centenaire de la Première guerre mondiale, cet événement sportif suit la route mythique de la « Voie Sacrée » empruntée par les soldats lors de la Grande Guerre pour rallier Verdun. Ce raid honore également la mémoire de tous les sportifs français et étrangers morts au combat. De Jean Bouin (décédé à Verdun) à Roland Garros, une génération de sportifs de haut niveau est tombée durant la Première guerre mondiale.

130 rugbymans du tournoi des Cinq Nations sont morts

Selon Michel Merckel, auteur du livre 14-18, le sport sort des tranchées : Un héritage inattendu de la Grande Guerre, 429 sportifs de haut niveau français de l’époque sont morts durant ce conflit. Parmi eux se trouvaient neuf médaillés olympiques français, comme le cycliste Léon Flameng et l’épéiste Gaston Alibert, champions olympiques respectivement à Athènes en 1896 et Londres en 1908. Plus de 130 rugbymans dont 23 Français, qui disputaient le Tournoi des Cinq Nations, mais aussi des Néo-Zélandais et Australiens, ont péri. Débuté le même jour que le Tour de France 1914, ce conflit a également emporté trois anciens vainqueurs de la Grande Boucle : Lucien Petit-Breton, François Faber et Octave Lapize.

Le sport : un moyen pour s’évader

Présent sur le front dès 1914, le sport reste tout d’abord informel car sa pratique nécessite l’aval de la hiérarchie. Avant le conflit, pratiquer une activité physique, en dehors du cadre professionnel, n’était pas vraiment ancré dans la mentalité des soldats français, qui venaient, pour la plupart, de la campagne où le sport n’avait pas sa place. Mais entre l’horreur du conflit, l’éloignement de la famille et l’ennui, ils ont vite trouvé, grâce au sport, un moyen de s’évader. Et spontanément, des matchs de football, de rugby, ou des combats de boxe se sont organisés dès les premières années. Progressivement, les poilus, influencés notamment par les Britanniques ou les Néo-Zélandais présents sur le front, se sont alors familiarisés avec le sport.

Un remède contre les mutineries

Dès 1917, la pratique sportive est même devenue officielle pour booster le moral des troupes. Les autorités militaires ont vite compris qu’elles pouvaient se servir du sport comme un antidote face aux premières mutineries, à l’image de cette directive de septembre 1917 qui annonçait la commande de 4 000 à 5 000 ballons pour les soldats. Quelques mois plus tôt, au Vélodrome de Vincennes devant 60 000 personnes, une sélection néo-zélandaise battait la France 44-0 lors d’un match de rugby. Repartis au front juste après la rencontre, certains joueurs n’en sont jamais revenus.

Crowdfunding campaign banner

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *